Le nouveau capitaine de la Haute-Côte-Nord

Par Shirley Kennedy 12:00 AM - 15 janvier 2017
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Le préfet de la MRC de La Haute-Côte-Nord, Donald Perron, est revenu très satisfait de la rencontre tenue à Québec. Photo archives

Le préfet de la MRC de La Haute-Côte-Nord, Donald Perron, est revenu très satisfait de la rencontre tenue à Québec. Photo archives

Longue-Rive – Afin de lancer l’année 2017, le nouveau préfet de la MRC de La Haute-Côte-Nord, Donald Perron, a bien voulu se prêter au jeu du questionnaire de la rubrique Gens d’ici. Sans détours ni artifices, le maire de Longue-Rive partage ses motivations et ses états d’âme, en regard de ses nouvelles fonctions, ainsi que sa vision d’avenir pour le mieux-être de notre collectivité.

1- Comment s’est passée votre jeunesse ?

J’ai eu une enfance heureuse. On s’amusait avec pas grand-chose. On créait nos propres jouets. Nous étions huit frères et une sœur à la maison. Je passais tous mes étés chez mes grands-parents. Ma grand-mère a toujours été très importante pour moi. Autour de chez moi, il y avait des familles nombreuses et on n’avait pas le temps de s’ennuyer. Au séminaire de Hauterive, j’ai été pensionnaire 5 ans, c’est là que j’ai appris à vivre en groupe.

2- Êtes-vous natif de Longue-Rive ?

Oui, je suis natif de Longue-Rive, à l’époque Sault-au-Mouton.

3- Quel a été votre parcours académique ?

J’ai fait mon primaire à Sault-au-Mouton comme tous les jeunes de mon village. Je n’ai presque jamais eu de difficulté à l’école. Durant ma septième année, notre curé de l’époque, M. Victor Giroux, a réussi à convaincre mes parents de m’envoyer au séminaire de Hauterive pour me faire suivre mes cours classiques, même s’ils n’avaient pas beaucoup les moyens de le faire. C’est probablement une des meilleures choses qui me soit arrivée dans la vie. Pourtant, je me souviens avoir pleuré le premier soir lorsque je suis arrivé au pensionnat à 12 ans. Après mon cours classique, j’ai fait un baccalauréat en administration, spécialisation en management. Je pense avoir reçu une bonne formation parce que pour moi, la formation est ce qu’il te reste une fois que tu as presque tout oublié ce que tu as appris à l’école.

4- Vous êtes depuis quelques années le maire de Longue-Rive et depuis quelques mois seulement, le préfet de la Haute-Côte-Nord. Dans le contexte économique actuel, est-ce que la tâche ne vous apparaît pas trop ambitieuse ?

J’en suis à mon deuxième mandat comme maire de Longue-Rive et à mes débuts comme préfet de la MRC. Je ne me suis pas réveillé un matin en voulant être préfet. C’est un concours de circonstances et l’appui de mes collègues qui ont fait en sorte que j’occupe cette position. Ils doivent croire que j’ai quelque chose à donner. De l’ambition, j’en ai eu toute ma vie. TROP??? Depuis quelques années, notre situation économique se détériore. La Haute-Côte-Nord est devenue la 10e MRC la plus dévitalisée au Québec sur 104. Si j’essaie de rétablir une situation économique difficile tout seul, c’est certain que c’est trop ambitieux. Comme individu, je n’ai pas plus de pouvoir que chacun de mes confrères et consœurs. Parfois, on a tendance à s’apitoyer sur le mot « dévitalisé » mais comme collectivité, on a de belles choses à offrir. Nous avons une situation géographique privilégiée à l’entrée de la Côte-Nord. On est près du Saguenay, de Charlevoix, des Basques, de Manicouagan. Un terrain propice pour la petite et moyenne entreprise qui peut avoir accès à ces marchés. Pourtant, notre région se vide petit à petit et on est obligés de se battre pour conserver nos acquis.

5- Vous avez accepté la préfecture en novembre dernier. Comment comptez-vous accomplir votre rôle à la tête de la Haute-Côte-Nord à court et moyen terme ?

Le rôle premier d’un préfet c’est de diriger les réunions du conseil et de le représenter à toutes les occasions où c’est nécessaire. Je dois être au courant de tous les dossiers qui touchent la collectivité sans nécessairement imposer ma vision. Je ne pourrai jamais être plus efficace que les décisions qui vont se prendre autour de la table, parce qu’un préfet, ça ne vote pas. Chacun de nous, autour de la table, n’avons aucun pouvoir individuel. Nous avons un pouvoir collectif et on parle par résolution. Je me devrai d’être solidaire des décisions qui seront prises.

6- Que faites-vous dans votre quotidien au boulot ?

Pour le moment, à part être maire, je suis propriétaire d’une pourvoirie au nord de Longue-Rive, ce qui me permet d’être mon propre patron et d’avoir un horaire très flexible. Un coup de fil et je suis de retour très rapidement à la civilisation. Je travaille presque toujours avec des personnes différentes au quotidien et j’adore ça.

7- On a souvent l’impression que les guerres de clochers sont plus présentes que jamais. Pourtant, notre région a besoin de consensus et de concertation pour rencontrer les défis qui sont grands. Comment ou de quelle manière comptez-vous établir l’unité en Haute-Côte-Nord?

Quand ça ne va pas trop bien, il y en a toujours et il y en aura toujours. Ce n’est pas unique à la Haute-Côte-Nord. La Côte-Nord au complet vit la même chose. La HCN fait 160 km de littoral avec 11 000 de population, avec des secteurs d’activités différents : forestier, tourisme, services, un peu d’agriculture. Il est donc difficile d’obtenir un consensus et, pour en avoir un, il faut réussir à trouver un projet rassembleur. Pour cela, il faut « donner de la corde » à nos agents de développement et à notre comité de développement économique. Nos agents ont une très bonne relation entre eux. Parfois, ce sont les solutions les plus simples qui sont les plus efficaces. Laissons-les travailler en les accompagnant. Ce n’est pas parce qu’on est des élus qu’on a le monopole de la vérité. À la MRC, nous avons une équipe dynamique qui travaille pour la collectivité. Écoutons-les, servons-nous-en, c’est notre actif le plus important, comme je l’ai déjà dit. L’implication de chaque élu est une décision personnelle.

8- De quoi êtes-vous le plus fier ?

Lorsque j’étais président de la Commission scolaire de Bersimis, j’ai été l’un des instigateurs de l’implantation du CÉGEP à Forestville avec MM. Guy Lemieux et Jean-Jacques Tremblay. On a bûché et on a réussi. À l’époque, on nous aurait dit que, 20 ans plus tard, il serait encore là, on ne l’aurait peut- être pas cru. Avec les annonces d’investissements majeurs de nos 2 paliers de gouvernement pour les CÉGEP en région, on devrait encore passer au travers.

9- Vous avez une baguette magique qui vous donne tous les pouvoirs, quelle est la première chose que vous faites ?

Je rétablirais la situation économique de la HCN telle qu’elle était au début des années 2000.

10- Quels sont vos qualités et vos défauts?

Je suis persévérant, rassembleur et à l’écoute des autres. Aussi, ça ne va jamais assez vite à mon goût et je suis parfois trop direct. Je fais toujours confiance à chacun jusqu’à preuve du contraire. C’est une qualité quand tu ne te trompes pas et un défaut lorsqu’on se fait jouer des tours. Mais si quelqu’un perd ma confiance, c’est difficile d’avoir une deuxième chance avec moi.

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