Loin des subventions, point de salut

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Par Shirley Kennedy
Loin des subventions, point de salut
Pour tenter de dénouer l’impasse, Jane Evan Chamber et ses homologues des autres organisations, ont demandé l’aide de la MRC de La Haute-Côte-Nord et d’Emploi-Québec. Courtoisie

Sur recommandation de la Commission des Arts et de la Culture, le conseil des maires de la MRC de La Haute-Côte-Nord songe à mettre en place une façon de financer le fonctionnement des organismes culturels. Une résolution en ce sens a été adoptée le 18 février.

L’essoufflement des bénévoles n’est pas un fait nouveau. Le domaine culturel, exigeant une certaine connaissance et expertise dans l’organisation événementielle, est de plus en plus touché. Résultat: des événements culturels sont annulés faute de financement au fonctionnement et leur pérennité est menacée.

Ce fut le cas l’an dernier pour le comité organisateur du Happening de peinture de Tadoussac, contraint de décommander à quelques semaines du jour J de la 13e édition.Comment se fait-il, qu’un événement d’une telle envergure, réunissant quelque 75 artistes peintres de renommée régionale, nationale et internationale ne puisse assurer sa pérennité ?

« Le problème, répond Marie-France Bélanger, conseillère en développement culturel et touristique à la MRC, c’est que la mise en place de ces événements nécessite une certaine expertise. Donc idéalement, il faudrait un budget de fonctionnement pour payer ces gens-là », explique-t-elle.

Se réunir pour survivre
Le Happening de peinture est un exemple probant de la problématique. Parlez-en à Jane Evan Chamber, présidente de l’événement. Cette dernière et la poignée de bénévoles impliqués pour préparer l’édition 2019, se sont épuisés, quittant le navire l’un après l’autre. Et ce n’est pas faute d’avoir cogné aux portes des gouvernements. « C’est le problème des petits festivals comme les nôtres, dit-elle. Nous pourrions avoir une subvention pour payer le son, la lumière, le transport et dans certains cas l’hébergement, mais il n’existe aucune aide financière pour payer une ressource. »

L’annulation du Happening a imposé une certaine réflexion, confirme Marie-France Bélanger. Ainsi, les organisateurs du Festival de la Chanson, du Happening de peinture, du Festival des oiseaux migrateurs et de La Grande Marée Danse, quatre événements majeurs à l’affiche, ont entrepris des démarches. « Ils essaient de se regrouper pour trouver le financement afin d’embaucher une ressource qui serait responsable de la coordination des quatre éditions. Quelqu’un qui pourrait les aider dans les demandes de subventions, le suivi et les tâches administratives. »

Pour la conseillère en développement culturel, cette avenue pourrait faire une grande différence pour la survie des événements culturels, voire même les organismes à but non lucratif. Le partage d’une ressource ayant une base solide qui deviendrait en quelque sorte la locomotive de tête de plusieurs organisations.

« Ils ont tout avantage à se regrouper, résume madame Bélanger. On parle ici d’événements culturels mais il y a de nombreux organismes qui offrent des services à la population qui vivent la même situation. »

Bien que la Commission des Arts et de la Culture ait reçu l’appui du conseil des maires de la Haute-Côte-Nord dans ce dossier, la décision finale doit venir du ministère de la Culture et des Communications. « Nous, on demande plus d’ouverture pour les subventions. Mais l’argent peut venir d’une autre enveloppe de la MRC aussi. Ils sont en train de regarder. Mais il est évident qu’il faut faire quelque chose. Si on ne leur donne pas du soutien, plusieurs organismes sont en danger et c’est la vitalité du territoire qui est en jeu. »

Rappelons l’appel à l’aide lancé par le comité de l’École de musique de Forestville l’automne dernier, qui menaçait de mettre la clé sous la porte faute de bénévoles. Idem pour le Service aquatique Haute-Côte-Nord qui a dû suspendre ses activités en raison de problèmes de gestion. « Ce n’est pas toujours évident de gérer le budget et les demandes de subvention. Il faut avoir une certaine connaissance et bien qu’ils soient vitaux pour les organismes, certains bénévoles ne veulent pas prendre de risques financiers. Ils veulent s’impliquer mais à la mesure de ce qu’ils sont capables de faire » conclut Marie-France Bélanger.

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