Expropriations aux Bergeronnes : l’aide aux sinistrés se fait toujours attendre

Par Johannie Gaudreault 2:00 PM - 10 mars 2021
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Voici la vue que pouvait admirer chaque jour Valérie Lessard dans sa résidence aux Bergeronnes. Photo : Courtoisie

Quand le ministère de la Sécurité publique a rencontré les propriétaires des quatre résidences touchées par les risques de glissements de terrain aux Bergeronnes, il leur a promis de l’aide afin qu’ils quittent leur domicile d’ici le 25 mars. Selon Valérie Lessard, une des sinistrées, « cette aide se fait toujours attendre ».

Tout d’abord, il n’est aucunement possible pour les Bergeronnais de demeurer dans leur résidence et il est primordial pour eux de se relocaliser temporairement. « C’est ce que nous avons fait. Nous nous sommes trouvé un logement, ce qui n’est pas chose facile aux Bergeronnes, surtout que je suis enceinte de 32 semaines », déclare Mme Lessard au Journal Haute-Côte-Nord.

Par la suite, la première étape est d’analyser les frais pour un éventuel déménagement de la maison. « On doit demander deux soumissions à des entrepreneurs et obtenir différents permis comme un d’Hydro-Québec pour lever les fils électriques lors du déplacement de la maison. Même chose avec Vidéotron et Bell Mobilité. Il faut aussi demander une escorte à la Sûreté du Québec et un permis pour circuler sur la route avec la maison au ministère des Transports », explique Valérie Lessard.

Si les coûts dépassent les 205 000 $, la propriétaire et son conjoint se rendront à la deuxième option, soit la démolition de la maison. Ils devront alors se relocaliser de façon permanente et défrayer les coûts pour démolir leur résidence. « Leur terrain sera vendu pour 1 $ à la Municipalité qui devra s’assurer de le sécuriser et d’y interdire l’accès », explique Véronique Lapointe, directrice générale à la Municipalité des Bergeronnes.

Et tout ça, sans que leur vie n’arrête de tourner. « J’ai mon entreprise à m’occuper, je dois faire mes boîtes pour déménager, la vie n’arrête pas parce que l’on doit s’occuper de notre évacuation, s’exclame la jeune femme accablée. Mais les délais restent les mêmes et on ne sent pas de compréhension du conseiller en rétablissement financier qui nous a été attitré. »

Les contribuables sont appuyés du Programme général d’aide financière lors de sinistres réels ou imminents chapeauté par le ministère de la Sécurité publique. « On nous avait promis de l’aide, mais on sent plutôt de la pression pour qu’on signe le contrat qui lègue notre terrain », soutient Mme Lessard.

Quand elle exprime ses inquiétudes et son dépassement de la situation, on lui remet en face les exigences auxquelles elle doit se conformer « le plus rapidement possible ». « C’est inhumain de nous faire vivre ça. Les délais demandés pour fournir les soumissions et les permis et pour se trouver un terrain étaient d’un mois, selon notre analyse. Et il faut déménager en 44 jours. C’est vraiment difficile », commente la Bergeronnaise.

Pour Véronique Lapointe, ce sont des démarches « terriblement pénibles » qui sont demandées aux propriétaires touchés. « Ce n’est pas comme lors d’un incendie ou d’une inondation qui font en sorte que la maison est une perte totale. Le sinistre n’est pas encore survenu et on ne sait pas exactement quand il surviendra. C’est beaucoup plus difficile. »

Sursis

De son côté, le conseil municipal des Bergeronnes a fait des pieds et des mains pour étirer les délais de l’évacuation des citoyens affectés par la situation. « Malgré de nombreuses démarches auprès des ministères, rien n’y fait. Je ne comprends toujours pas pourquoi ce n’est pas dangereux pour la route 138, mais pour nos citoyens oui. On a fait tout notre possible, mais la date butoir du 25 mars est encore d’actualité », indique la directrice générale.

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