L’organisme Éki-Lib Santé Côte-Nord a récemment lancé un sondage à l’intention des résidents de la Haute-Côte-Nord et de la Manicouagan dans le but de dresser un portrait des besoins en lien avec les troubles alimentaires et le bien-être psychosocial.
D’ailleurs, cette démarche s’inscrit dans la perspective d’un déploiement de services adaptés à ces réalités régionales.
L’initiative a été rendue possible grâce à une subvention bonifiée de 20 000 $ provenant de Centraide Haute-Côte-Nord Manicouagan. « Par le passé, les montants accordés avoisinaient les 5 000 $ », précise Jennyfer Bezeau, directrice générale d’Éki-Lib Santé Côte-Nord.
Elle souhaite maintenant utiliser ces fonds pour embaucher une ressource sur le terrain. Le poste serait offert sous forme de contrat, avec possibilité d’animation de groupes en présentiel et de suivis individuels, au besoin.
« Je connais certains clients dans ces secteurs, mais ce n’est pas suffisant pour prétendre bien connaître la population », précise Mme Bezeau. « Le sondage est un outil essentiel pour mieux orienter nos futures interventions. »
Selon Jennyfer Bezeau, les troubles les plus fréquemment observés dans l’ensemble de la Côte-Nord incluent autant des problématiques de type restrictif que des cas d’hyperphagie boulimique ou de relation conflictuelle avec la nourriture. « On a beaucoup de gens qui disent avoir tout essayé, qui ont fait toutes les diètes. Finalement, ils ont développé une mauvaise relation avec l’alimentation », observe-t-elle.
Couvrir chacun des secteurs
L’organisme, basé à Sept-Îles, prévoit mettre sur pied deux groupes distincts, l’un en Haute-Côte-Nord et l’autre dans Manicouagan. « Idéalement, ce serait un groupe aux Escoumins et un autre à Baie-Comeau ou à proximité, pour limiter les déplacements et favoriser la création de liens », illustre la directrice.
Le sondage, diffusé auprès des partenaires en santé mentale et en services communautaires, permet aussi de cerner les types d’activités souhaitées par les participants. Les options incluent aussi bien des groupes de discussion que des ateliers de développement personnel visant l’estime de soi ou la découverte d’activités valorisantes.
« Même sans diagnostic, si l’on n’est pas bien dans sa peau, on a besoin d’outils pour se valoriser autrement que par l’apparence physique », explique Mme Bezeau.
Cette dernière espère recevoir un volume suffisant de réponses d’ici août 2025, afin de planifier l’embauche d’une ressource dès cet automne. Elle demeure toutefois prudente, consciente que la période estivale peut nuire à la distribution efficace des sondages. « Tout dépendra aussi de notre capacité à trouver une personne qualifiée, autonome, et expérimentée ». L’organisme vise une éducatrice spécialisée ou une travailleuse sociale.
Centraide
Pour sa part, Centraide Haute-Côte-Nord Manicouagan justifie cette bonification de l’aide financière par une campagne record de 1,2 million de dollars cette année. « Éki-Lib a toujours démontré un désir sincère de desservir l’ensemble du territoire, mais les ressources financières ne suivaient pas », répond Josée Mailloux, directrice générale de Centraide. « Compte tenu de la recrudescence des enjeux en santé mentale, il nous apparaissait essentiel de soutenir leur démarche. »
Bien qu’aucune statistique régionale ne chiffre précisément la prévalence des troubles alimentaires sur la Côte-Nord, plusieurs intervenants du milieu confirment une augmentation de ce type de problématiques dans la communauté.
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