Conte de Noël écrit par Marika Jean : Le renne à trois pattes

12:00 PM - 24 décembre 2021
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Bougon n’était pas un renne comme les autres puisqu’il lui manquait une patte. Illustrations : Albert, Alice et Jeanne Thériault

Il était une fois, un renne nommé Bougon. Il vivait au Pôle Nord. Bougon n’était pas un renne comme les autres puisqu’il lui manquait une patte. Il était né avec cette malformation et il avait toujours été un peu jaloux de voir les autres rennes s’amuser et courir partout, alors qu’il ne pouvait pas.

Écrit par Marika Jean et illustrations d’Albert, Alice et Jeanne Thériault

Avec les années, cela l’avait rendu un peu antisociable et il n’avait plus beaucoup d’amis. Il portait bien son nom en l’honneur de son attitude frustrée.

Bougon ne faisait pas partie des huit rennes qui tiraient le traîneau du père Noël. Il n’avait pas eu la chance d’être sélectionné, contrairement à son meilleur ami d’enfance, Rudolph.

Lorsqu’ils étaient petits, Bougon et Rudolph étaient inséparables. Ils faisaient tout ensemble. Rudolph était très compréhensif envers Bougon et il s’en préoccupait toujours. Mais quand Rudolph a été intégré parmi les rennes d’honneur du père Noël, tout avait changé.

Rudolph s’était mis à être distant avec Bougon. Il s’était fait de nouveaux amis et il avait honte de s’être tenu avec un renne ayant une apparence si bizarre. Alors, il l’avait laissé tomber. Ce fût très difficile pour Bougon. Sous ses airs de renne frustré et antisociable, il était devenu triste, bougon et jaloux.

En effet, il avait développé une jalousie très intense envers Rudolph qui avait tout pour lui. Il était le renne en chef du Royaume des Glaces et il était le plus populaire juste à cause de son stupide nez rouge.

Heureusement, Bougon s’était lié d’amitié avec Zélie, une charmante petite lutine, qui était la seule personne qui acceptait de passer du temps avec lui. Elle venait le voir tous les jours, elle allait se balader dans les bois avec lui, elle le faisait rire.

Bougon s’était lié d’amitié avec Zélie, une charmante petite lutine, qui était la seule personne qui acceptait de passer du temps avec lui.

Elle était le petit rayon de soleil de Bougon qui se sentait écouté et compris en sa présence. Toutefois, son amitié avec la lutine ne l’a pas empêché d’imaginer un plan de vengeance envers Rudolph.

Bougon s’était mis à imaginer toutes sortes d’histoires sur tout le monde. Il se sentait si triste et seul qu’il pensait que tout le monde se moquait de lui, alors que la plupart en avait pitié.

Un jour, le renne frustré avait décidé de se fabriquer une patte artificielle, avec l’aide de Zélie, dans le but de se venger de Rudolph. Bien entendu, la lutine n’était pas au courant des plans diaboliques du renne.

Après plusieurs jours de travail, la nouvelle jambe de Bougon fût enfin prête. Même s’il ne pouvait pas courir, elle lui permettait de marcher comme les autres rennes et il en était si heureux! Cette nouvelle mobilité lui offrait une étrange sensation de liberté qui lui donna une idée.

Bougon avait décidé de voler de la poudre magique à Rudolph. Il voulait que son nez devienne rouge lui aussi et que les gens l’aiment. Mais ce ne serait pas une tâche facile étant donné qu’il y avait quelques ombres au tableau.

Premièrement, Bougon ne savait pas où se situait la poudre magique. Deuxièmement, il avait entendu dire que ça pouvait être très dangereux pour ceux qui ne s’en servaient pas de la bonne façon. Et troisièmement, il savait que s’il commettait un crime pareil, il serait détesté de tout le monde et pour vrai cette fois.

Il pensa à Zélie et il réalisa que son geste aurait beaucoup d’impact sur sa relation avec elle. Peut-être qu’elle aussi aurait honte d’avoir été amie avec un renne bougon, handicapé et voleur. Il ne voulait surtout pas la perdre, elle était sa seule amie.

Tout à coup, Bougon se demandait si ça en valait la peine. Il avait souffert énormément après le départ de Rudolph, mais il était tout de même heureux avec Zélie.

Bougon pris donc une grande décision : il ne se vengerait pas et il n’utiliserait plus sa patte artificielle. Même si les gens se moquaient de lui, il ne serait plus gêné de sa différence, il en serait fier. Il avait compris que cette différence le rendait unique et que ce n’était pas un défaut.

Rudolph, avec son nez rouge, était un renne reconnu pour sa différence. Il apprendrait donc lui aussi à aimer et valoriser la sienne. Avec Zélie, il affronterait maintenant les défis quotidiens et ce, la tête haute.

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