En route vers le changement : « On la fait pareil »
Les jeunes au centre d’En route vers le changement ont décidé de tenir l’exposition malgré le drame survenu à Portneuf-sur-Mer quelques heures plus tôt.
C’est ce qu’ont décidé les jeunes en parallèle de l’annonce du drame survenu à Portneuf-sur-Mer ayant couté la vie à 5 personnes la même journée. Une minute de silence a été observée et des lampions allumés en hommage aux victimes de la tragédie, dont plusieurs étaient connus des jeunes au centre d’En route vers le changement.
L’ambiance était au recueillement durant l’exposition tenue samedi après-midi à Sacré-Cœur. Les victimes du drame de Portneuf-sur-Mer étaient bien connues des jeunes qui exposaient, et ils ont fait observer une minute de silence pour les disparus.
« Ils ont eu un grand courage de venir ici aujourd’hui », commente d’emblée Fannie Gagnon, co-chargée de projet d’En route vers le changement.
« Nous avons consulté les jeunes et nous leur avons demandé ce qu’ils voulaient faire », lance-t-elle. « Ils ont dit « On la fait pareil ». Ils ont décidé de prendre le micro pour exprimer ce qu’ils vivaient », révèle celle qui a accompagné les jeunes pendant près de 2 mois.
« Dans le groupe de Tadoussac, les disparus étaient des amis d’enfance. C’est un très gros choc à encaisser, et c’est tout à leur honneur d’être allés de l’avant avec leur décision », raconte-t-elle avec émotion.
Présence réconfortante
Des acteurs de la politique locale et du milieu communautaire se trouvaient dans la foule d’une quarantaine de curieux qui participaient à l’événement, dont le maire de Tadoussac Richard Therrien.
« Ça m’a fait plaisir de voir le maire de Tadoussac vu la situation dramatique d’aujourd’hui. Tout le monde est affecté », rapporte la co-chargée de projet.
« Je les remercie d’être venus, et je suis très reconnaissante qu’ils aient pris le temps de venir à travers tout ça », conclut-elle.
Lors de l’après-midi, certaines personnes prenaient place autour d’une table vêtue d’une nappe noire ornée de lampions sur lesquels dansaient les petites flammes dédiées aux disparus.
Libérer la parole
La méthode photo-voix, utilisée pour la création des différentes facettes de l’exposition, a été bénéfique pour libérer la parole des jeunes sur leur réalité.
« Ce sont les jeunes eux-mêmes qui deviennent les experts de vécu », explique Fannie Gagnon. « Ils ont remplis leurs engagements à fond, en plus d’avoir une créativité phénoménale », ajoute-t-elle avec satisfaction.
Les fruits du projet pilote occupaient d’ailleurs tout l’espace disponible de la salle Au cœur du Fjord. Des pancartes avec photos affichaient des textes ayant entre autres pour thèmes l’isolement, l’éloignement, l’anxiété et la différence.
Questionnée à savoir quel serait le futur de l’exposition, Fannie Gagnon précise qu’il est encore trop tôt pour se prononcer. Elle laisse toutefois entendre qu’il y a des démarches en cours pour garder l’exposition dans la salle Au cœur du Fjord.
Sandra Maltais, directrice générale de Ressources Parenfants des Bergeronnes qui accompagne le projet sous ses différentes formes depuis près d’un an, est claire : « On entend pas les jeunes ».
« Les données que nous allons avoir recueillies vont être mises sur papier et le document sera partagé aux ressources-clés de développement et de politique régionale », annonce-t-elle.
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