En dehors des quatre murs

Par Erika Soucy
En dehors des quatre murs

Je rentre d’une longue fin de semaine dans ma parenté, à me promener entre Portneuf et Forestville.

Le retour au travail est dur et ce n’est pas par manque de repos, au contraire. En trois jours, j’ai vite repris goût au rythme des vacances estivales, même s’il a fallu que je navigue entre l’angoisse et le bien-être pendant les premières heures de mon congé. C’est comme si ça me prenait toujours un certain temps avant de mettre la switch à off, comme si j’avais oublié comment ne pas travailler. Mais je ne me plains pas, je suis privilégiée de pouvoir vivre de ma plume au gré des projets qu’on me propose.
Toutefois, il n’y a pas que sur moi que le vent de la Côte a eu des effets bénéfiques.

Je pense à mon garçon…

J’ai un petit bonhomme de huit ans qui vient tout juste de terminer sa deuxième année à la suite de beaucoup d’efforts. Il a réussi fièrement, mais disons que la structure d’apprentissage classique est plutôt contre sa nature. J’ai souvent senti cette année qu’on le plantait dans un milieu qui ne lui correspondait pas, en exigeant qu’il performe. C’est une truite de rivière qui s’est retrouvée dans un marais avec plein de gens autour qui surveillaient, pour voir ce qu’elle allait faire. Mon fils adore apprendre, il a une grande culture et une sensibilité énorme face au monde qui l’entoure… Mais lui aussi, il peine à mettre sa switch à off. Il faut l’encadrer, constamment, parce que la liberté est immense et son ambition est sans fin et qu’une école… Ça se passe toujours ben entre quatre murs !
En fin de semaine, ce sont ces quatre murs qu’on a fait exploser. Il s’est retrouvé dans le bois, sur le bord d’un lac, sous les feuilles des arbres qui se faisaient venter… Et il était calme, paisible, réellement à sa place. Même la quantité phénoménale de mouches* n’est pas venue à boute de le stresser! Ça m’a réjoui de le voir ainsi en phase avec la nature et m’a rappelé que ça pouvait aussi faire partie de lui; que lorsqu’on sort des grands centres, connaître sa forêt correspond à l’élémentaire et au primordial, car c’est cette forêt qui permet à une majorité de gens de vivre.
Un jour je devrai parler d’avenir avec mon garçon et je sais désormais que je lui dirai qu’il n’y a pas que les chiffres, qu’il n’y a pas que les mots, qu’il n’y a pas que la performance et le temps qu’on peut gagner… Il y a le temps qu’on peut prendre pour se rencontrer soi-même et réaliser que même si on nait en ville, rien ne nous condamne à demeurer citadin quand notre vraie maison est ailleurs.

* Il y en a en mausus de la mouche, cette année. Mon chum fait dire qu’il y en a huit fois plus qu’à l’habitude… C’est ce que les études démontrent. Attelez-vous !

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