Stationnement virtuel à la Microbrasserie de Tadoussac : l’impasse perdure

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Par Shirley Kennedy
Stationnement virtuel à la Microbrasserie de Tadoussac : l’impasse perdure
Photo courtoisie

Tadoussac – L’entreprise Microbrasserie Tadoussac affirme que la Municipalité de Tadoussac lui réclame 100 000 $ en guise de taxe pour le stationnement virtuel (terrasse). Les propriétaires se disent victimes d’abus et accusent les élus de faire preuve de favoritisme envers d’autres commerces en appliquant à la lettre la règlementation d’urbanisme uniquement à leur entreprise.

Le litige entre les deux parties perdure depuis 2016. Deux des copropriétaires de l’entreprise, Marilyne Gagné et Martin Fournier, réclament que le comité consultatif d’urbanisme et les élus, considèrent les 125 places octroyées par la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, de même « que le permis de construction de la terrasse extérieure conçue pour accueillir 85 personnes en haute saison ».

Actuellement, la Microbrasserie Tadoussac possède un permis de 96 places et a payé les 30 000 $ requis dans le cadre de la taxe sur le stationnement virtuel. Ce qu’exigent les propriétaires, ce sont les 29 places supplémentaires auxquelles ils estiment avoir droit, en échange d’un paiement forfaitaire de 37 000 $.

Puisque le règlement a été conçu notamment pour privilégier les petits commerces dans le village, les entrepreneurs ont demandé une dérogation au règlement, tel qu’accordée par la ville de Sept-Îles à la microbrasserie La Compagnie en avril dernier.

Interprétation divergente

Le maire de Tadoussac Charles Breton réfute l’affirmation des gens d’affaires à l’effet que la Municipalité leur réclame 100 000 $. Il souligne que le comité consultatif d’urbanisme considère uniquement les 96 places octroyées. Aussi, il ajoute qu’il n’est pas question que la Microbrasserie obtienne une dérogation puisque le comité consultatif d’urbanisme travaille sur le règlement en question, qui convient-il, est discutable. « D’autant plus, ajoute-t-il, que Martin Fournier s’était engagé en 2016 face à la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, à ne jamais grossir ».

À Tadoussac, le règlement sur les stationnements virtuels des commerces qui ne possèdent pas de places de stationnement s’applique en trois volets. Une case de stationnement représente quatre personnes assises. Les cinq premières cases coûtent 1 000 $ chacune, les cinq suivantes 2 000 $ et les autres 10 000 $.

Pour Charles Breton, il ne faut pas mêler les cartes. Les places octroyées par la Régie des alcools, des courses et des jeux n’ont aucun impact sur le règlement d’urbanisme. Idem pour le permis de construction de la terrasse ayant une capacité de 85 places assises. « C’est appliqué selon le nombre de tables. Tu peux avoir une immense terrasse et seulement une table, ça n’a aucun rapport, ce sont deux choses totalement différentes ».

Martin Fournier soutient qu’aucune autre entreprise de Tadoussac ayant entre 80 et 160 places n’a payé plus de 18 000 $ pour du stationnement virtuel.

Après avoir vu leur demande de dérogation refusée à l’unanimité en séance du conseil lundi dernier, les actionnaires de la Microbrasserie estiment que les élus empêchent le développement dans la localité et mettent en péril la survie de leur entreprise qui emploie entre 10 et 30 personnes dépendamment de la saison.

Les entrepreneurs affirment que les 29 places réclamées sont cruciales et correspondent au plan d’affaires qu’ils ont présenté à leurs créanciers.

« Nous sommes présentement dans une impasse, ajoute Martin Fournier. Nous voulons éviter des démarches juridiques qui seraient coûteuses et qui éclabousseraient l’image de la Microbrasserie, de la Municipalité et de la région ».

Des échanges entre les représentants juridiques des deux parties ont eu lieu au cours des trois dernières années sans toutefois permettre de dénouer l’impasse.

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Mario
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Mario

Faites signer une pétition pour savoir si votre brasserie à raison

Marie-Josée Laprise
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Marie-Josée Laprise

C’est choquant! Un aussi beau commerce qui aide à l’économie locale et fait briller le village. Une belle démonstration de bureaucratie : du monde en cravate qui devraient sortir de derrière leur bureau et faire preuve de jugement et de bon sens. Une entreprise qui marche dans une petite municipalité devrait toujours se faire aider, non le contraire, c’est désolant!