Assurance-emploi : « On fonce vers un désastre à l’automne » – Line Sirois

Par Johannie Gaudreault 10:00 AM - 06 juillet 2021
Temps de lecture :

Photo : Courtoisie

Si les mesures temporaires mises en place par le gouvernement fédéral pour l’assurance-emploi prennent fin à l’automne, comme prévu, la coordonnatrice d’Action Chômage Côte-Nord, Line Sirois, est convaincue qu’on « fonce vers un désastre ».

« On va passer de 420 heures pour être admissible à l’assurance-emploi et l’obtention de 50 semaines de prestation à 420 heures et 14 semaines de prestation. Il y a une méchante marche, une méchante débarque », commente-t-elle d’entrée de jeu.

Effectivement, dès l’automne, il a été voté à la Chambre des communes que le nombre d’heures d’admissibilité demeure le même, mais que les semaines de prestation soient accordées selon le taux de chômage de chaque région.

« Selon le taux de chômage que nous avons présentement, si quelqu’un demande l’assurance-emploi et qu’il n’y a pas les mesures temporaires du gouvernement, il aurait droit à 14 semaines de prestation, en date d’aujourd’hui », confirme la coordonnatrice d’Action Chômage Côte-Nord.

À 14 semaines, les chômeurs ne peuvent « faire le tour » et devront vivre un Trou noir, tel que mentionné par Guillaume Tremblay.

« À 14 semaines, c’est affreux. Les gens, ça fait deux ans qu’ils ne sont pas dans le Trou noir à cause de la COVID. Il y a une méchante débarque qui s’en vient », prévient Line Sirois.

D’ailleurs, selon elle, le taux de chômage est faussé en Haute-Côte-Nord et partout ailleurs.

« Notre population est vieillissante, ce n’est pas le taux de chômage qu’on nous dit que ça va bien. S’il y a moins de monde qui recherche des emplois, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’emploi, mais c’est le manque de main-d’œuvre. La main-d’œuvre est vieillissante sur la Côte-Nord. Ça détruit tous les chiffres. »

Dès septembre, les cinq semaines supplémentaires pour les travailleurs de l’industrie saisonnière seront toujours en place, mais elles ne sont pas accessibles à tous.

« Si tu n’as pas travaillé quatre ans dans l’industrie, tu n’es pas reconnu comme un travailleur de l’industrie saisonnière, précise Mme Sirois. Donc, deux employés de la même entreprise, un pourrait recevoir 14 semaines de prestation et l’autre 19. Des critères encore pour exclure les gens, pour les encourager à faire un autre métier. »

Partager cet article