Le comité organisateur partage sa déception

Par Shirley Kennedy 12:00 AM - 23 janvier 2019
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À défaut de Tadoussac le 24 juin, les Snowbirds seront à Bagotville les 22-23 juin 2019. Photo Mike Luedey

À défaut de Tadoussac le 24 juin, les Snowbirds seront à Bagotville les 22-23 juin 2019. Photo Mike Luedey

Tadoussac – Bien qu’il y ait consacré toutes ses énergies, motivé par le désir d’offrir aux gens de Tadoussac l’opportunité inouïe d’assister à un spectacle unique au Canada et en Amérique du Nord, le comité organisateur est déçu du refus du directeur du Parc marin Daniel Langlois, d’autoriser le déploiement aérien des Snowbirds des Forces canadiennes près des Dunes de Tadoussac.

Ce projet proposé par Patricia Bourgoing appuyée d’un comité local dont son fils Pierre-Marc Deschênes, Snowbird # 7, avait obtenu par confirmation écrite, l’appui de l’administration municipale de Tadoussac en juillet dernier ainsi que l’engagement de l’escadron 431 des Snowbirds.

Assurée du support de Tadoussac qui accepte de parrainer le projet à la hauteur d’environ 10 000 $, madame Bourgoing contacte et obtient verbalement la collaboration des différentes organisations appelées à jouer un rôle de soutien dans la tenue de cette activité. « Tout était à point, il ne restait que l’accord du Parc marin pour voler quelques minutes plus bas que la limite permise », ajoute-t-elle.

Argumentaire

Pour ce faire, madame Bourgoing, son conjoint Patrice Deschênes et leur fils Pierre-Marc, produisent un document explicatif étayé d’informations pertinentes, notamment sur les impacts sonores engendrés par les 9 CT-114 Tutor utilisés pour le spectacle aérien. Celui-ci est annexé à la demande de permis qui doit être acceptée et signée par le représentant du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, Daniel Langlois.

Le dossier indique que la démonstration aérienne est prévue sur les hauts fonds longeant les Dunes de sable et qu’elle requiert une zone stérile de 3 000 pieds par 6 000 pieds interdite d’accès. À l’intérieur de ce périmètre sécurisé délimité par des embarcations, les pilotes sont autorisés à exécuter des manœuvres acrobatiques et à descendre à 300 pieds du sol. La majorité des manœuvres en basse altitude sont conduites à 500 pied « et cela ne représente qu’une quinzaine de minutes sur les 45 minutes que dure la représentation », précise la mère du pilote d’élite.

Afin de rassurer le Parc marin sur la pollution sonore des appareils, des résultats d’études y sont cités, démontrant entre autres que le CT-114 Tutor entraîne dix fois moins de bruit qu’un CF-18 et que le moteur de ce dernier produit une poussée de 32 000 lb comparativement à 2 700 lb pour le CT-114 Tutor. On fait mention également du nombre maximal de décibels enregistrés pendant le spectacle qui est de 103,4 tandis qu’un bateau à moteur peut produire entre 60 et 115 décibels. « De plus, ajoute Mme Bourgoing, il n’y a pas beaucoup d’eau près des dunes là où se trouvait la zone de vol, donc l’impact sur la vie marine est pratiquement nul puisque la zone d’alimentation privilégiée des baleines est très éloignée de l’espace de vol et les baleines ne sont pas toutes arrivées en juin ».

Déception et amertume

À la suite du message publié sur sa page Facebook le 13 janvier dernier, Patricia Bourgoing désirait informer la population sur les raisons qui ont mené à l’avortement du projet de spectacle des Snowbirds à Tadoussac. Elle déplore également le délai interminable de 5 semaines pour la prise de décision et n’accepte pas les motifs invoqués par M. Langlois pour justifier son refus, « d’autant plus que des 70 spectacles annuels présentés par les Snowbirds, plusieurs sont tenus au-dessus de l’eau, comme en Colombie-Britannique, où il y a des baleines aussi », précise-t-elle.

Enseignante de carrière, Patricia Bourgoing se réjouissait de faire vivre aux jeunes du secteur BEST, l’expérience d’une conférence prononcée par son fils partageant son parcours et démontrant qu’il est possible de réaliser ses rêves lorsque l’on y met les efforts. « Ce spectacle-là, je voulais qu’il soit présenté en particulier à Tadoussac pour les gens de Tadoussac et des environs. C’était pour eux. J’aurais aimé que les dirigeants du Parc marin considèrent que les citoyens de Tadoussac, qui acceptent de vivre avec les côtés exceptionnels mais quand même restrictifs du Parc, méritaient une réponse positive. Et si tout au long de l’organisation de ce projet j’avais eu le moindre doute que cela pouvait nuire aux baleines ou encore causer un stress quelconque à la vie marine, jamais je n’aurais présenté ce projet ».

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