Manque de personnel : le Regroupement des CPE de la Côte-Nord sonne l’alarme

Par Steeve Paradis 9:01 AM - 09 juin 2021
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Afin de prendre soin le mieux possible des petits, le Regroupement des CPE de la Côte-Nord a adressé plusieurs demandes à Québec afin d’éviter des bris de service. Photo archives

Rien ne va plus en matière de personnel au sein du Regroupement des centres de la petite enfance de la Côte-Nord (RCPECN). Les éducatrices sont épuisées et les bris de service sont imminents, assure l’organisme.

« On appréhende vraiment l’été. En ce moment, les gestionnaires sont à court d’idées et nos équipes de travail sont épuisées », lance la directrice générale du RCPECN, Odette Lavigne.

Selon cette dernière, la pénurie de main-d’œuvre est si criante dans le réseau des CPE qu’à certains endroits, on invite les parents qui le peuvent à garder leur enfant à leur domicile durant certaines périodes spécifiques. « Ce n’est tout de même pas normal de demander à des parents de garder les enfants à la maison », ajoute Mme Lavigne.

Les éducatrices prennent tellement leur travail à cœur que pour éviter le bris de service, elles sont nombreuses à avoir modifié leur horaire ou même annulé leurs vacances, a soutenu la directrice générale.

Le Regroupement des CPE exige donc de Québec des actions immédiates et significatives afin notamment de rehausser les salaires. « Le salaire de base d’une éducatrice commence à 16,75 $ l’heure et j’ai récemment vu une offre d’emploi pour un moniteur de camp de jour à près de 19 $ l’heure », a déclaré Odette Lavigne, ajoutant au passage que « même les finissantes, dans certains cas, pensent à trouver un autre emploi ».

Ce manque de travailleuses doit aussi être mis en lien avec la volonté du regroupement de développer le réseau, avec les listes d’attente qui n’en finissent plus de s’allonger. « On souhaite créer de nouveaux CPE, mais ça va prendre du monde pour ça », confie Mme Lavigne en demandant au ministre de la Famille « une offensive de recrutement importante ».

Cette offensive n’est pas seulement nécessaire pour le développement du réseau, mais aussi pour son maintien dans son état actuel. « D’ici 2023, on pense devoir embaucher 150 éducatrices, majoritairement pour des départs à la retraite et des congés de maternité », indique la directrice générale, avouant au passage recevoir très peu de candidatures.

Outre l’offensive de recrutement et la hausse des salaires, le RCPECN réclame aussi une campagne de valorisation de la profession et un budget spécial afin d’embaucher des employés pour faire du remplacement, avec une banque d’heures garanties.

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