Un homme de foi et de partage

Par Shirley Kennedy 12:00 AM - 18 Décembre 2016
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Sacré-Cœur – Qui ne connaît pas monsieur Claude Deschênes ? Communicateur à l’enthousiasme contagieux, entrepreneur, homme de famille et de valeurs, et bénévole infatiguable. Lorsqu’il parle, on l’écoute. Homme du monde, affable et contemplatif, ce pionnier de la Municipalité de Sacré-Coeur-sur-le- Fjord-du-Saguenay est une figure marquante de la Haute-Côte-Nord. Tel que le veut l’adage, ce sont souvent les plus grands qui sont les plus simples. 

1- Pouvez-vous énumérer vos occupations antérieures, implications et rôles dévolus au cours des années ?

Naître d’une grande famille et sur une ferme dans les années 40, imposait travail, partage et discipline dès le jeune âge. À cinq ou six ans, on devait traire les vaches, alimenter et nettoyer le bétail, participer à tous les travaux des champs avec ses frères et sœurs… Le travail faisait donc partie du temps libre quotidiennement. On apprenait à s’amuser tout en travaillant. Mon père décéda à 50 ans alors que j’en avais 12 et que le plus jeune parmi les douze en avait deux. Cela nous obligea à trouver des revenus à partager dès notre jeune âge. Je connus donc tour à tour la dure vie des chantiers de bûcherons, de gardien contre les incendies de forêt, des grands chantiers de la Manicouagan (Manic ll) avant de revenir dans mon village en ce monde agricole, à titre de responsable d’une petite coopérative agricole et beurrerie (chiffre d’affaires 62 000 $) de 1967 à 1990 (chiffre d’affaires ±4 M$). J’avais ce rêve d’une entreprise familiale à partir d’un petit lopin de terre qui devint ce site touristique 4 saisons : Ferme 5 Étoiles (5 membres de notre famille et lieu nature étoilé). Notre esprit d’entrepreneuriat familial, m’a impliqué financièrement dans différentes compagnies locales et régionales. Je me suis retiré définitivement en 2007 pour contribuer de mon expérience dans le bénévolat.

Ma jeunesse passée :

J’en garde des souvenirs à la fois de bonheur et de nostalgie. Être rêveur de nature nous porte sur des chemins non toujours balisés et où l’on découvre joies et tristesses.

Lieu de naissance et parcours académique :

Je suis né à Sacré-Cœur sur une ferme à un mille de l’église et de l’école. J’avais une facilité d’apprentissage mais ne prisait pas tant ses exigences face à ce peut de temps qu’on pouvait y consacrer. J’ai quitté pour le travail après ma onzième année d’études.

2- Vous êtes un bénévole : Est-ce que ces derniers sont en voie de disparition?

La société m’a donné beaucoup et je pense que je lui suis redevable. Je ne fus pas quelqu’un toujours dans les règles et je peine encore à voir toutes les lois qui nous étouffent dans nos petits villages. Quand nous sommes dans l’action, l’on nous reproche d’agir en fonction de nos intérêts. Je considère que le bénévolat détaché d’intérêts personnels, symbolise la LIBERTÉ et je m’y sens libre et heureux. Je suis surpris d’y voir encore tant d’adeptes dans nos petites localités. L’ombre au bénévolat se veut néanmoins l’attachement à ses propres avoirs et il faut s’en protéger en s’y exprimant toujours pour « un mieux être collectif ». Autre défi : Le facteur temps exige une forme encore plus collective au lieu de reposer sur les épaules de quelques personnes seulement. Je peine à voir de ces personnes qui ne peuvent travailler ou partager librement en groupe de travail où chacun peut apprendre de l’autre.

3- Homme de conviction avec confiance en l’humanité : Conception exacte et motivation???

Ma foi au Maître et Créateur de la vie a toujours guidé ma vie même à mon insu et alors que je faisais souvent fausse route. Nous avons été créé à SON IMAGE avec hélas une source de faiblesses en chacun(e). On doit comprendre l’autre avant tout à partir de nos propres faiblesses et donc ne pas juger ou condamner. J’ai souvenir profond de ce vieux sage alcoolique qui savait nous rappeler sans cesse « que tout le monde est du bon monde et qu’il faut travailler pour le comprendre ».

La Ferme 5 Étoiles de ma retraite en 2007 à ce jour :

Le monde touristique fut et demeure l’un de mes plus beaux passages de vie. J’y aie connu des gens de partout dans le monde et continue d’y entretenir des relations. En contrepartie, j’y aie vécu un échec majeur quant à la légalité exigée et ce défi d’opérer sur douze mois une structure qui se veut encore très saisonnière sur la Côte-Nord. Pour ce faire, j’ai fait entièrement confiance à cette jeune équipe (4 personnes) façonnée depuis près de 20 ans. Je n’y détient plus aucun pouvoir et me permet simplement quelques libres suggestions ou conseils si on me le demande.

4- De quoi êtes-vous le plus fier?

Que ma foi aie toujours inspiré mes grandes orientations dans la bonne direction. Il me vient en mémoire l’incendie de cette cabane à sucre qui avait été pour moi source de souvenirs et de contacts humains sans précédent…. Mes échecs qui m’ont porté plus loin…. Cette conviction que le bien triomphe toujours du mal…

5- Le pouvoir d’une baguette magique?

J’aime la mentalité des gens de la Côte. J’aime cette sorte de sympathie qui remplit encore nos églises à la mort d’un résidant de nos villages… Je ferais en sorte que, telle une grande famille, qu’on en arrive à dépasser nos propres convictions pour UNIR NOS FORCES pour un meilleur avenir. Je ferais même apparaître un pont de grande beauté sur le Saguenay (alors reconnu Patrimoine Mondial à l’Unesco) qui lierait la Côte à notre beau Québec…. Ouf! Enlevez-moi vite cette baguette…. J’ai tellement de rêves d’unité…..

6- Quels sont vos qualités et vos défauts ?

Je puis facilement accepter que l’on discute mes opinions dans le but de chercher une meilleure voie. Pour cela, patience… Je préfère choisir une décision de groupe plutôt qu’une personnelle…. Pour cela, patience….

Mieux vaut prendre le temps pour mieux décider… Pour cela, patience.

Mon épouse elle-même me reconnaît de la patience voire trop parfois…….

Je m’émerveille et rêve de ce que voit mes yeux et entende mes oreilles et je m’émeus facilement devant les misères du monde.

J’aime vivre pleinement cette nature, les beautés de nos quatre saisons y découvrir sans cesse l’émerveillement dans tous les coins de notre planète. Que de beautés…. à s’enivrer…. Quelle belle vie…

Quant à mes défauts dont je me confesse toujours, les plus marquant doivent être ceux de mes origines trop ambitieuses qui peuvent me faire « bousculer » parfois et perdre équilibre…

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