Accident de l’Apollo à Godbout : les moteurs et l’expérience du capitaine en cause

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Par Steeve Paradis
Accident de l’<i>Apollo</i> à Godbout : les moteurs et l’expérience du capitaine en cause
L’Apollo après son contact avec le quai de Godbout le 25 février 2019. Photo Alexandre Boudreau

Les deux moteurs de l’Apollo, de puissances différentes, le manque de puissance des moteurs auxiliaires et le peu d’expérience du capitaine à la barre de ce traversier étaient en cause lorsque le navire est entré en collision avec le quai de Godbout, le 25 février dernier. Ainsi en a statué le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada.

Dans son rapport d’enquête, rendu public ce vendredi 1er novembre, le BST révèle que les deux moteurs principaux de l’Apollo n’étaient pas de la même puissance et en conséquence, ils avaient donc des temps de réaction différents.

Le moteur bâbord, changé en 2005, avait une puissance de 4 000 kilowatts (kW) tandis que l’autre, qui datait de la construction du navire en 1970, avait une puissance de 3 300 kW. « Il faut tenir compte de la différence entre ces temps de réaction durant la manœuvre du navire », écrit l’enquêteur Antonin Marcoux dans son rapport.

L’enquête a aussi mis en lumière le fait que les moteurs auxiliaires ne pouvaient pas fonctionner à plus de 50 % de leur puissance, en raison d’un mauvais état mécanique. Le capitaine devait donc réduire au minimum l’utilisation du propulseur d’étrave durant la manœuvre d’accostage.

Finalement, le BST mentionne que « le peu d’expérience du capitaine à manœuvrer le navire acquis récemment ainsi que la formation limitée qu’il a reçue à cet égard ont mené à une évaluation erronée de la vitesse et du cap du navire, et des effets de la glace et du vent à l’approche du quai du traversier à Godbout ».

Pas réagi comme prévu

La lecture du rapport du BST fait comprendre qu’en raison des problèmes évoqués plus haut, l’Apollo n’a pas réagi comme prévu à son arrivée dans la baie de Godbout à 10 h 17 ce 25 février, notamment en raison de la différence de puissance entre les deux moteurs principaux, ce qui l’a fait virer vers le quai plus vite qu’estimé.

Pour compenser, le capitaine a inversé la propulsion et activé le propulseur d’étrave, mais l’Apollo a continué d’avancer. Lorsqu’il s’est rendu compte que le choc avec le quai était inévitable, le capitaine a fait faire marche arrière aux deux moteurs, mais ça l’a à peine ralenti.

Le capitaine avait fait sept voyages aller-retour entre Matane et Baie-Comeau aux commandes de l’Apollo. Il en était à son premier voyage vers Godbout avec des passagers à bord. À l’emploi de la STQ depuis 2015 et capitaine permanent depuis mars 2017, l’homme avait réalisé autour de 400 débarquements à Godbout avec d’autres navires, sans aucun problème.

Notons en terminant que le Bureau de la sécurité des transports poursuit son enquête sur l’autre accident impliquant l’Apollo, celui avec le quai de Matane le 16 mars.

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