(PHOTOS) L’envol des croisières aux oiseaux de Croisière Escoumins

Par Renaud Cyr 10:00 AM - 04 octobre 2022
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Les participants ont joui d’une météo exceptionnelle et ont pu observer plusieurs espèces d’oiseaux rares lors de la croisière du 2 octobre.

Après deux essais concluants au printemps dernier, les croisières aux oiseaux du guide naturaliste Renaud Pintiaux chez Croisière Escoumins reprennent de plus belle pour la saison automnale.

Complémentaires aux croisières aux baleines, elles attirent bon nombre d’ornithologues d’ici et d’ailleurs. Sont-elles vouées à devenir une activité aussi emblématique que l’observation des baleines dans la région?

« C’est ce que l’on veut », affirme avec confiance Renaud Pintiaux. La croisière partait tôt le matin au quai de Croisière Escoumins le 2 octobre, et réunissait des ornithologues professionnels, semi-professionnels et amateurs venant des régions de Charlevoix, du Saguenay, mais aussi de Québec, en plus de compter quelques locaux.

À peine partie, l’excursion a vite changé de vocation. Les participants ont pu aller à la rencontre d’un banc de dauphins à flancs blancs, une espèce qui pénètre parfois dans cette zone du fleuve pour chasser et se nourrir. Le banc d’une dizaine d’individus, qui se déplacent à une vitesse de 10 nœuds, a rapidement semé le bateau.

Le capitaine, Simon Beaudry, a ensuite mis le cap sur le milieu du fleuve pour laisser dériver l’embarcation sur une barre de courant, un endroit propice à l’observation des oiseaux. Les barres de courant sont des lieux de rencontre entre l’eau salée de l’Atlantique et les eaux chaudes des Grands Lacs, dans lesquels se trouvent des débris de bois, des poissons et des invertébrés marins.

Oiseaux rares

Le phalarope à bec étroit mesure une dizaine de centimètres, se déplace en petit groupes, et n’était pas très farouche lors du passage du bateau. Les passagers ont réussi à mettre de côté leur jumelle pour les observer tellement ils étaient près du zodiac. Le capitaine du navire, rebroussant ensuite chemin du milieu du fleuve vers la côte, est ensuite brièvement arrêté près d’un labbe parasite.

Cette espèce d’oiseau rare se nourrit aux dépens des mouettes, des sternes et des fous, en leur faisant régurgiter leurs prises une fois envolés. Les participants ont braqué leur jumelle pour admirer ce spectacle mesquin.

Plus près de la côte, l’équipage a pu s’émerveiller devant la présence d’un macareux moine, une espèce d’oiseau nordique de la famille des alcidés. En longeant la côte vers le quai de Croisière Escoumins, plusieurs espèces ont gracié l’équipage du navire de leur présence, comme des goélands de mer, un loup marin et des petits rorquals.

Le temps file

La croisière, d’une durée d’environ 3 heures, est passée vite comme l’éclair. « C’est bien, ça veut dire que ça a été plaisant », déclare Renaud Pintiaux avec humour. « C’est un endroit unique pour l’observation des oiseaux. Le chenal laurentien donne aux oiseaux une quantité exceptionnelle de nourriture, ils en profitent et nous aussi », explique-t-il.

Durant la période estivale, la majorité des oiseaux nichent et ils sont à l’abri des regards humains. L’automne, comme le printemps, est un moment propice pour effectuer des observations en raison des migrations propres à chaque espèce.

« 95 % des oiseaux que l’on a vus sur le fleuve aujourd’hui s’en iront sous peu dans leur habitat d’hiver », explique le guide naturaliste. « Il faut être patient, mais ça vaut le coup. On a pu observer beaucoup d’espèces rares aujourd’hui », souligne-t-il.

De plus en plus populaire

Le guide naturaliste est le seul, mis à part le Festival des oiseaux migrateurs de la Côte-Nord, à organiser ce type de croisière. L’estuaire du Saint-Laurent, reconnu mondialement pour son abondance de baleines, est toujours sous-développé pour l’observation d’oiseaux.

« Ce n’est pas très connu ni mis en valeur. Les gens pensent souvent qu’il n’y a que les baleines mais le fleuve est un tout, c’est un écosystème qui compte énormément d’espèces observables », précise-t-il.

Cependant pour Renaud Pintiaux, cette situation est vouée à changer : « C’est une activité qui est encore à développer, il y a énormément de potentiel », espère-t-il.

Le passionné d’oiseaux, qui pense déjà à exporter le concept dans d’autres secteurs du fleuve, est très satisfait du résultat des essais : «On faisait un test pour l’automne afin de voir si les gens aimaient ça et il y a beaucoup de réponses positives jusqu’à maintenant ».

Une autre croisière sera organisée le 9 octobre, et une troisième pourrait même être ajoutée. « Il y a toutes sortes d’espèces à observer jusqu’à la fin du mois d’octobre. Ça ne cesse jamais de m’impressionner », dit M. Pintiaux. « C’est sûr qu’on le refait au printemps », déclare-t-il avec enthousiasme.

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