Stéphanie Lessard, professeur à l’Académie de danse de Forestville : le singulier parcours d’une danseuse étoile

Par Shirley Kennedy 12:00 AM - 19 juin 2016
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Forestville – Elle danse depuis son tout jeune âge et ce n’est pas la maternité qui va l’arrêter. Stéphanie Lessard a évolué au sein de l’Académie de danse de Forestville pendant près de 15 ans avant d’en être le professeur, il y a 4 ans. Elle aurait probablement pu se retrouver sur les plus grandes scènes nationales. Elle a choisi de rentrer au bercail et de partager sa passion. Rencontre avec la danseuse étoile de Forestville. 

Comment s’est passée votre jeunesse ?

J’ai commencé à danser dès l’âge de 4 ans et tout de suite j’ai dit à ma mère que plus tard je voulais être une danseuse étoile. J’ai passé mon secondaire à danser du lundi au jeudi de 16 h jusqu’à 22 h car en plus de mes propres cours j’aidais le professeur avec ses autres groupes. J’ai énormément négligé mes études, mais je faisais quelque chose que j’aimais plus que tout.

Êtes-vous native de Forestville ?

Oui

Quel a été votre parcours scolaire?

Une fois mon secondaire terminé, j’ai suivi une attestations d’études collégiales à l’École de danse de Québec en danse et interprétation.

Que faites-vous dans votre quotidien au boulot ?
J’enseigne à des jeunes de 4 à 17 ans la danse classique, hip hop, contemporaine et des cours complémentaires d’expressions chorégraphiques qui aident à développer l’imagination dans le mouvement pour créer les chorégraphies les plus originales possibles.

À titre de professeur de danse, vous agissez en quelque sorte comme un modèle pour les jeunes filles, est-ce que c’est un rôle difficile à remplir?

Je crois faire mon possible pour leur montrer un modèle qui sort en quelque sorte de l’ordinaire. J’ai choisi un métier bien différent de ceux qu’on entend parler. Ce que je veux leur montrer c’est que malgré que nous venons d’une région éloignée nous pouvons tout de même aspirer à faire dans la vie un métier qui ne rentre pas dans les normes de la société. Suivre nos rêves est peut être cliché, mais j’y crois.

Vous êtes à la barre de l’Académie de danse de Forestville depuis quelques années déjà. Est-ce que vous avez constaté une évolution de mentalité chez les jeunes filles? Si oui, laquelle?

J’ai remarqué que les jeunes filles veulent vieillir trop rapidement, dans leur manière de s’exprimer comme dans leur manière de s’habiller. Alors que plusieurs associations féminines tentent d’enrayer les stéréotypes féminins et notamment la propension à la minceur extrême qui est de plus en plus d’actualité.

Quel est votre avis à ce sujet, vous qui êtes en première ligne et qui évoluez dans un monde où la perfection et la minceur sont presque des pré-requis?

Premièrement, nous ne devons pas minimiser l’anorexie qui est une maladie mentale et le simple désir de vouloir maigrir pour pouvoir ressembler aux « modèles de beauté »  que l’on voit à la télé et dans les magazines. Je crois que ce sont deux choses totalement différentes. L’anorexique ne sait pas qu’elle est anorexique tandis que celle qui suit une « mode » pour être et faire comme les autres est un choix qu’elle fait. Je comprends tout à fait le désir d’être en forme et en santé, mais est-ce que nous en faisons une obsession? Il y a toujours eu des troubles alimentaires et malheureusement il va toujours y en avoir.

De quoi êtes-vous le plus fière ?

Je suis très fière de m’être écoutée et d’être allée étudier dans le domaine que je voulais, malgré les gens qui me disaient que j’allais vivre pauvrement et qu’en vieillissant je ne serais pas toujours capable de danser comme avant, que mon corps n’allait plus suivre. Je suis fière,  de mes jeunes qui se surpassent pour montrer à leur entourage tous les efforts qu’ils ont mis durant l’année lors du spectacle de fin d’année. De ce que je suis le plus fière, c’est d’être à 24 ans, maman et professeur de danse ici,  chez moi à Forestville.

Vous avez une baguette magique qui vous donne tous les pouvoirs, quelle est la première chose que vous faites ?

Pour moi-même et ma famille je nous souhaiterais d’être en santé et à l’abri des intempéries de la vie. Le professeur de danse souhaiterait qu’il y ait  plus de familles qui s’établissent à Forestville pour aider les organismes  à continuer de donner aux habitants des environs  plusieurs activité de qualité à leurs jeunes, car sans enfants, il n’y aurait pas de cours de danse, de musique, de gymnastique, de patinage artistique et autres.

Quels sont vos qualités et vos défauts?

Je crois être une personne qui suit ses convictions et qui ne se laissera pas influencer par les autres autour. J’ai également une facilité à communiquer et me faire comprendre avec les jeunes enfants et aussi les adolescents. Pour mes défauts, j’ai énormément de difficulté avec la critique des autres à mon égard et je déteste la compétition, je préfère abandonner plutôt que vouloir à tout prix remporter ou être la meilleure.

 

En bref :

Votre âge : 24 ans

Lieu de résidence : Forestville

Famille : Mes parents sont Christine Gagné et Steeve Lessard, j’ai une sœur qui s’appelle Isabelle. Je suis en couple avec William Tremblay et nous avons une petite fille qui s’appelle Anaïs Tremblay.

Musique : Tout ce qui se danse! J’ai une préférence pour la musique mélancolique qui me permet de créer des chorégraphies remplies d’émotion et de douceur. J’adore le chanteur John Meyer dont j’ai utilisé plusieurs de ses chansons pour mes chorégraphies.

Loisirs : Je considère ma job comme un loisir, car quand j’enseigne je n’ai pas l’impression de travailler. J’adore aussi lire un bon livre qui me permet de m’évader dans un monde imaginaire.

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