Forestville : « Ça ne lui ressemble pas », dit le père qui réagit à l’abandon de son fils
L'audience sur la remise en liberté des deux accusées se tient aujourd’hui, mercredi 24 septembre, au palais de justice de Baie-Comeau, alors que le DPCP s’y oppose. Photo : Anne-Sophie Paquet-T
« Je ne sais pas le déclic qu’elle a eu pour poser un acte comme ça. » Le père d’un des garçons abandonnés le 22 septembre dans un boisé des Bergeronnes par leur mère et sa conjointe dit tomber des nues.
« C’est une très grande surprise, parce qu’elle était entourée, soutenue, et je n’ai jamais eu d’inquiétude par le passé », confie-t-il au journal Le Manic. « Elle était très bonne avec ses enfants, une personne responsable. Ça ne lui ressemble pas du tout », laisse-t-il tomber encore abasourdi par la situation.
Celui-ci insiste sur le fait que, jusque-là, il n’avait aucune crainte quant aux capacités parentales de la mère. « Elle ne prenait aucun médicament, pas de drogue, il n’y avait aucun signal d’alarme. L’enfant n’avait pas de comportement différent de d’habitude », explique-t-il.
Cet été encore, il lui avait confié sa propre fille pour quelques jours : « Nous-mêmes, on lui a confié notre fille et elle a été très bonne. Ça ne collait pas du tout avec l’image que j’avais d’elle. »
Des délais frustrants
Il affirme avoir appris la situation non pas par la Sûreté du Québec ni par la DPJ, mais par l’autre père concerné, vers 19 h. « Ce n’est pas normal que j’aie été averti par un citoyen plutôt que par les autorités », dit-il. Après avoir tenté d’obtenir des réponses, il a finalement été dirigé vers le poste de police de Tadoussac.
Il raconte avoir quitté Forestville vers 20 h 15 et être arrivé à Tadoussac un peu après 21 h. « J’ai attendu 2 h 40 dehors avant qu’un policier ne m’ouvre la porte », déplore-t-il. Pendant ce temps, son fils se trouvait déjà à l’intérieur avec deux intervenants de la DPJ. « C’est spécial de ne pas avoir été informé directement alors qu’on parle d’une situation urgente, un abandon d’enfant avec une mise en danger », ajoute-t-il.
Un accès refusé à son fils
Au moment de l’entrevue, le père de famille n’avait toujours pas pu voir ni parler à son garçon. « La protection de la jeunesse m’a refusé la rencontre parce qu’ils craignaient que je l’influence dans son témoignage. Ils m’ont dit que ça pouvait nuire à leur dossier », raconte-t-il.
Il dénonce cette décision, qu’il juge injustifiée : « C’est ridicule. Nous sommes les pères, nous n’avons aucun interdit de contact, et pourtant nous n’avons pas pu accompagner nos enfants alors qu’ils étaient interrogés par la police et la DPJ. »
Selon lui, les trois enfants ont été confiés à la famille maternelle de la mère, mais il n’aurait reçu aucun suivi clair. « On m’a seulement dit qu’ils étaient là, en sécurité. C’est tout », résume-t-il.
Une dénonciation publique
Face à cette situation, l’homme a mandaté un avocat et entend aller plus loin. « Je vais déposer une plainte en déontologie policière et j’envisage aussi des poursuites civiles contre la DPJ », avance-t-il.
Il estime avoir été tenu à l’écart de façon inacceptable. « Je pense qu’il faut que quelqu’un sonne l’alarme pour dire que ce n’est pas normal que ça se passe comme ça au niveau de la protection de la jeunesse et de la police. C’est déplorable. »
Aujourd’hui, l’autre père et lui sont présents au palais de justice de Baie-Comeau pour faire valoir leurs droits parentaux et assister à l’audience sur la remise en liberté des deux accusées.
Notons qu’une ordonnance de non-publication concernant l’identité des enfants nous empêche de divulguer le nom des parents.
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