Balise satellite recherchée aux Escoumins

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Par Johannie Gaudreault - Initiative de journalisme local
Balise satellite recherchée aux Escoumins
Le chercheur Dominique Robert installe une balise satellite sur le dos d’un flétan dans le cadre de son étude sur cette espèce de poisson du golfe du Saint-Laurent. Courtoisie

Une balise satellite ayant été fixée sur un flétan d’Atlantique dans le cadre d’une étude, s’est détachée hâtivement et est maintenant recherchée par le professeur et chercheur Dominique Robert, à la tête de cette grande recherche sur cette espèce méconnue du golfe du Saint-Laurent.

« Le flétan est connu de nom, c’est une espèce mythique qui vaut très cher, mais on ne le connaît pas bien », dévoile M. Robert qui est entouré d’une équipe de chercheurs interprovinciale.

Par cette étude, l’enseignant en Sciences de la mer à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) souhaite recueillir des données précises sur les déplacements du flétan, son cycle annuel, son abondance, la dérive de ses œufs, les endroits où les juvéniles grandissent et bien plus encore.

C’est pourquoi la balise perdue est très importante pour la suite du programme de recherche.

« Ça aiderait énormément de la retrouver puisque c’était la seule déployer dans le secteur. Les autres se situent à Sept-Îles, Natashquan/Kegaska, Rimouski et dans les provinces maritimes comme Terre-Neuve et l’Île-du-Prince-Édouard », affirme Dominique Robert.

Au moment où elle se détache du poisson, la balise ou l’étiquette transmet un sommaire partiel des données recueillies pendant l’année sur une période de dix jours via le réseau satellite, correspondant à environ 1 % des informations amassées.

« Ce n’est pas suffisant pour faire une analyse approfondie », soutient le chercheur.

Quant à savoir pourquoi elle s’est dissociée prématurément du flétan, M. Robert explique que « l’étiquette peut parfois agir comme un leurre auprès des autres poissons puisqu’elle fixée sur le dos ».

Sans accident, elle aurait dû se détacher au début septembre, soit un mois plus tard.
« On peut présumer de l’endroit où la balise sera retrouvée puisque le flétan est une espèce casanière, selon nos premiers constats. Il revient aux mêmes aires d’alimentation lors de la période estivale », poursuit le professeur.

Une alerte est également envoyée par satellite lors du détachement.

Énigme
Effective depuis 2013, le programme de recherche a débuté à Terre-Neuve et s’est élargi à tout le fleuve Saint-Laurent il y a quatre ans, un projet de 600 000 $.

À présent, encore une énigme est à résoudre, soit le lieu où vivent les flétans juvéniles de la naissance à deux ans.
Selon le scientifique, « les espaces nourriciers du flétan seraient situés près des côtes où il n’y a ni pêche commerciale ni relevé de recherche au chalut de fond », expliquant ainsi pourquoi on ne les retrouve pas dans les relevés effectués par les chaluts.

Pour valider cette thèse, une équipe de physiciens a entrepris de modéliser la dérive des œufs et des larves d’après les données satellitaires sur la ponte recueillies par l’équipe de Dominique Robert.

« La modélisation pourrait déterminer quelles zones côtières les plus propices à abriter les tout jeunes flétans », déclare M. Robert.

Recherches complémentaires

L’étude sur le marquage des flétans en est à sa dernière année. L’évaluation des données sera réalisée par Pêche et Océan Canada à l’hiver 2021.

Un autre type d’analyse, soit la chimie de l’otolite des poissons, poussera les recherches plus loin. La composition chimique de cette concrétion calcaire de l’oreille interne, présente chez tous les vertébrés, peut être corrélée avec la composition chimique de l’eau de mer.

« Ces données devraient permettre de repérer les grands changements de localisation du flétan comme les lieux de naissance, les lieux de reproduction ou d’alimentation », précise Dominique Robert.

 

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