Un grand-duc sème l’effroi à Forestville

Par 12:00 AM - 27 janvier 2016
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Michaelle et son caniche Clémentine.

Forestville – Un grand-duc d’Amérique a créé tout un émoi la semaine dernière à Forestville, alors qu’il  s’en est pris à de petits animaux domestiques, littéralement  dévorés dans les quartiers résidentiels de la ville. Bien que ce sont les lois de la nature diront certains, il n’en demeure pas moins que le triste sort réservé à ces petits animaux de compagnie est des plus cruels.   

Shirley Kennedy

Le plus récent incident est survenu dans la nuit du 8 au 9 janvier dernier vers 0 h 45 sur la 9e  Avenue. Lison Bérubé ouvre la porte à Clémentine,  le caniche miniature femelle âgée de 7 ans de sa fille de 12 ans, Michaëlle. L’animal de compagnie n’aura même pas le temps de faire ses besoins que l’oiseau  de proie se jette sur elle. Mme Bérubé assiste à la scène. Elle se hâte pour tenter de porter secours à la pauvre bête qui, on s’en doute, n’a eu aucune chance. « Je lui ai lancé tout ce qui me tombait sous la main pour qu’il la lâche. Il a fini par se percher sur le poteau. Dès qu’il ne me voyait plus dans la vitrine, il revenait sur le chien et je retournais lui faire peur ». Ce stratagème a duré toute la nuit et au jour, l’oiseau de proie a finalement abdiqué et laissé sa victime sur place.

Un vaste territoire

L’oiseau de malheur a tué un autre animal la semaine précédente. Cette fois, dans un autre secteur de la ville, soit la rue Verreault. Le 2 janvier, Jessy Croteau rentre chez elle après un séjour dans sa famille pour la période des Fêtes. Lorsqu’elle s’approche de l’entrée de sa résidence, elle aperçoit  le grand-duc qui dévore un des trois lapins errants qu’elle nourrit depuis quelques mois. Le petit animal est dans un état indescriptible : décapité, éviscéré.  « Nous  lui (grand-duc) avons fait peur et il est allé se  percher dans les fils électriques. Nous sommes rentrés à l’intérieur et environ 30 minutes plus tard le grand-duc est revenu et il avait le lapin. Nous sommes sortis et on criait pour l’effrayer afin qu’il s’en aille ».  Jessy songe alors aux deux autres lapins et espère qu’il n’est pas trop tard. Elle contacte Annie Soucy, bénévole à la SPCA Haute-Côte-Nord qui lui offre une aide technique en empruntant une cage-trappe au nom de l’organisme.  Deux jours plus tard, Jessy réussit à en  capturer un. Elle ne reverra jamais le troisième.

Quoi faire ?

Le sergent Mario Côté,  coordonnateur aux opérations au bureau de Forestville du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, confirme que son équipe n’a pas été avisée de la situation. Il recommande la plus grande prudence à la population avec leur animal de compagnie, dans le cas où un grand-duc rôde dans leur secteur. Si l’animal cause des dommages ou est menaçant, il invite les gens à communiquer avec eux et surtout à faire preuve de vigilance dans le cas où des gens voudraient abattre l’animal. « Il faut faire attention lorsqu’on utilise une arme à feu dans un quartier résidentiel, cela peut-être très dangereux et même prohibé par un règlement municipal. Bien que la législation autorise une telle pratique dans le cas où l’animal cause des dommages ou est menaçant pour la sécurité des personnes », précise-t-il.  Le grand-duc est un animal à déclaration obligatoire, ce qui signifie que s’il est abattu, les agents de protection de la faune doivent en être avisés.

De mémoire, Mario Côté se souvient de cas d’attaque de grand-duc, notamment sur des personnes portant des chapeaux en fourrure. « C’est un animal qui est reconnu pour se nourrir de petits animaux. Donc les propriétaires de petits animaux se doivent d’être vigilants c’est certain. « Si on nous avait avisés, nous aurions tenté d’intervenir et ensuite nous aurions pris soin de prévenir le voisinage », précise M. Côté. À savoir si l’oiseau de proie est menaçant pour les jeunes enfants, l’agent de protection de la faune demeure prudent. « Je ne dirai pas qu’il n’y a aucun danger puisque c’est difficile à prévoir, c’est un animal ».  Il invite tout de même la population à composer le 1 800 463-2191 ou SOS BRACONNAGE pour signaler la présence d’un oiseau de proie. Pour obtenir de l’information règlementaire, le numéro est le 1 877 346-6763.

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