La pénurie d’arbitres n’affecte pas la Haute-Côte-Nord

Par Johannie Gaudreault 1:30 PM - 09 novembre 2021
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Le responsable des arbitres de la Haute-Côte-Nord, Michel Canuel (à droite) et l’officiel Jean-Yves Michaud font partie des 14 officiels œuvrant lors des matchs de hockey mineur sur le territoire. Photo : Courtoisie

Plusieurs régions du Québec sont aux prises avec une pénurie d’arbitres causant une pluie d’annulations de parties de hockey mineur comme à Sept-Îles et Baie-Comeau. Cette problématique ne se fait pas sentir en Haute-Côte-Nord, pour le moment.

Selon Michel Canuel, un des responsables des arbitres de la Haute-Côte-Nord, un total de 14 officiels, dont trois nouveaux, sont en poste cette saison pour arbitrer les matchs de hockey mineur prévus à Sacré-Cœur, aux Escoumins et à Forestville.

« Nous ne vivons pas les mêmes problématiques qu’ailleurs, mais on travaille fort pour ne pas que ça arrive », souligne M. Canuel. Deux responsables sont attitrés pour le territoire, soit Michel Canuel et Jean-Sébastien Cloutier.

« On doit motiver les troupes en tout temps et les relancer sans arrêt pour réussir à combler la demande en arbitrage », confie le responsable interviewé.

Toutefois, il demeure difficile de trouver de la relève. « On a une bonne réponse des anciens, mais en ce qui concerne la relève, c’est moins facile. On ne peut pas se plaindre, on a quand même trois nouveaux cette saison, dont deux de moins de 18 ans », mentionne Michel Canuel, précisant que les arbitres de la Haute-Côte-Nord sont appelés à aider à Baie-Comeau.

Les arbitres peuvent commencer dès 13 ans s’ils ont déjà la capacité de patiner. Avant leur premier arbitrage, ils doivent suivre une formation en ligne et réussir une pratique sur la glace. Quant aux expérimentés, seulement une requalification est nécessaire via Internet.

Notons qu’il faut au moins deux officiels sur la glace pour officialiser une partie de hockey mineur, à l’exception des niveaux prénovice et novice. À partir de la catégorie pee-wee, les arbitres doivent être au nombre de trois pour satisfaire les exigences de Hockey Québec.

Bâtons dans les roues

Certains aspects du métier peuvent faire peur aux arbitres potentiels, notamment les critiques des spectateurs dans les estrades. Mais, ce qui fait le plus de dommage, de l’avis de M. Canuel, ce sont les mesures consistant à considérer les arbitres comme des travailleurs autonomes et à les forcer à produire des formulaires T4A d’impôts.

« Pour certains, c’est un frein et d’autres ont décidé de ne plus faire d’arbitrage pour cette raison. La majorité des arbitres sont des travailleurs à temps plein. Au final, si un arbitre a gagné 1 000 $ ou 2 000 $ dans l’année, ça peut faire en sorte qu’il paie plus d’impôts, alors ça ne vaut plus la peine pour lui », explique le responsable des arbitres.

Quant au salaire, il s’est nettement amélioré au cours des dernières années. Les arbitres de la Haute-Côte-Nord empochaient une somme de 10 $ par partie il y a quelques années tandis que maintenant, la rémunération s’élève à 25,50 $. « C’est beaucoup plus intéressant et attirant pour le recrutement », dévoile Michel Canuel.

Main-d’œuvre précieuse

Pour le président de l’Association de hockey mineur de la Haute-Côte-Nord, Yannick Barthell, la situation des arbitres se porte bien sur le territoire, mais la déclaration de leur salaire n’est pas aidant. « Ça devient moins intéressant pour les travailleurs », commente-t-il.

Toutefois, il estime que l’augmentation de la rémunération des arbitres en Haute-Côte-Nord facilite la rétention et le recrutement.

« On est dépendant d’eux autres (arbitres), divulgue M. Barthell. On voit que dans plusieurs villes, ils ont dû annuler des parties. On ne veut pas que ça arrive ici. »

Même si la Haute-Côte-Nord peut se compter parmi les chanceuses, il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers, selon le président.

« Ça reste que c’est difficile d’aller chercher de la relève et c’est long avant qu’un arbitre ait suffisamment d’expérience pour prendre en charge des niveaux plus élevés », précise-t-il. Les arbitres demeurent donc une main-d’œuvre précieuse.

« S’il y a des personnes intéressées, on est toujours à la recherche d’arbitres. Les formations ne sont pas encore données, alors c’est encore le temps de donner son nom. On ne refuse personne », de conclure Yannick Barthell.

Pour soumettre leur intérêt, les candidats doivent s’adresser à Michel Canuel.

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