Réforme du mode de scrutin – Inacceptable tel que présenté, selon Ouellet

Réforme du mode de scrutin – Inacceptable tel que présenté, selon Ouellet
Le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, soutient que le projet de loi visant à établir un nouveau mode de scrutin au Québec est inacceptable dans sa mouture actuelle.

Le projet de loi pour réformer le mode de scrutin au Québec a été déposé il y a deux semaines à l’Assemblée nationale. Le député de René-Lévesque, Martin Ouellet, considère le projet irrecevable tel qu’il a été présenté.

Nicolas Dupont
Collaboration spéciale

Le projet de loi 39, nommé Loi établissant un nouveau mode de scrutin, a été déposé le 25 septembre, par la ministre de la Justice, Sonia LeBel. La Coalition avenir Québec s’était engagée, lors de la campagne électorale, à réformer le mode de scrutin. L’objectif est de passer du mode uninominal à un tour à un système mixte, intégrant une part de proportionnalité.

Actuellement, le projet de loi propose de réduire le nombre de circonscriptions à 80. Les 45 sièges restants seraient élus en fonction de la région. Les électeurs auraient donc deux choix à faire sur le même bulletin de vote. Le nouveau mode de scrutin fera l’objet d’un référendum lors de l’élection générale de 2022.

« Premièrement, c’est un projet de loi qui est mal fait. Deuxièmement, la CAQ n’a pas respecté ses engagements. Et finalement, on a encore beaucoup de questions quant au statut de la Côte-Nord »

– Le député Martin Ouellet

Zones grises

« Tous les partis, sauf les libéraux, s’étaient entendus pour que ce soit mis en place avant les prochaines élections. Nous ne sommes pas contre le référendum, mais on manque d’information. Est-ce qu’il va y avoir un camp du oui et un camp du non? Est-ce que les dépenses vont être encadrées? Il y a encore beaucoup de zones grises », affirme M. Ouellet.

À ces questions, s’ajoute celle de la circonscription de la Côte-Nord. En effet, avec la réduction du nombre de circonscriptions, Duplessis et René-Lévesque fusionneraient pour ne faire qu’une seule grande circonscription.

« Nous ne sommes pas satisfaits par rapport à la circonscription qui est beaucoup trop grande. Dans le projet de loi, on donne un statut particulier pour Ungava, même chose pour les Îles-de-la-Madeleine. Je crois qu’on pourrait donner un statut particulier pour Duplessis. Quand je vois une carte aussi immense, je ne peux pas être d’accord avec ce projet de loi », a-t-il lancé.

« Premièrement, c’est un projet de loi qui est mal fait. Deuxièmement, la CAQ n’a pas respecté ses engagements. Et finalement, on a encore beaucoup de questions quant au statut de la Côte-Nord », résume le député.

Montigny inquiet

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, émet aussi des réserves par rapport au projet de révision. Même si la Côte-Nord conservait deux députés, l’élu s’inquiète du fait qu’un député territorial ait le même territoire qu’un député élu.

« Je ne veux pas me positionner contre trop vite, mais je suis inquiet. Il faut faire attention, car le diable est souvent dans les détails. »

M. Montigny se demande comment ça se passerait avec, à titre d’exemple, un député élu du Parti québécois et un député territorial, donc provenant d’une liste de noms, du Parti libéral.

« Si j’ai un enjeu, auquel je parle? Est-ce que je vais me dédoubler. Si l’un est pour moi et l’autre contre, est-ce que mon projet est mort? » Enfin, Yves Montigny se dit tout de même satisfait que le gouvernement se donne du temps pour évaluer la question.

L’élu dit espérer que cette révision ne viendra pas briser l’unité qui prévaut actuellement parmi les acteurs du développement à la grandeur de la Côte-Nord.

Avec Charlotte Paquet

Partager cet article

LAISSER UN COMMENTAIRE

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des