Coupes d’arbres illégales : la source d’eau de Forestville menacée

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Par Johannie Gaudreault - Initiative de journalisme local
Coupes d’arbres illégales : la source d’eau de Forestville menacée
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Le lac Forest, source d’eau naturelle de qualité supérieure à Forestville, a été la victime « d’une tornade de chainsaw » ce printemps et à l’automne dernier. Des coupes d’arbres illégales sur des terrains municipaux, dans un talus à risque d’effondrement, ont été effectuées. Ce sont des « gestes graves et irréfléchis qui ont des conséquences désastreuses », déplore la mairesse Micheline Anctil.

Les deux événements se sont produits dans la zone de protection de la source d’eau potable. D’ailleurs, après l’abattage des arbres l’an dernier, « deux épisodes de glissement de sable ont eu lieu dans notre source, ce qui a amené des problèmes pour la consommation de l’eau comme faire bouillir l’eau, l’eau qui était brouillée, d’une apparence qui n’est pas la sienne », indique Mme Anctil mentionnant par le fait même que l’eau potable est d’une importance capitale pour tous les citoyens.

La première coupe de bois a été réalisée dans une zone 30 mètres par 30 mètres où tous les arbres matures ont été abattus dans une pente susceptible de glissement. « Si le talus décroche, nous n’aurons plus accès à nos installations pour un nombre de temps que nous ne connaissons pas », exprime le directeur général Richard Duguay.

En ce qui concerne la coupe de ce printemps, elle se situe complètement en haut de la prise d’eau. « C’est encore plus préoccupant puisque si ça décroche, ça s’en va directement dans la source. Ça pourrait impacter notre approvisionnement en eau pour une longue période », précise M. Duguay.

« Les arbres et leurs racines retiennent le sol et empêchent les glissements. Le sol de Forestville est principalement constitué de sable, dont la stabilité en pente est problématique », poursuit-il.

Vue sur le lac

Ce n’était pas pour se faire du bois de chauffage que les vandales ont posé leur geste, mais bien pour « se faire une vue sur le lac ou sur le fleuve », supposent Micheline Anctil et Richard Duguay.
« Une intention personnelle qui a des conséquences collectives pour la santé physique et financière des Forestvillois », estime la mairesse de Forestville précisant que le bois a été laissé sur place.

En date du 15 juin, les coupes d’arbres illégales demanderont un investissement d’au moins 30 000 $ à la Ville de Forestville afin de reboiser les zones avec 80 à 100 arbres matures.

Si le reboisement n’est pas effectué ou si d’autres glissements de terrain affectent la source d’eau, la Ville devra débourser des millions de dollars pour une usine de filtration de l’eau potable. « On n’a pas le choix, il faut protéger notre source d’eau avant que les ministères nous obligent à construire une usine, qui elle coûtera entre 5 à 7 millions de dollars », prévient Micheline Anctil.

Enquête

La municipalité de 2 929 habitants a fait appel à tous les ministères concernés ainsi qu’à la Sûreté du Québec afin de retrouver le ou les coupables.  Elle demande la collaboration des résidents demeurant près des lieux vandalisés pour obtenir le plus d’informations possible. « C’est votre devoir de citoyen », lance Mme Anctil.

« L’enquête est toujours en cours et nous ne voulons pas que les coupables demeurent impunis, déclare la mairesse. Les conséquences sont trop graves. »

La mairesse de Forestville Micheline Anctil et le directeur général Richard Duguay sont clairs : le ou les responsables ne resteront pas impunis.
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