Seminaire Wahsipekuk : le périple d’une vie
Douze membres de la communauté Wolastoqiyik Wahsipekuk sont partis de Rimouski le 1er juillet à bord du voilier ÉcoMaris. Photo Courtoisie
Douze membres de la communauté Wolastoqiyik Wahsipekuk ont pris part à un périple à bord du voilier-école ÉcoMaris. Il s’agit pour certains membres de l’équipage d’une première expérience sur leur territoire ancestral qu’ils ne sont pas près d’oublier.
Le voilier-école ÉcoMaris est parti de Rimouski avec des membres de la communauté Wolastoqiyik Wahsipekuk le 1er juillet, avec des arrêts à L’Anse-Saint-Jean, à Tadoussac, aux îles du Pot à l’Eau-de-vie et à L’Île-aux-Coudres, et terminera sa course au port de Québec.
Accompagnés de 5 membres d’équipage du navire et un reporter, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk (PNWW) parfont leurs connaissances sur les techniques de navigation, ainsi que la faune et la flore du fleuve.
Pour l’agent des relations autochtones à Parcs Canada Daniel Capistran, le principal intérêt d’une telle expédition pour les participants est de pouvoir entrer en contact avec leur identité et leur culture.
« La communauté a connu une diaspora, ce qui fait que les membres habitent à l’extérieur de la communauté. Nous avons sur l’ÉcoMaris des membres d’âges, de professions et de domaines complètement différents », remarque-t-il.
« Je constate que de nombreux membres à bord du bateau ont une quête d’apprendre leurs origines avec des récits et des rituels, afin donner un sens à leur identité », ajoute l’agent de Parcs Canada.
Un programme pour la réconciliation
Le gouvernement du Canada s’est engagé dans un processus de réconciliation avec les peuples autochtones, ainsi qu’au renouvellement des relations avec ces derniers sur la base de la reconnaissance des droits, du respect, de la collaboration et du partenariat.
Le séminaire Wahsipekuk a été mis sur pied dans le cadre du programme de gardiens, qui a été développé avec la PNWW pour une 2e édition cette année.
L’an dernier, l’ÉcoMaris a parcouru des plus grandes distances sur le fleuve en se rendant notamment à Sept-Îles.
« Ce que je trouve agréable cette année c’est que l’on a pu naviguer à l’intérieur des limites du Parc Marin Saguenay-St-Laurent », évalue Daniel Capistran.
Le Parc Marin Saguenay-St-Laurent et le territoire ancestral Wolastokuk ont le même territoire marin, et Parcs Canada et la PNWW agissent comme partenaires égaux afin de travailler pour la protection et la gestion des terres et des ressources.

Cheffe des gardiens
Caroline Morais a participé à l’expédition de l’an dernier, et est entrée en fonction comme cheffe des gardiens en avril aux bureaux administratifs à Cacouna. « J’ai connu un grand changement professionnel et familial qui m’ont amenée à postuler lorsque la Première Nation a publié une offre d’emploi », raconte-t-elle.
Dans un premier temps, son travail lui a permis de « découvrir et comprendre le territoire », ajoute la cheffe des gardiens. « J’ai suivi beaucoup de formations, notamment avec le Réseau d’observation des mammifères marins et d’autres sont prévues pour l’automne », conclut-elle.
Le programme prévoit l’entrée en poste de deux gardiens supplémentaires, autant pour le volet maritime que terrestre.
« J’effectue des suivis scientifiques avec l’équipe de Parcs Canada sur le territoire. Ça va être important d’en prendre soin, et c’est là que l’équipe de gardiens va prendre tout son sens », explique Caroline Morais.
L’aspect terrestre de l’exploitation et de la conservation du territoire n’est pas délaissé, puisque la réserve de Parke dans le Kamouraska sera au cœur d’une grande démarche.
« Des gardiens vont être sollicités pour mettre en place une école d’enseignement traditionnelle de chasse dans le sanctuaire de Parke », dévoile la cheffe des gardiens.
De tous horizons
L’expédition du séminaire Wahsipekuk sur l’ÉcoMaris a attiré des membres de la communauté provenant de tous les horizons.
« Il n’y avait pas d’obligation d’avoir de l’expérience de navigation ou de voile pour s’inscrire au séminaire », spécifie Caroline Morais.
Les participants effectuent les tâches quotidiennes à bord de l’ÉcoMaris. « On fait de la manutention, on lève les voiles et l’ancre, on cuisine et on fait le ménage, guidés par l’équipe du navire », confirme la cheffe des gardiens.
Puisque la population de la Première Nation est éparpillée à travers le Québec, le Nouveau-Brunswick et même les États-Unis, les participants proviennent de partout. « Nous avons même quelqu’un de Terre-Neuve-et-Labrador », se réjouit-elle. « Et le plus jeune a 16 ans », ajoute-t-elle.
Édith Bélanger, membre de la PNWW, dispense des enseignements traditionnels comme des chants, des contes et des légendes aux participants. « Nous avons même eu une séance de purification », raconte Caroline Morais. « Sur le voilier nous avons du temps pour prendre le temps, que ce soit pour enseigner, expliquer et dialoguer », ajoute-t-elle.
« C’est un beau moment pour tout le groupe », indique-t-elle avec bonheur.
Questionné à savoir quel serait l’élément que les participants retiendront le plus de ce périple, Daniel Capistran n’hésite pas : « Ce qu’ils vont retenir, les rencontres, les discussions et les enseignements », mentionne-t-il.
L’agent des relations autochtones espère pouvoir reconduire le séminaire dans le cadre du programme qui s’étendra jusqu’en 2026. « Je vais travailler pour qu’il y ait une troisième édition l’an prochain », conclut-il.
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