Comment les accueillerons-nous?

Par Erika Soucy
Comment les accueillerons-nous?

Peut-être avez-vous, comme moi, entendu parler des municipalités à risque de fermeture dans nos belles régions du Québec. En Haute-Côte-Nord, Forestville serait parmi celles-ci.

Rien de nouveau sous le soleil, il me semble que ça fait depuis que je suis enfant que j’entends ce discours, non? Une transformation de l’occupation du territoire, certes! Mais une fermeture de village? Accusez-moi de voir la vie en rose avec des Calinours qui volent, mais le potentiel, la débrouillardise et la volonté d’un noyau dur de citoyens, ça peut être fort en titi quand vient l’envie de faire mentir les statistiques.

Je pourrais énumérer ici une panoplie d’avantages à vivre en région, ainsi qu’une multitude d’idées réalisables à l’intérieur de nos villages québécois, mais j’ai plutôt envie d’aborder un sujet qui tôt ou tard, il me semble, sera mis sur la table.

Pour contrer la dévitalisation, certains croient en l’immigration.

Ce n’est plus un secret, d’ici quelques années, il ne s’agira plus de dire « si nous accueillons des réfugiés », mais bien « comment les accueillerons-nous? »

Et si on suit cette logique, la démographie régionale devrait aller en augmentant, non? Grâce à cette nouvelle main-d’œuvre, nous serons bien loin des fermetures de villages!

Attendez, attendez ! Ne sacrez pas tout de suite votre journal au recyclage! Je suis pleinement consciente qu’il s’agit d’une solution purement mathématique qui apparaît simple et facile sur papier. Il y a de l’humain derrière, de l’humain québécois qui aime son territoire et qui veut plus que tout conserver son identité et sa culture. Imaginer un endroit comme Forestville se transformer en village aux accents sud-américains, par exemple. Ça peut donner le vertige. (Je me retiens à deux mains pour ne pas faire une blague sur d’éventuelles soirées dansantes muy caliente au Blaquière.)

Qu’on me comprenne bien : je suis contre une immigration massive et rapide en région. Quand on peut encore compter sur nos doigts le nombre de personnes noires dans un village, c’est idéaliste de croire que l’arrivée d’une dizaine de familles syriennes aurait lieu sans confrontation.

Je sais toutefois que des réfugiés sont à nos portes, qu’ils seront de plus en plus nombreux à cause du réchauffement climatique et que leur vie hors des grands centres est une avenue qu’on doit considérer. Quand la situation va se présenter, je souhaite qu’on accompagne les gens de chez nous dans la création de rencontres, qu’on ne les traite pas de racistes au moindre questionnement, au moindre doute, à la moindre crainte justifiée par l’inconnu.

Je souhaite qu’on fasse de l’éducation populaire de part et d’autre afin que personne ne se sente envahii d’un bord et indésirable de l’autre. Je souhaite qu’on se prépare d’ores et déjà à la question « Comment les accueillerons-nous? »

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