Le Phare de Pointe-des-Monts est fermé pour l’été. La nouvelle a causé un choc dans le milieu touristique qui parle d’une perte significative. Le Vieux Phare attirait entre 4 000 et 6 000 visiteurs par année. Est-ce que l’économie locale en profitait réellement ? J’en doute puisqu’il n’y a pas vraiment de services de restauration et d’hébergement dans les municipalités voisines de Baie-Trinité et de Godbout.
Ce secteur connaît une dévitalisation constante et déprimante depuis plusieurs années. Mais le Phare de Pointe-des-Monts lui assurait une belle visibilité à l’échelle nationale. De plus, le site est paradisiaque, avec cette vue extraordinaire sur le golfe du Saint-Laurent. En prime, il appartient également à la grande histoire de la navigation canadienne.
Le deuxième plus ancien phare du Saint-Laurent, après celui de l’Île Verte, a été érigé entre 1829 et 1830, alors que le commerce du bois connaissait une fulgurante poussée entre la Grande-Bretagne et ses colonies, dont le Canada. La Chambre d’assemblée du Bas-Canada crée la Maison de la Trinité en 1805. Cette dernière désigne trois sites pour y ériger des phares en 1825, dont Pointe-des-Monts.
Charles Touchette décroche le contrat pour la somme de 2 515 livres sterling, environ 10 000 $, pour la construction d’une tour de 70 pieds de haut devant servir de base pour la lanterne et de maison pour la famille du gardien. Quand on visite le Vieux-Phare, on escalade un à un les étages en marchant dans les pas de ceux et celles qui l’ont habité jusqu’à la construction de la maison du gardien.
L’histoire du lieu est riche et passionnante. Plusieurs difficultés se dressèrent sur sa route. Il faisait notamment partie du Domaine du Roy, un territoire interdit de peuplement, comportant des contraintes concernant le commerce des fourrures. Pour contourner cette difficulté, on érigea le phare sur un îlot séparé de la terre ferme, avec interdiction au gardien de pratiquer le commerce des fourrures.
Mais toutes ces informations m’éloignent un peu du sujet : la fermeture du Phare pour la saison estivale de 2025. Est-ce que c’est une question d’argent ? Est-ce que c’est une question de manque de communications ? Il y a un peu des deux, mais la Corporation en charge de l’animation du site, la Corporation de promotion et de développement du site du Phare historique de Pointe-des-Monts, n’est pas parvenue à s’entendre avec le propriétaire des lieux, la Société de développement des industries culturelles du Québec (SODEQ).
Au cœur du litige : l’utilisation de la maison du gardien et de certains bâtiments pour générer des « revenus autonomes ». Pourquoi la SODEQ voulait-elle priver les gestionnaires de l’utilisation de ce bâtiment ? Ça aussi, ce n’est pas clair. Il se peut que la maison du gardien ne soit plus conforme à certaines exigences pour servir d’auberge. Ce n’est pas la première fois que des litiges surviennent à propos de cet à-côté du site historique. Jean-Louis Frenette l’avait transformé en haut-lieu de la gastronomie. Les personnalités s’arrachaient les places pour aller déguster des fruits de mer frais à la maison du gardien.
Là aussi, la sauce s’est gâtée à la suite de conflits résultant d’exigences de la municipalité de Baie-Trinité. Cette saga fut pénible à vivre pour le père des Techniques en aménagement cynégétique et halieutique du Cégep de Baie-Comeau, lui qui avait acquis la terre et la maison de la célèbre famille de gardiens Fafard pour le plaisir de proposer des gîtes rustiques aux amoureux de la mer.
Comme je le signalais, l’histoire du Phare de Pointe-des-Monts est très riche et il ne faudrait pas qu’elle s’achève avec la fermeture du site cet été et l’été prochain. On ne peut qu’espérer que les responsables de la Corporation du Phare de Pointe-des-Monts et de la SODEQ trouveront un terrain d’entente. Tout donne à croire que le site aurait pu rester ouvert cet été, car la corporation avait obtenu des subventions. Au contraire, elle a opté pour envoyer quatre travailleurs saisonniers au chômage plutôt que de rétablir le canal de communication avec la SODEQ.
Cette dernière n’a pas le choix d’entretenir et de protéger le site. Elle était ouverte à renouveler le bail pour 0 $, en assumant ses responsabilités de conservation des lieux. Le conseil d’administration de la Corporation du phare est formé de cinq administrateurs, dont deux seulement habitent sur la Côte-Nord. Comment peuvent-ils gérer à distance un monument emblématique qui a failli être démoli en 1963 et qui fut sauvé du pic des démolisseurs grâce à la vigilance et à la combativité de son dernier gardien, Jacques Landry, avec l’appui de la Société historique de la Côte-Nord.
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Je suis disponible pour aller ouvrir ce phare. Je suis écrivain et je pourrais en faire un café théâtre, si le lieu s’y prête. Contactez moi.
Bonjour! Vous pouvez contacter le Phare de Pointe-des-Monts pour avoir plus d’informations. https://www.pharedepointedesmonts.com/