L’avion retourne dans le hangar des Bergeronnes

Par Renaud Cyr 2:13 PM - 13 juin 2024
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Éric Maillet a transformé un protège-aile et un baril de fuel pour la réalisation de ses œuvres au Hangar Festif. Photo Lucie Lambert

Près de 80 ans après son incendie, l’avion Avro Anson retourne dans son vieux hangar d’antan. Déterré à l’automne dernier, ses restes ont été mis à profit pour la réalisation de deux œuvres sculpturales signées Éric Maillet des Bergeronnes.

Bien malin celui qui aurait pu prédire ce qui se trouvait sous la terre à l’endroit où la carcasse de l’avion massif de la compagnie Charlevoix-Saguenay était enfouie.

En excavant ce qui en restait, Éric Maillet a constaté la présence de morceaux sur lesquels les éléments se sont lâchés, et donc quasi inutilisable.

« Ça a dû être un feu assez important en voyant à quel point l’aluminium de la carlingue avait fondu. Il ne restait plus grand-chose au final », raconte le sculpteur.

Il était assez logique qu’un tel projet de réhabilitation du passé par l’art fût réalisé par Éric Maillet, passionné d’aviation et du travail de différents matériaux comme le métal. Ce dernier n’a pas été découragé par ce qu’il a découvert dans la fosse.

Des ailes et des hommes

Éric Maillet a donc extrait un module en acier inoxydable de l’avion pour en faire une œuvre qui porte le nom d’attrape-rêve, inspiré des capteurs de rêves des cultures autochtones. « C’était une sorte de protège-moteur qui servait à protéger les ailes de la chaleur des moteurs que j’ai réassemblé en motifs », explique-t-il.

« Je l’ai appelé l’attrape-rêve par rapport aux gens qui ont rêvé de voler en avion », ajoute l’auteur de l’œuvre qui peut être admirée à l’intérieur du Hangar Festif.

Dans un deuxième temps un baril de carburant de l’époque a été découpé minutieusement au plasma avec des formes d’avions, de l’église des Bergeronnes et son curé Thibault, et du logo du Hangar Festif.

Dès qu’il commence à faire nuit, l’œuvre s’allume avec des lumières à l’intérieur du baril, qui tournent en un amalgame de couleurs.

« Tout ce qu’il y a sur le baril est projeté au sol et sur le hangar, et ça donne un côté interactif », mentionne Éric Maillet.

La suite

Les gens pourront suivre Éric Maillet dans cette aventure qui redonne vie à l’histoire de l’aviation ayant autrefois animé Les Bergeronnes avec un court-métrage d’une dizaine de minutes réalisé par la cinéaste Lucie Lambert.

Éric Maillet indique que le film sera diffusé lors du Rendez-vous d’aviation (RVA) des Bergeronnes le 20 ou le 21 juillet, et qu’on pourra y voir la transformation des morceaux et leur réhabilitation en œuvres d’art.

Pour l’instant positionné dans l’enceinte du Hangar Festif, l’attrape-rêve pourra être vu seulement lors d’événements dans ce lieu, mais cela pourrait être appelé à changer.

« Peut-être que ça ira sur le bâtiment d’accueil. On verra qu’est-ce qui arrivera avec », laisse entendre le sculpteur.

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