Le compostage dans la mire de la MRC de la Haute-Côte-Nord

Par Renaud Cyr 10:00 AM - 06 septembre 2022
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Le centre de transfert des Bergeronnes sera agrandi pour accueillir les installations de traitement de matières compostables. Photo : courtoisie

Le Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) arrive bientôt à échéance à la MRC de La Haute-Côte-Nord. Le compostage sera en vedette dans la prochaine planification 2023-2030.

L’objectif principal du prochain PGMR sera l’implantation d’un système de compostage. La construction d’une infrastructure dédiée au traitement et à la redistribution du compost est pour l’instant sur la table.

« Deux millions de dollars seraient nécessaires pour construire la plateforme de compostage à l’écocentre des Bergeronnes », explique Marie-Michèle Couture, directrice du service technique et environnement à la MRC. Par contre, l’acheminement du même compost vers la plateforme de traitement la plus proche à Ragueneau serait aussi dispendieux sur le long terme.

Cette dernière est confiante que la quote-part du citoyen n’augmentera pas à la suite de la mise en place des mesures liées au compost. «Il doit y avoir une certaine souplesse. On estime à 13 collectes qui seront ajoutées par année, mais les camions de collecte seront en opération toute la journée à la place de 12 heures », explique-t-elle.

Des consultations publiques seront lancées dans toutes les municipalités du territoire à partir du 11 octobre jusqu’au 1er novembre.

La MRC de la Haute-Côte-Nord procédera à coup de deux ou trois municipalités par semaine pour prendre le pouls de la population sur les politiques liées à la gestion des déchets.

« Toute la documentation est sur notre site Web et on veut entendre ce que pensent les citoyens», déclare madame Couture à propos des consultations qui se tiendront juste après la période de chasse.
«Nous avons aussi un conteneur spécial pour les carcasses d’orignaux, c’est un des services que l’on offre aussi », déclare-t-elle avec une pointe d’humour.

Une centaine de mesures

De 2016 à 2020, la MRC a structuré son approche vis-à-vis la gestion des matières résiduelles par le biais de près d’une centaine de mesures. S’inspirant des orientations et objectifs nationaux, des règles s’adressant autant aux grandes entreprises qu’aux individus ont été réalisées.

« L’objectif d’un PGMR est de dresser un portrait de la population et de ses habitudes, des enjeux locaux en gestion des matières résiduelles, et d’établir un plan d’action précis avec des dates pour atteindre les objectifs qui sont fixés par le gouvernement », ajoute Marie-Michèle Couture.

« Pour une des plus petites MRC du Québec, on a très bien performé. Avec nos moyens réduits, on a rempli la majorité des actions qui avaient été prévues pendant le PGMR de 2018 », déclare-t-elle fièrement.

Certaines mesures n’ont pu être appliquées en raison d’un manque de personnel à la MRC, d’absence de fonds ou de non application en regard des réalités de la région. Plusieurs actions seront donc remises au prochain projet de PGMR, couvrant la période de 2023 à 2030.

Hausse des coûts, hausse des quotes-parts?

La gestion des matières résiduelles occupe une place prépondérante dans le budget de la MRC. C’est en centaines de milliers de dollars que se compte le coût des opérations, destinées à acheminer aux bons endroits les déchets, les matières recyclables et les produits des écocentres.

La hausse du prix de l’essence, doublée d’un problème de rareté de main-d’œuvre, risque d’élever les cotisations des citoyens. En effet, les centaines de kilomètres que les camions de collecte doivent parcourir coûtent maintenant près du double de ce qu’ils coûtaient à pareille date l’an dernier.

Cependant, certains de ces coûts pourraient être réduits. Interrogée sur la manière de procéder, Mme Couture répond simplement « en augmentant le recyclage ». Les quotes-parts des citoyens qui se retrouvent sur leur compte de taxes sont sujets à changement dépendant du tonnage de déchets à enfouir.

« Chaque année les citoyens de la MRC envoient aux déchets l’équivalent de 225 000 $ de recyclage. Ce sont des coûts directs que l’on ne devrait pas avoir », explique Marie-Michèle Couture.

« Jusqu’à maintenant on a été capables de juguler la hausse des coûts avec le centre de transfert des Bergeronnes, puisque par le passé les camions de collecte parcouraient beaucoup plus de kilomètres pour se rendre au lieu d’enfouissement », ajoute-t-elle.

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