Une baleine à bec commune nage pour une rare fois dans le Saint-Laurent
Une baleine à bec commune a été observée au large des Escoumins, dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, le 1er août. Photo Renaud Pintiaux
Les croisiéristes aux baleines observent une grande diversité de mammifères marins dans le fleuve Saint-Laurent chaque saison. Il arrive que des rencontres plus rarissimes surviennent et ça a été le cas pour l’entreprise Tadoussac Autrement le 1er août.
Le guide-naturaliste Renaud Pintiaux et le capitaine David Beaulieu ont pu photographier une baleine à bec commune, aussi appelée hypéroodon boréal. Très loin de son aire de répartition, cette merveille du Saint-Laurent nage habituellement dans les eaux froides et tempérées de l’Atlantique Nord.
« Jusqu’à date les seuls (extrêmement rares) individus observés dans le Saint-Laurent s’étaient échoués vivants », explique Renaud Pintiaux dans une publication sur les réseaux sociaux hier. « David et moi-même étions ébahis quand nous avons fait cette découverte. On s’en souviendra longtemps… », indique-t-il.
La baleine à bec qui a été aperçue au large des Escoumins ne semble toutefois pas en bonne santé selon les premières observations.
« Cet individu semble en faible forme, ses chances de survie sont faibles, estime le guide-naturaliste. Son cas est suivi par les autorités responsables, des actions ont été prises, des recommandations ont été émises. »
Dans un article du Devoir, publié aujourd’hui, on apprend que les autorités du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent et du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) effectuent une surveillance sur l’eau « pour tenter de prendre des images de drone pour faire une meilleure évaluation de la condition physique [de l’animal] ».
Répartition
Selon Baleines en direct, les observations de baleine à bec sont extrêmement rares dans le golfe et l’estuaire. Depuis 1994, moins d’une dizaine d’individus se sont échoués sur les rives du Saint-Laurent.
Le blogue scientifique affirme également qu’on trouve la baleine à bec dans les eaux froides et profondes de l’Atlantique Nord (entre les 40° et 80° de latitude). Dans l’Atlantique Nord-Ouest, des populations vivent au large de Cape Cod, de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et en Arctique. Une petite population de baleines à bec, génétiquement distincte et estimée à environ 160 individus, fréquente une zone située à 200 km au large de la Nouvelle-Écosse dans le secteur du Goulet de l’île de Sable (the Gully en anglais), un canyon sous-marin riche en diverses espèces marines. Un tiers d’entre elles y vit à l’année.

Statuts
Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a attribué le statut d’espèce ” non en péril ” aux baleines à bec commune du plateau néo-écossais en 1993. La population du plateau néo-écossais, s’est vu attribuer le statut de population ” préoccupante ” en 1996, puis le statut ” en voie de disparition ” en 2002 et 2011.
« Cette population est menacée par l’enchevêtrement dans des engins de pêche, l’exploration pétrolière et gazière et par des projets de développement dans son habitat principal et autour de celui-ci près de l’île de Sable », fait savoir Baleines en direct.
« Des baleines à bec ont péri ailleurs à cause des bruits intenses sous l’eau associés à l’exploration sous-marine et aux exercices militaires » est-il rapporté.
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a attribué aux baleines à bec commune le statut ” données insuffisantes “.
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