Le béluga de l’Anse à Boucher est mort de faim

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Par Shirley Kennedy
Le béluga de l’Anse à Boucher est mort de faim
Le béluga a été retrouvé à l'Anse à Boucher des Escoumins. (Photo : Courtoisie)

Le béluga découvert le 8 juillet aux Escoumins serait mort de faim. C’est du moins ce qui émane du rapport préliminaire de la nécropsie effectuée à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

Selon l’examen de la carcasse, les vétérinaires croient que « l’émaciation était telle, qu’il est raisonnable de penser que cet animal est essentiellement mort de faim », précise par courriel Marie-Eve Muller, responsable des communications au GREMM.
La présence de nombreux ulcères dans l’œsophage ont pu nuire à la capacité de la baleine à s’alimenter. « Ses dents étaient très usées et elle avait une maladie parodontale (comme une inflammation de la gencive) modérée, qui aurait également pu lui nuire lors de la capture de ses proies », précise Mme Muller.

Aussi, la femelle adulte souffrait d’une pneumonie parasitaire qui aurait pu ajouter aux difficultés d’alimentation. « L’analyse des tissus, ce qu’on appelle un examen histologique, permettra peut-être d’ajouter d’autres informations sur ce qui affligeait ce béluga », rapporte la porte-parole du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins.

La thèse d’une collision ou d’un empêtrement est écartée selon les données divulguées par la nécropsie. Bien que certains capitaines s’étaient inquiétés des marques sur la carcasse, Mme Muller soutient qu’elles seraient plutôt liées aux frottements sur les rochers lors de l’échouage, ainsi qu’aux morsures d’oiseaux marins s’en nourrissant.

Pour le moment, les photos n’ont pas permis de reconnaître l’individu dans le catalogue de photo-identification des bélugas tenu par le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins. « La génétique pourrait amener une identification, précise Mme Muller. La lecture des courbes de croissance sur les dents par une technicienne de l’Institut Maurice-Lamontagne permettra éventuellement de connaître l’âge de l’individu. »

Cette analyse préliminaire assez étoffée est intimement liée à la fraîcheur de la carcasse. Marie-Eve Muller invite la population à contacter le 1 877 722-5346 si une carcasse est aperçue en mer ou sur la rive. Cette ligne d’urgence permet d’agir rapidement.
Depuis le 1er janvier 2020, 10 carcasses de béluga ont été trouvées dans le Saint-Laurent.

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