Touche pas à mon église!

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Par Shirley Kennedy
Touche pas à mon église!

Le conseil de la Fabrique Saint-Luc de Forestville a lancé un dernier appel à la solidarité. «C’est la dernière fois », a dit la présidente Johanne Tremblay.

Le gouffre financier qui se creuse depuis plusieurs années, a englouti la volonté immuable des bénévoles qui ont porté ce comité à bout de bras pendant si longtemps. Même la grande générosité des prospères gens d’affaires de la Ville, tels entre autres, les René Ross, Jean-Luc Nadeau et Albertus Savard, pour ne pas les nommer, ne suffit plus.

L’immense bâtiment qui trône au centre de Forestville, témoin d’une faste époque, est devenu l’objet de tourments pour ceux et celles qui se sentent concernés par son sort.

Les coûts de chauffage ne cessent d’augmenter alors que les revenus sont en chute libre. Mais ce n’est pas d’hier. Déjà en 2006, une campagne de financement locale était lancée afin de redresser la situation.

C’est connu et la présidente de la Fabrique l’a confirmé à maintes reprises : les personnes d’un certain âge paient leur dîme. Malheureusement, c’est une tendance moins populaire pour la génération X (1965-1980) et les milléniaux ou la génération Y (1980-2000).

Comme l’ont si bien exprimé de jeunes parents de Forestville sur les réseaux sociaux, les contraintes liées entre autres aux cours préparatoires pour les cérémonies et sacrements, ont eu raison de leur volonté.

Loin de moi l’idée de lancer la pierre à ces bénévoles qui ont su garder le fort pendant tant d’années. Ils ont fait ce qu’ils ont pu, selon l’éducation qu’ils ont reçue, et des directives de l’Église.

Parce que j’y tiens

En mars 2007, je suis appelée à couvrir le lancement d’une vaste campagne de financement régionale initiée par l’évêque du diocèse de Baie-Comeau, monseigneur Pierre Morissette. C’est à Longue-Rive que l’homme d’Église lance en Haute-Côte-Nord, la campagne sur le thème : Parce que j’y tiens. « Les communautés chrétiennes jouent un rôle irremplaçable dans les milieux. Elles ont un urgent besoin de soutien pour poursuivre leur mission », a dit Mgr Morissette.

Moi-même en accompagnement auprès de ma fille cadette pour le sacrement de la confirmation, je me sens directement concernée par ses propos. Parfois absente des rencontres de soirée en raison d’obligations professionnelles, je suis bénie de l’indulgence de la responsable du comité liturgique de ma paroisse, madame Céline Fortin. Une grande dame, qui ne fait pas qu’enseigner la charité chrétienne, mais en fait une pratique quotidienne.

J’ose donc demander à notre monseigneur si l’implication parentale exigée dans l’éducation de la foi chrétienne et la préparation des sacrements n’aura pas justement l’effet contraire. « La société
évolue, tout va très vite, les deux parents travaillent », me justifiais-je.

Et la réponse est venue, sans appel :« il est fort probable que des parents abandonnent carrément l’éducation religieuse, les célébrations et les sacrements, mais ceux qui désirent que leurs enfants deviennent des disciples de Jésus sauront planifier adéquatement et surtout accompagner leurs enfants dans cette démarche essentielle. »

Presque treize ans plus tard, malheureusement monseigneur, je crois que l’Église n’a pas su s’adapter aux réalités des familles et s’allier de leur support moral et financier. Peut-être n’y avait-il pas assez de madame Fortin dans vos comités de pastorale?

Ce n’est pas important. Il faut aller de l’avant maintenant. Inutile de faire comme les Cowboys fringants et regarder l’Amérique qui pleure dans le rétroviseur.

La vitalité économique de Forestville repose surtout sur les jeunes professionnels. Madame Tremblay l’a si bien dit, ils sont la clé.

Ils sont fonctionnaires pour la plupart. Enseignants, travailleurs et travailleuses de la santé et d’Hydro-Québec. Oui, ils veulent le pick-up de l’année, le ski-doo et le quatre roues. Ils veulent tout avoir maintenant et peut-être que payer la dîme n’est pas leur priorité. Autres temps, autres moeurs. Adaptons-nous comme les générations qui nous ont précédés se sont adaptées.

Mais je crois qu’ils veulent aussi, entretenir et poursuivre les rites religieux avec leurs enfants. Comme leurs parents et leurs grands-parents avant eux. Sont-ils prêts à faire baptiser leurs enfants à Colombier, Portneuf ou Longue-Rive? Je n’en suis pas si sûre…

Sachons les séduire, les sensibiliser à la cause.

Pourquoi pas une campagne Parce que j’y tiens-Prise 2?

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Claude Deschenes
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Claude Deschenes

Oui bien sûr pour la prise deux mais hélas en sachant qu’une troisième est à prévoir. L’Eglise saura traverser cette crise actuelle par son audace à OSER sortir des traditions.
Pour ce faire, ces bâtiments devront au risque de s’éteindre, trouver des voies nouvelles pour rejoindre et enseigner la foi là ou les gens sont et sans doute que seules quelques unes subsisteront.dans le temps. « Détruisez ce temple et je le rebâtirai en trois jours. .. Bon succès.
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