Explorer le passé par les outils
Martin Lominy, éducateur et artisan en archéologie. Photo archives
Martin Lominy, archéologue et éducateur, était de passage au Centre Archéo-Topo des Bergeronnes pour le mois de l’archéologie. Le Journal a pu s’entretenir avec celui qui démystifie le passé en recréant des outils anciens.
Tout est réuni sur la table de présentation de l’archéologue originaire de Montréal, qui prend des airs de brocante préhistorique.
Couteaux en os, pointes de pierres travaillées, étuis en babiche ou en tendons d’animaux, et autres objets liés à la chasse ou à la pêche, le public a devant lui le coffre à outils du chasseur préhistorique.
Martin Lominy fait remarquer que pourtant, c’est l’animal qui était leur véritable coffre à outils.
« La dépouille d’un animal servait à la fois de supermarché et de quincaillerie aux chasseurs. Ils pouvaient l’exploiter pour s’assurer des outils, des vêtements et de la nourriture », explique-t-il.
D’hier à aujourd’hui
Pour mettre les choses en perspective, Martin Lominy utilise une comparaison très contemporaine : « Bien qu’il soit difficile de situer avec exactitude comment ces objets se suivent dans l’histoire, on peut penser à ces innovations comme des iPhone », souligne-t-il avec un brin d’humour.
La longue lance de chasse fait office de iPhone 1, alors que l’arc et la flèche sont le modèle dernier cri.
Avec ses reproductions fabriquées à partir de techniques ancestrales, Martin Lominy espère apporter une nouvelle lumière sur la vie des populations autochtones du territoire.
« On démystifie les ressources naturelles à travers la tradition autochtone paléohistorique, et on explique comment aurait été le mode de vie à partir de ces objets-là », rapporte-t-il.
Naissance d’une discipline
Martin Lominy a un calendrier bien chargé : il confectionne des objets pour les musées, organise des ateliers dans les écoles et dans les bibliothèques en plus de donner des conférences.
Pourtant, il n’existe pas de formation précise pour reconstituer des outils du passé. « Au Québec, l’archéologie expérimentale démarre en tant que discipline contrairement à l’Europe, où il existe des cours spécialisés dans le domaine », explique M. Lominy.
Mais la situation pourrait changer, car l’archéologue et éducateur est en discussion avec l’Université Laval « depuis 1 an pour démarrer le premier cours en archéologie expérimentale au Québec », révèle-t-il.
« Ce n’est pas dans la poche, mais c’est un projet en branle », conclut l’archéologue.
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