La Haute-Côte-Nord: une région vulnérable

Par Jacqueline Richer

Forestville – Une équipe de chercheurs du Centre de foresterie des Laurentides de RNCan à Québec, travaille à évaluer les risques des feux de forêts et les impacts pour les communautés. Yan Boulanger, chercheur en écologie forestière produit des cartes qui permettront de mieux gérer les risques d’incendies sur les régions habitées.

Selon Yan Boulanger, plusieurs facteurs entrent en ligne de compte lorsque l’on doit évaluer ces risques dans notre région. Située en forêt boréale, la Haute-Côte-Nord est très à risques puisque ses forêts sont principalement fournies de résineux (épinette, pin, etc.) avec herbages secs et bois morts et les résidences sont souvent regroupées dans un même secteur. La région est située dans une zone géographique ayant un intervalle de retour de feu qui se situe par endroits à 35 ans environ, par rapport aux 300 ou 600 ans d’autres régions québécoises.

Le taux d’humidité des forêts en fonction des pluies reçues est déjà un bon indice d’inflammabilité des forêts, aussi nommé l’indice de forêt météo, qui sert à l’affichage des panneaux de signalisation en bordure de route (Risque faible, modéré, élevé ou extrême).

Les scientifiques ont superposé des cartes de feux aux cartes indiquant la proportion de feuillus/résineux, la quantité de biomasse et l’âge de la forêt. « Nous avons constaté que les risques les plus élevés sont liés aux résineux, alors que les plus faibles aux feuillus. L’âge des arbres a également une incidence sur les risques de feux: plus une forêt est âgée, et plus le risque est grand, que l’on parle d’une forêt de résineux, de feuillus ou mixte », explique Yan Boulanger. Ce qui est intéressant ici c’est que si le feu détruit les forêts âgées, cela rajeunit la forêt et par le fait même, réduit les risques prévus.

Et finalement, l’utilisation de matériaux inflammables dans la construction des résidences et autres bâtiments va agir comme carburant, et ainsi alimenter les feux.

Comment se protéger des risques

Favoriser la construction de maisons et bâtiments en matériaux peu ou pas inflammables, afin d’empêcher le feu de passer d’un bâtiment à l’autre est une des avenues préconisées. Lors d’aménagements floraux ou de terrassements, on suggère d’opter pour des plants non-résineux et démunis de branchages ou feuillages secs.

Entretenir les arbres sur les terrains en coupant les branches à moins de 2 mètres du sol, ramasser les feuilles mortes, branchages et épines au sol, qui serviraient éventuellement de combustible, ainsi que le ramassage des arbres morts autour des résidences et bâtiments sont des trucs qui peuvent diminuer les risques.

 

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