Le marché de la Bioferme du Nord prend forme

Par Johannie Gaudreault 12:00 PM - 08 septembre 2021
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Karine Masseau a fait l’ajout d’une section produits du terroir à son marché de proximité situé dans les anciens locaux de Coquillages Nordiques sur la route Maritime à Forestville.

Karine Masseau et David Hamel, deux agriculteurs forestvillois passionnés et copropriétaires de la Bioferme du Nord, diversifient leur offre de service en ouvrant un marché de proximité, dans les anciens locaux de Coquillages Nordiques sur la route Maritime, qui leur appartiennent depuis près d’un mois.

Infirmière auxiliaire de formation, Karine Masseau a quitté son travail en décembre au CHSLD de Forestville pour se consacrer pleinement à sa passion, la culture de fruits et légumes. Pour elle, c’est une façon de contribuer à l’offre alimentaire sur la Côte-Nord.

« Ici, nous sommes dans un désert alimentaire. Les produits qui arrivent sur nos tablettes en épicerie doivent faire plusieurs heures de route. Les producteurs agricoles sont trop peu nombreux et c’est important de les encourager », affirme l’agricultrice, qui n’a pas pu résister aux charmes de la région en 2010.

C’est pourquoi en plus de ses fruits et légumes certifiés biologiques, le couple a décidé d’accorder de l’espace aux produits du terroir et d’aménager une section pour les produits en vrac.

On y retrouve jusqu’à présent le miel de Sacré-Cœur, la confiture de camerises de la Ferme Manicouagan, les engrais Bionik, et la viande bio de Charlevoix, entre autres.

Le marché est une plus-value au service de distribution de paniers de légumes. Au départ, les producteurs fournissaient des légumes à environ 10 familles, mais aujourd’hui c’est une cinquantaine qui en profitent.

Chaque semaine ou de façon moins régulière, les clients reçoivent un magnifique panier rempli de produits biologiques.

« Vu que j’ai arrêté de travailler comme infirmière, je peux consacrer plus d’heures à l’agriculture et ainsi, desservir plus de familles. Avec le marché, les personnes qui ne veulent pas de paniers peuvent choisir ce qu’ils désirent quotidiennement », soutient Mme Masseau, qui assure la vente au marché en plus de la récolte et la distribution des produits.

Au total, trois employés et une bénévole étaient à l’œuvre pour la Bioferme du Nord au début de la saison.

Maintenant, Karine Masseau peut compter sur son conjoint à temps complet ainsi que sur un autre employé.

« Nos deux enfants nous aident également avec les récoltes, la plantation et le compost », ajoute la productrice, fière de transmettre cette passion à Anaïs, 7 ans, et Loïc, 4 ans.

À moyen terme

Toujours la tête pleine d’idées, le couple d’entrepreneurs souhaite poursuivre le développement de leur entreprise commune. À moyen et long terme, Karine Masseau envisage l’aménagement d’une salle de réunion au deuxième étage de leurs nouveaux locaux ainsi que la transformation de ses produits imparfaits ou invendus.

Sa formation dans le domaine de la santé n’est jamais bien loin.

« Je pense aux chasseurs, par exemple, qui veulent être en forme pour ramener un beau trophée de chasse, dit-elle. Ils pourraient partir avec des pots de nos produits, qui sont santé, biologiques et qui permettent de conserver une acuité intellectuelle et une bonne forme physique. »

Une saison productive

L’année 2021 s’avère très prometteuse pour la Bioferme du Nord à Forestville. Quelque 200 à 300 livres de tomates sont produites chaque semaine, sans compter tous les autres fruits et légumes en production dans les serres et les champs.

Le couple d’agriculteurs possède près d’un hectare en légumes de champs variés, trois hectares en petits fruits et un verger d’un hectare. La grande serre de 32 pieds par 90 pieds permet la culture des tomates et des poivrons. Quant à la petite, elle sera elle aussi automatisée prochainement.

Certifiés Québec-Vrai depuis août 2018, soignés aux petits oignons avec les engrais et compost Bionik, entreprise dont David est actionnaire majoritaire, les produits cultivés à Forestville s’apparentent à la biodiversité intensive, qui consiste à « cultiver plus de légumes possibles sur la plus petite surface possible ».

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