Bien soigné et heureux au CHSLD

Par Johannie Gaudreault 7:00 AM - 10 juillet 2024
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Bruno Gagnon reçoit la visite de son épouse Aline Gagnon presque tous les jours et elle en profite pour l’aider à manger. Photo Caroline Gagnon

Il n’y a pas que des histoires d’horreur qui se vivent dans les CHSLD. Caroline Gagnon peut en témoigner. Son père Bruno Gagnon réside au CHSLD N.-A.-Labrie de Baie-Comeau depuis bientôt quatre ans et il est entre de bonnes mains.

« On n’a pas eu de mauvaises expériences. Je ne suis pas gênée de dire aux gens que ce n’est pas comme on a entendu durant la pandémie, dans les grands centres », témoigne Mme Gagnon, en entrevue avec Le Manic.

Son père, âgé de 76 ans, a commencé son parcours dans les centres d’hébergement le 12 avril 2020, alors que la pandémie commençait à prendre de l’ampleur. « On a été un mois sans le voir, commente sa fille. Ça a été très difficile. »

M. Gagnon, qui souffre de l’Alzheimer, a par la suite été transféré à la résidence Humanis, mais il était trop avancé dans sa maladie pour y demeurer. Il est donc resté quelque temps au CHSLD Boisvert avant d’être déplacé au CHSLD N.-A.-Labrie en août, pour être plus près de son épouse, qui est encore autonome. 

« Il fait de l’Alzheimer. C’était rendu dangereux pour ma mère et pour lui. Depuis qu’ils ont 14 ans qu’ils sont ensemble. Ils sont vraiment en symbiose, ils ont une chimie extraordinaire. Ma mère voulait toujours le garder, mais c’était rendu trop dangereux pour l’un et l’autre, alors elle ne pouvait plus s’en occuper », raconte celle qui rend visite à son paternel plusieurs fois par semaine.

« Il est heureux »

Caroline Gagnon, tout comme sa mère Aline Gagnon, ne laisserait jamais son père à un endroit où il n’est pas bien traité. « Il est toujours souriant, il n’est pas malheureux. On ne le sent pas malheureux. Il est tout le temps de bonne humeur », commente-t-elle en se réjouissant d’avoir toujours obtenu de bons soins jusqu’à aujourd’hui. 

Le résident est bien accompagné et les demandes de ses proches sont écoutées et entendues. « Les meilleures personnes pour voir l’évolution de notre proche, c’est nous autres. Donc, quand on voit vraiment des changements, on peut aviser l’infirmière de garde et elle va faire le suivi », assure Mme Gagnon.

Par exemple, M. Gagnon a eu besoin des services d’ergothérapie pour être confortable dans sa chaise. « On a fait la demande et tout de suite, la semaine d’après, on a eu une ergothérapeute qui est venue l’analyser. Ils ont commencé par lui mettre un coussin en attendant de recevoir sa chaise adaptée à lui. »

Pour la cadette de la famille, la rencontre annuelle avec l’équipe soignante de l’établissement est grandement appréciée. « Chaque année, on a une rencontre avec les médecins, ergothérapeutes, diététistes, pharmaciens, etc. Ils nous disent tout le cheminent qu’il a eu, son évolution, sa dégradation, où il est rendu dans ses stades et ils sont là pour répondre à nos questions », explique-t-elle.

Quand le nouveau patient arrive au CHSLD, sa famille est prise en charge et le fonctionnement du centre lui est détaillé. La mère et la fille de Bruno Gagnon ont toujours obtenu ce qu’elles ont demandé. « Il ne faut pas avoir peur d’aller demander. Il ne faut pas oublier qu’on n’est pas tout seul, on est plusieurs sur le même étage », souligne Caroline Gagnon qui sait exactement à qui se référer selon les besoins.

Un autre point positif : des sorties sont organisées pour tous les bénéficiaires grâce au comité des loisirs. Ils se rendent à la messe une fois par mois à partir du mois d’avril, ils vont au centre d’achat ou encore au parc des Pionniers. « Ça leur permet de sortir de là-bas, partage la proche aidante. On a aussi un beau patio, on peut en profiter. On peut les faire manger dehors aussi si on veut. Tout est sécuritaire. »

Un rôle à jouer

Selon Mme Gagnon, les proches aidants ont aussi un rôle à jouer pour le bien-être du résident. D’ailleurs, ce rôle est bien spécifié dans le guide proche aidant qui est remis à toutes les familles. 

« En tant que proche aidant, quand on est là, on peut les aider et ils sont contents parce qu’ils en ont tellement à faire. Quand on est là, on a la responsabilité d’aider aux tâches. C’est sûr qu’on ne peut pas tout faire, mais au moins le laver et le faire manger », affirme celle qui déplore que plusieurs aînés soient laissés à eux-mêmes.

Aline Gagnon tient mordicus à visiter son époux 5 à 6 fois par semaine de 10 h à 15 h environ. Elle en profite pour le faire dîner, ce qui lui permet de passer de beaux moments avec lui. 

« On ne peut pas dire que c’est parfait, il n’y a rien de parfait dans la vie. On n’a pas un mot à dire. Ils nous ont donné le guide du proche aidant qu’on a vraiment scruté », ajoute sa fille qui participe aussi à l’accompagnement de son père. Elle lève son chapeau au personnel qui s’occupe des résidents des CHSLD. « C’est une vocation ! »

Toujours amoureux

Bruno et Aline Gagnon se sont rencontrés à l’âge de 14 ans. Originaire des Escoumins, M. Gagnon est déménagé à Baie-Comeau alors qu’il avait 12 ans. Il est tombé sous le charme de celle qui deviendra sa femme quelques années plus tard.

Aujourd’hui, le couple célèbre ses 55 ans de mariage. Avec la maladie de M. Gagnon, les amoureux ont dû se résigner à vendre leur maison de Pointe-Lebel. Aline demeure maintenant à Baie-Comeau près du CHSLD de son époux. « Ils ont une chimie extraordinaire », s’émeut leur fille Caroline.

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