La Côte-Nord continue de se vider

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Par Charlotte Paquet
La Côte-Nord continue de se vider
(Photo : Capture d'écran ISQ)

La Côte-Nord est la seule région du Québec à avoir vu sa population diminuer entre le 1er juillet 2019 et le 1er juillet 2020, mais le recul continue de s’amenuiser.

L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) vient de rendre public son plus bilan démographique 2020. Il confirme la situation particulière de la Côte-Nord qui, en un an, a vu sa population passer de 90 699 à 90 529 habitants.

Même si la région perd encore des résidents contrairement aux autres régions du Québec, ce recul de 1,9 pour 1000 habitants représente néanmoins une amélioration par rapport aux dernières années. De 2016 à 2017, la population de la Côte-Nord avait décru de 9,6 pour 1000 habitants en passant de 92 713 à 91 824.

L’ISQ précise aussi que la Côte-Nord est « l’une des rares régions où le bilan démographique s’est détérioré en regard de la période 2011-2016. »

Ça passe par l’emploi

Préfet de la MRC de la Manicouagan, Marcel Furlong ne se dit pas surpris par les nouvelles données. Selon lui, tant qu’il n’y aura pas de création d’emplois marquée, la situation démographique sera difficile.

« On est attaqués de toutes parts sur la Côte-Nord », lance-t-il en faisant notamment référence au principe du navettage, plus connu comme le fly in/fly out, mis en place dans l’industrie minière du nord de la région. Les travailleurs viennent pour une période de temps donnée et repartent ensuite chez eux. « Ce sont des gens qui ne deviendront jamais des Nord-Côtiers. »

Pour renverser la vapeur, Marcel Furlong affirme que le milieu travaille sur deux fronts : les projets créateurs d’emplois et l’attraction-rétention de la main-d’œuvre. « Il y a une pénurie de main-d’œuvre partout dans certains secteurs d’activités. Il y a des postes à combler à la Ville de Baie-Comeau, au CISSS et à la MRC », donne-t-il en exemple, en rappelant la difficulté de recruter du personnel qualifié dans des secteurs particuliers.

Le préfet martèle que les gens doivent réaliser que c’est plaisant de vivre sur la Côte-Nord avec les activités de plein air qui sont à portée de main. « Il faut que les gens réalisent que venir vivre sur la Côte-Nord, ce n’est pas une punition », conclut-il.

En détail

Outre les données sur la baisse démographique, le dernier bilan de l’ISQ renferme plusieurs autres informations intéressantes.
Entre autres choses, il nous apprend que la Côte-Nord se compare au reste de la province pour sa proportion de jeunes de moins de 20 ans et de personnes de 65 ans et plus. Par contre, les 45-64 ans sont plus nombreux chez nous, tandis que les 20-44 ans le sont moins. L’âge médian des Nord-Côtiers est de 45,5 ans, soit trois ans de plus qu’au Québec.

Parmi les autres faits marquants, la fécondité de la Côte-Nord est parmi les plus élevées du Québec avec un indice synthétique de 1,86 enfant par femme en 2019, comparativement à 1,58 au Québec.

Sans trop de surprise, le solde migratoire avec les autres régions du Québec est négatif. « En 2018-2019, les pertes migratoires interrégionales sont de – 619 personnes. Ce déficit est moins important qu’au cours des cinq années précédentes alors qu’il était d’environ – 1 000 personnes en moyenne », écrit l’ISQ. Toutefois, la Côte-Nord reste depuis huit ans la région qui connaît les pertes migratoires les plus importantes après Montréal, peut-on aussi constater dans ce bilan.

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