Une autre usine de production de saumon; cette fois-ci à Baie-Comeau
Michel Desbiens, maire de Baie-Comeau, Jérôme Bacon-St-Onge, vice-chef de la communauté innue de Pessamit, et Guy Bouchard, président du Groupe CanAqua. Photo Karianne Nepton-Philippe
Le Groupe CanAqua a l’intention de concrétiser un projet de construction d’usine de production de saumon à Baie-Comeau.
L’entreprise, basée à Sept-Îles, a tenu une séance d’information le 19 septembre devant les journalistes pour présenter son projet.
Celui-ci fait grandement penser à celui de l’entreprise AquaBoreal, qui s’installe à Baie-Trinité.
Le Groupe CanAqua souhaite produire 3 000 tonnes de saumon par année, en utilisant le système RAS et un élevage de saumon en bassins.
« C’est la même technologie […] c’est aussi un saumon atlantique, mais après il y a différents fournisseurs de technologie. Ce n’est pas le même fournisseur ni la même grosseur de projet », explique le président du Groupe CanAqua, Guy Bouchard.
Il est à noter que le but n’est pas de faire compétition à AquaBoreal à Baie-Trinité.
« Il y aurait cinq projets de saumon en Côte-Nord, je serais heureux. Ce ne sont pas des concurrents, ce sont des gens dans le même marché », précise le président.
Pour lui, tant mieux si la Côte-Nord devient un pôle majeur au Québec.
3 000 tonnes de saumon
La première phase de projet de Baie-Comeau est un investissement de 35 M$. Elle prévoit 3 000 tonnes par an de poissons de 2 à 4,5 kg ainsi que la création d’une quinzaine d’emplois.
Les emplois se répartissent entre l’élevage et la transformation. L’entreprise prévoit aussi miser sur l’automatisation. L’investissement total du projet est de 100 M$.
Au bout des deux phases, le Groupe CanAqua précise combler environ 35 % des importations annuelles de saumon au Québec
L’entreprise souhaite débuter les travaux dès mai 2026. Lors de la construction, c’est une centaine d’emplois qui seront générés. Elle parle d’une première récolte à l’été 2028, pour une cadence optimale à l’été 2029.
Notons que l’usine sera branchée sur le réseau électrique d’Hydro-Québec, n’ayant pas de demande majeure en électricité.
Il n’y aura pas de BAPE pour étudier le projet, dans le processus des autorisations gouvernementales, puisqu’il se trouve sous les marges nécessaires pour être obligé d’en tenir un.
Baie-Comeau
Pour CanAqua, Baie-Comeau est l’endroit tout désigné pour ce type de projet.
Le terrain choisi est situé dans le parc industriel Jean-Noël-Tessier. Il est d’une grandeur de 7 hectares.
« Il s’agit de l’ancien terrain de Mason Graphite. […] Comme le projet ne s’est pas fait, on a entrepris les procédures de récupération de terrain et dans l’entente qu’on avait, on récupérait aussi les données d’études », explique la directrice de la Société d’expansion de Baie-Comeau, Marie-Josée Paradis.
« Baie-Comeau est en analyse présentement pour redémarrer la station de pompage et apporter de l’eau brute dans le parc Jean-Noël-Tessier », fait savoir le maire, Michel Desbiens.
À ce jour, la Ville a une entente de principe entre elle, la Société d’expansion de Baie-Comeau et le Groupe CanAqua.
« Il reste du travail à faire pour les trois parties. Nous, on poursuit nos analyses », ajoute M. Desbiens, précisant que l’accueil d’une nouvelle entreprise ne modifie en rien le travail entamé.
L’eau proviendra du lac à la Chasse.
Le Groupe CanAqua précise qu’il sera en charge de la filtration et le traitement des eaux de rejets, avant que celle-ci soit envoyée en direction des étangs aérés de la Ville de Baie-Comeau.
Entente à venir avec Pessamit
Aucune entente n’est encore signée, mais le vice-chef du Conseil des Innus de Pessamit, Jérôme Bacon St-Onge, se dit enthousiaste de former un partenariat dans ce projet.
« C’est un projet qui nous intéresse vivement, considérant qu’il est sur le territoire ancestral des Innus de Pessamit, le Nitassinan. […] Je vois que, dans ce projet, on tient compte des gens de Pessamit, l’importance qu’on nous accorde », indique-t-il.
Pas une copie de Bécancour
Le Groupe CanAqua a déposé, par le passé, un projet d’usine de pisciculture de truites arc-en-ciel à Bécancour. Ce projet a été abandonné en 2023, selon l’entrepreneur, pour des raisons administratives. Il y aurait eu des retards avec les autorisations environnementales.
« Quand on est arrivé à Bécancour, la filière agroalimentaire était dans leurs priorités. Rapidement, ce n’était plus le cas », relate Guy Bouchard.
C’est après que ce dernier s’est tourné vers Baie-Comeau pour un tout autre projet. « Après coup, on a remarqué que si on avait plus de vision, on serait venu ici avant », poursuit-il.
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