Un quatrième livre pour Naomi Fontaine: Eka ashate, Ne flanche pas

Par Alice Young 11:45 AM - 30 juillet 2025
Temps de lecture :

L'autrice innue Noami Fontaine. Photo Alice Young

Cinq ans après Shuni, Naomi Fontaine nous invite chez les aînées de Uashat mak Mani-utenam pour son quatrième roman Eka ashate, Ne flanche pas

Elle y raconte surtout la vie de sa mère, son héroïne.

« Ce n’est pas facile d’écrire sur ses parents, sur sa mère en particulier. Je suis contente de l’avoir fait avec authenticité », confie-t-elle.

C’est d’ailleurs une photo de sa mère qui orne la couverture du roman. L’image la fige à 19 ans, alors qu’elle veille sur son bébé, le grand de frère de l’autrice, lors d’un rassemblement chrétien.

« Il y a quelque chose dans son regard, pour moi c’est de la détermination », dit-elle avec admiration.

Au fil d’entrevues avec les aînées de Uashat mak Mani-utenam, Naomi Fontaine a tenté de retracer les actes de résistance quotidiens.

« Comment est-ce que les coutumes et notre langue ont pu résister à autant de colonialisme et de mépris », s’est-elle demandé.

L’écriture s’est étendue sur une période de quatre ans, durant laquelle l’autrice cherchait le fil de « lumière » pour relier ces récits de vie.

« À l’intérieur des maisons, c’est là que s’est faite la résistance, par des gestes simples, des gestes de transmission », raconte-t-elle.

On y retrouve notamment une page de l’histoire de sa grand-mère paternelle, ancienne enseignante et conseillère au conseil de bande. Noami Fontaine s’est aussi penché sur des histoires de « cycle » qui traversent les générations.

« Il travaillait pour le territoire innu, mais il n’avait jamais vraiment été dans le bois. Maintenant, c’est son fils qui le guide pour aller dans le bois », raconte-t-elle, à propos d’un aîné.

« C’est ainsi que les choses devaient se passer »

La philosophie que les aînés lui ont transmise se résume par la chanson de l’auteur-compositeur-interprète innu, feu Philippe McKenzie. Epame nuentan est « l’hymne national innu », la mélodie qui fait automatiquement danser les kukum pour le makusham. Selon Naomi Fontaine, le refrain se traduit par « C’est ainsi que les choses devaient se passer ».

Elle y voit un message d’acceptation combative. « Les aînées m’ont appris de dire: le passé, c’est le passé. […] tu dois miser sur ce que tu as reçu », explique-t-elle.

Selon l’autrice innue, cette « résistance tranquille » découle du mode de vie nomade dans le Nitassinan, où les aînées devaient se battre chaque jour pour survivre.

Eka ashate, Ne flanche pas, publié aux éditions Mémoire d’encrier, sera dans les librairies dès le 4 août. Un lancement se tiendra au Musée Shaputuan le 1 août. 

S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

À lire également

Un Innu Nikamu recentré sur son essence s’ouvre mercredi

Centre sportif Alcoa : la glace B ouvrira plus tard que prévu

La Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé à 2,75 %

Horizon

Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.

Horizon

Liquidateur : bien se préparer à régler une succession.

Présenté par Chambre des notaires du Québec
Horizon

Mandat de protection : arrivez bien préparé chez le notaire.

Présenté par Chambre des notaires du Québec
Horizon

Acheter ou vendre une propriété : arrivez prêt chez le notaire.

Présenté par Chambre des notaires du Québec
Horizon

Testament notarié : se préparer pour mieux décider.

Présenté par Chambre des notaires du Québec
Horizon

La Côte-Nord, ce n’est pas une destination. C’est une adoption.

Présenté par Tourisme Côte-Nord
Horizon

Gallix vs. Luskentyre :  Le vent dans les cheveux, l’eau dans les orteils et la paix dans l’âme

Présenté par Tourisme Côte-Nord