Motoneige: un nouveau tracé qui ne fait pas l’unanimité

Par Shirley Kennedy 5:05 PM - 05 Décembre 2019
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Des travaux de 12 000 $ seront réalisés à la passerelle par les Clubs de motoneiges concernés, et ce à la demande de Boralex, en raison de l’usure causée par les motoneiges.

Le nouveau tracé de la TQ3 proposé par les Clubs de motoneigistes Nord-Neige de Colombier-Forestville et Bourane de Portneuf-sur-Mer ne fait pas l’unanimité. Les villégiateurs du lac Cymac et le propriétaire de la Pourvoirie des Bouleaux Blancs, estiment qu’ils n’ont pas été consultés, voire même qu’ils ont été « mis au pied du mur », à quelques semaines du début de la saison de motoneige.

La villégiature et la motoneige soulèvent les passions. C’est du moins ce qui a été constaté dans la salle du conseil municipal le 2 décembre, alors qu’une trentaine d’intervenants se sont réunis pour échanger leur perception, disons-le, « divergente », de la sécurité à motoneige, que ce soit à proximité des chalets ou en ce qui concerne la passerelle de Boralex, dont l’accès est toujours autorisé à l’heure actuelle.

En raison des travaux nécessaires à ladite passerelle via laquelle se trouve le tracé de la TQ3, le Club Nord-Neige a décidé pour des questions de sécurité, de modifier le tracé : une boucle de 10 km qui contourne le lac Cymac et la Pourvoirie des Bouleaux Blancs est désormais envisageable en raison du chemin forestier construit par Boisaco il y a quelques années. « L’année passée une motoneigiste s’est frappé la tête sur un « bime »de la structure, et quand il y a beaucoup de neige c’est risqué. D’autant plus que certains motoneigistes circulent dans le chemin gratté par Boralex et que c’est extrêmement dangereux. Pour nous c’est la sécurité de nos membres qui prime et nous allons modifier le tracé », tranche le président de Nord-Neige, Alex Lamarre.

Irrités et inquiets quant à l’éventualité que des motoneigistes « coupent » le sentier balisé et mettent la sécurité de leurs enfants en danger, deux des dix propriétaires de chalets du lac Cymac, Jérôme Tremblay et Bernard Lemieux, soutiennent qu’une solution alternative doit être mise de l’avant. « On savait avec les chemins de Boisaco que ça s’en venait. On a écrit une lettre le printemps dernier et nous n’avons jamais eu de réponse. On va devenir un raccourci à la TQ-3 et selon le tracé proposé, elle va passer à 230 mètres de deux chalets » déplore M. Lemieux. Information réfutée vivement par le président de Nord-Neige, invité à se prononcer sur cette affirmation. « J’ai eu plusieurs échanges avec Jérôme Tremblay au cours de l’été », a-t-il dit.

Bien qu’une entente de droit de passage temporaire soit intervenue il y a quelques semaines, entre le président du Club Bourane de Portneuf-sur-Mer, Jean-Yves Sirois et Éric Gaudreault propriétaire de la Pourvoirie des Bouleaux Blancs, ce dernier est mécontent de la situation.

« J’ai su ça le 1er novembre, on n’a pas été consultés. Ils vont passer chez-nous et c’est moi seul qui vais en subir les conséquences alors que j’entretiens un sentier de 25 km pour mes clients qui achètent un produit sauvage ».
« Tout faux, ajoute encore Alex Lamarre. Dans la lettre que nous avons reçu des propriétaires du lac Cymac le printemps dernier, celle-ci était co-signée par la Pourvoirie des Bouleaux Blancs, donc il était au courant du dossier ».

Initiée par la mairesse de Forestville Micheline Anctil, cette « rencontre d’échanges », a permis notamment au propriétaire de la Seigneurie des Mille Vaches, Tom Soucy, d’exprimer son opinion par conférence téléphonique. « Le droit de passage (Pourvoirie des Bouleaux Blancs) est valide uniquement pour un an. On ne peut pas arrêter les motoneigistes puisque notre territoire est le seul accès du côté est entre Forestville et la rivière Portneuf. Mais je veux qu’on touche le moins possible à la Pourvoirie des Bouleaux Blancs et qu’on soit capable de circuler. C’est très décevant des chicanes de clochers comme ça », a mentionné l’homme d’affaires Néo-Brunswickois.

Pascal Desbiens, ex-président et administrateur du Club Nord-Neige, a partagé un historique étoffé des interventions de son organisation au fil des années en ce qui concerne le sentier fédéré et la passerelle de Boralex. « Déjà en 2008, on se donnait quatre ans, après plusieurs droits de passage révoqués, pour trouver un autre tronçon. En 2011, on a tenté de sécuriser la passerelle avec un investissement de 30 000 $. Et les plaintes des usagers n’ont jamais cessé. Par le biais de ses employés, Boralex a manifesté à maintes reprises qu’ils étaient conscients de la dangerosité pour les motoneigistes et ils étaient littéralement tannés de nous autres », a-t-il raconté.

Au terme de la rencontre, deux pistes de solutions étaient sur la table. À court terme, le retour « temporaire » au sentier panoramique qui longe la côte jusqu’à Portneuf-sur-Mer, avec tous les droits de passage que cela implique. Et à plus long terme, une passerelle pour motoneiges dont les coûts sont estimés entre 300 000 $ et 400 000 $ et qui pourrait bénéficier d’une aide financière de 70 % selon l’agent de liaison de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Yanick Claveau, présent à la rencontre.

D’ici là, la mairesse a réclamé la formation d’un comité restreint pour tenter de dénouer l’impasse qui était toujours au même point au moment d’écrire ces lignes.
Boralex
Lauriane Déry, conseillère affaires publiques et gouvernementales chez Boralex, a confirmé au journal que des discussions sont en cours avec les partenaires concernés par l’utilisation de la passerelle pour le tracé TQ3.« Nous travaillons actuellement à trouver la meilleure solution qui permettra de continuer d’assurer la sécurité des usagers de ce tracé », a-t-elle précisé, ajoutant que « la passerelle est sécuritaire et que les gens peuvent y circuler sans problème. Et si on décide de garder la passerelle, on va continuer de mettre en place des mesures de sécurité, comme on le fait actuellement. »

Madame Déry a précisé qu’à ce stade-ci du processus, son entreprise préfère « les discussions de vive voix ». Discussions que ses collègues ont eu cette semaine avec le directeur général de la Ville de Forestville, Richard Duguay.

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