Une maison délabrée cause de l’inquiétude à Tadoussac
L’état de délabrement avancé de la maison sise sur la rue des Montagnais à Tadoussac pose des risques à la sécurité du voisinage.
Une maison de Tadoussac cause des maux de tête à son voisinage et à l’administration municipale depuis 5 ans. Les problèmes dus à la vétusté s’accentuent au fil des saisons, et commencent à poser des risques importants pour la sécurité dans le quartier.
Bardeaux de toit qui gondolent, revêtement extérieur endommagé ou manquant et carreaux de fenêtres cassés : c’est le triste spectacle qui dure depuis quelques années sur la rue des Montagnais à Tadoussac.
« Tout le monde dans le quartier est propre, entretient son terrain et fait en sorte que la façade de leur maison soit présentable », lance Sylvain Gaudreault, voisin immédiat d’en face de la maison à l’allure discutable.
« Il y a des touristes qui montent la rue en ne sachant pas qu’elle ne débouche pas plus loin, qui se tournent et redescendent en automobile », raconte-t-il.
« Quand ils arrivent devant cette maison-là, ils te font tout un break. Il y a en a même qui prennent des photos », commente-t-il avec exaspération.
Propriétaire absente
La propriétaire de la maison qui habitait auparavant à Tadoussac réside maintenant à l’extérieur, laissant la maison dans un état de délabrement avancé.
Cela ne l’empêche pas pourtant de demander et de recevoir des permis de rénovation émis par la municipalité.
« Elle retarde toujours son projet. Elle demande des permis de rénovation avec ses plans, mais elle n’effectue jamais ses rénovations », révèle Richard Therrien, maire de Tadoussac.
Sylvain Gaudreault se rappelle d’une fois où la propriétaire est entrée dans la maison après avoir coupé la pelouse : « Ils sont sortis au bout de deux minutes. Ils ont trouvé des rats et des chats morts, et ils ont tout fermé ça et ils ne sont jamais revenus ».
Dégradation en continu
Les effets de la crise du logement sont imperceptibles chez la vermine qui a investi la maison. Des chats errants, qui ramènent et attirent d’autres types de vermine, fréquentent le quartier.
« Tout le voisinage s’est ramassé avec ces chats-là », raconte M. Gaudreault. « Un voisin m’a dit qu’il en avait compté une soixantaine ».
Évaluée à 69 100 $, la valeur imposable de l’immeuble est de 26 600 $. « Les taxes municipales sont basses à en rire », rapporte Sylvain Gaudreault.
« Si je vends ma maison demain matin et que l’acheteur voit ça devant, je ne crois pas qu’il sera intéressé. Et ça vaut pour tout le voisinage », s’indigne-t-il.

Danger public
Les terrains exigus et la nature accidentée du haut de la rue des Montagnais font en sorte que les maisons sont très près les unes des autres.
La maison délabrée est ainsi entourée de trois côtés par des résidences, dont une se trouve à une distance de jet de pierre de la structure.
L’année de construction de la demeure est de 1950 selon le rôle de l’évaluation, et comme a pu constater le Journal les matériaux de construction mal entretenus constituent un risque en cas d’incendie.
« Je pense que les pompiers n’ont même pas le temps d’arriver que le feu sera déjà rendu ailleurs », estime Sylvain Gaudreault.
Un long processus
« Je comprends le voisinage d’être impatient, mais c’est un dossier complexe qui nécessite beaucoup de temps », indique Richard Therrien.
« Tant et aussi longtemps que la municipalité n’ira pas plus loin au niveau judiciaire, le dossier n’avancera pas », laisse-t-il entendre.
« À moins que la propriétaire change subitement d’idée et prenne un arrangement avec nous », de conclure l’élu.
Pour Sylvain Gaudreault, c’est trop peu trop tard : « L’impression que j’ai, c’est que la municipalité ne veut pas mettre de l’argent pour payer des avocats pour régler le problème », estime-t-il.
Notons que la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme comporte des articles sur les bâtiments vétustes.
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