La TQ3 est toujours sectionnée en Haute-Côte-Nord

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Par Shirley Kennedy
La TQ3 est toujours sectionnée en Haute-Côte-Nord

C’est à un véritable cul-de-sac que font face les motoneigistes de la région et de l’extérieur qui désirent traverser l’arrière-pays des localités de Portneuf-sur-Mer et Forestville via le sentier fédéré de la Trans-Québec 3 (TQ3). Une situation qui risque de nuire considérablement aux commerçants de la Haute-Côte-Nord, mais également aux entreprises touristiques de toute la région.

Depuis que le droit de passage a été révoqué par le propriétaire de la Seigneurie-des-Mille-Vaches du côté de Portneuf-sur-Mer dans le secteur de la pourvoirie des Bouleaux Blancs, Boralex a fait de même en ce qui concerne le droit de passage sur sa passerelle pour le secteur Forestville, puisqu’aucune organisation officielle ne voulait en prendre la responsabilité. Afin d’éviter toute ambiguïté quant à ses intentions, l’entreprise a installé un cordon de sécurité sur la passerelle lundi dernier.

Au moment d’aller sous presse, le Club Nord-Neige maintenait sa décision de ne plus entretenir le tracé via la passerelle de Boralex pour des questions de sécurité et réitérait son intention de respecter le nouveau tracé proposé, malgré le retrait du droit de passage. De l’autre côté de la passerelle, le Club Bourane avait jusqu’à tout récemment entretenu le sentier et installé la signalisation.

« Monsieur Soucy, le propriétaire de la Seigneurie, a enlevé le droit de passage parce qu’il a eu la mauvaise information. On lui a dit que les motoneiges avaient le droit de passer sur la passerelle et qu’elle était conforme. Elle n’est pas conforme, elle n’est pas sécuritaire et la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec nous appuie dans notre décision », tranche le président du Club Nord-Neige, Alex Lamarre.

Ce dernier espère que Monsieur Soucy reviendra sur sa décision, « puisqu’on a un plan B pour l’an prochain qui nous permettrait de contourner la pourvoirie des Bouleaux Blancs. Ce serait seulement pour cette année le droit de passage. Je comprends les craintes de M. Gaudreault (propriétaire de la pourvoirie), mais je suis convaincu qu’il n’y aurait pas d’impacts négatifs. »

Aucun pouvoir

La mairesse de Forestville n’a pas l’intention de contacter M. Soucy dans ce dossier. « Je n’ai pas le pouvoir d’ordonner à des propriétaires de prendre une position ou une autre. J’essaye de faire évoluer les choses, mais dans l’état actuel où des gens ne veulent pas s’entendre, je ne peux pas leur donner des ordres. »

Micheline Anctil confirme que Tom Soucy a été très clair. « Il a indiqué par écrit qu’il avait assez consacré de temps à ce dossier, et que s’il y avait de nouvelles demandes qui lui étaient adressées, il y aurait des frais inhérents. »

Une saison mal partie

Kathy Gagnon et Richard Nicolas, propriétaires du Domaine du lac des Cèdres à Longue-Rive, sont très inquiets et déçus de la tournure des événements.

Toute leur clientèle dépend de la TQ3, contrairement à la majorité des commerces concernés qui longent la route 138. Ils font face à des annulations et une perte de clientèle marquée en provenance de Forestville notamment. « L’année passée c’était les traversiers et cette année c’est ce problème-là. Les locaux savent où passer mais les touristes ne s’aventureront pas dans des sentiers non entretenus où la signalisation est inexistante », déplore madame Gagnon.

Son conjoint estime que leur entreprise est un atout pour ce secteur d’activités puisque les motoneigistes savent depuis deux ans, qu’ils peuvent s’y arrêter à mi-chemin entre Les Escoumins et Baie-Comeau. « Les gens viennent dormir ici et ensuite soit ils se dirigent vers Baie-Comeau ou vers les Monts-Vallins. Mais là ils arrêtent aux Escoumins puisqu’ils savent que ça ne passe pas. »

Intervention de la FCMQ

Richard Nicolas réclame l’intervention de la Fédération des clubs de motoneigistes dans les plus brefs délais pour régler l’impasse. « Les gens prennent des cartes pour partir du point A au point B. Il ne devrait pas y avoir de coupure. Que les décideurs s’assoient et fassent des concessions. Mais c’est à la Fédération de s’assurer que ça fonctionne », dit-il.

Le copropriétaire de l’ÉconoLodge de Forestville Renato Marino, souhaite que cet épineux dossier se règle le plus rapidement possible. Il estime à environ 40 000 $ les pertes encourues si le conflit perdure et met en péril la saison 2020 qui débute vers la fin janvier pour ralentir au début du mois de mars. « Il faut qu’il y ait une communication qui se fasse quelque part. Il y a des bénévoles qui travaillent fort pour que ça fonctionne, je leur lève mon chapeau. »

Selon les informations obtenues par le Journal, l’industrie de la motoneige engendre des retombées économiques de 10 M$ par an sur la Côte-Nord.

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