Rémabec fait le point sur l’avenir de la scierie Arbec de Port-Cartier
Les installations de la scierie Arbec à Port-Cartier. Photo Vincent Rioux-berrouard
Il n’est pas question de fermeture définitive pour la scierie Arbec de Port-Cartier qui a entamé une reprise temporaire de ses opérations, lundi, l’accompagnant toutefois d’un avis de licenciement collectif à venir pour ses quelque 80 travailleurs syndiqués et cadres.
Les temps sont durs pour l’industrie du bois. Le co-président et Chef des affaires stratégiques, du développement et de l’administration du Groupe Rémabec, Éric Bouchard, ne s’en cache pas. Pourtant, avec le complexe développé à Port-Cartier, composé de Arbec, Carbonité et Bioénergie Æ Côte-Nord, on pourrait croire que Rémabec a le vent dans les voiles.
« Présentement, je pourrais vous dire qu’on a beaucoup de vent de front », a illustré M. Bouchard, en entrevue avec Le Nord-Côtier, précisant toutefois que c’est un site dans lequel l’entreprise croit fermement pour l’avenir.
Mais à moins que le Canada en vienne à une entente avec les États-Unis, la scierie Arbec fermera à nouveau pour une durée indéterminée dans huit semaines.
« C’est énorme, c’est beaucoup trop », affirme M. Bouchard, en parlant des taxes de plus de 35 % auxquelles est exposée l’industrie du bois d’œuvre du Canada, lorsqu’elle expédie aux États-Unis.
« La quantité aussi qui est demandée par justement les marchés américains est quand même baissée de façon importante. Donc, il faut s’assurer qu’on ne fait pas du sillage pour le laisser dans la cour et qu’on ne puisse pas nécessairement le vendre à des prix qui sont intéressants », explique-t-il.
Le coût du bois rond est plus élevé au Québec que dans d’autres juridictions comme l’Ontario, ajoute-t-il.
« Donc Rémabec ne ferme pas nécessairement des usines. C’est vraiment l’économie qui ferme les usines », dit le co-président du Groupe.
Ce sont 67 syndiqués et une quinzaine de cadres de la scierie Arbec de Port-Cartier qui sont touchées par le licenciement collectif.
Éric Bouchard réitère qu’il n’est aucunement question d’une fermeture définitive.
Pour ce qui est des installations de Carbonity et de Bioénergie Æ Côte-Nord, elles ne sont pas affectées par la situation avec les États-Unis pour le moment et aucune fermeture ou arrêt ne sont prévus.
Par contre, comme pour tous, elles ne sont pas à l’abri de nouvelles contraintes que pourrait imposer l’imprévisible administration Trump à d’autres produits forestiers.
« S’il arrive de nouvelles taxes ou de nouvelles contraintes, peut-être qu’il pourrait y avoir différentes choses qui pourraient changer… Mais on ne spéculera pas pour l’instant », a conclu M. Bouchard.
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