« J’ai tué Robert Pickton pour les victimes », plaide son assassin
Robert Pickton a été assassiné par Martin Charest le 19 mai 2024 au pénitencier de Port-Cartier. Photo Emy-Jane Déry
Martin Charest a plaidé coupable, jeudi, du meurtre au premier degré du tueur en série Robert Pickton, à qui il a enfoncé un manche à balai dans le crâne, au pénitencier de Port-Cartier.
L’assassin de Robert Pickton a expliqué que « les fils se sont touchés », lorsque la veille des événements, il a entendu dire que son codétenu se vantait de ses crimes, affirmant qu’une des femmes qu’il avait tuée était avec un enfant à qui il aurait aussi souhaité faire du mal.
Vêtu d’un chandail bleu, de lunette et d’une longue barbe, Martin Charest semblait calme et lucide durant sa comparution. Il était dans la salle des visites de son établissement carcéral de Saint-Anne-des-Plaines.
« Je l’ai fait pour les victimes », a affirmé Martin Charest, qui a comparu par visioconférence, jeudi, au palais de justice de Sept-Îles. « Je le sais qu’on ne peut pas se faire justice, mais je l’ai tué pour les victimes, et non pour moi », a-t-il poursuivi.
Le 19 mai 2024, au moment où les détenus devaient aller récupérer leur médicament dans la salle commune, Martin Charest a manipulé le dispositif de verrouillage de la porte, compliquant l’accès des lieux aux agents carcéraux. Les choses se sont déroulées très rapidement, a fait savoir la procureur de la Couronne, Me Mélissa Hogan, en résumant les faits.
Une fois à l’intérieur avec Robert Pickton, il lui a asséné de violents coups à la tête alors qu’il lui faisait dos. Pickton est tombé au sol. S’en est suivi une série de coups de pied à la tête, puis finalement d’un manche à balai qui va d’ailleurs se casser dans la tête de la victime.
Martin Charest a dit souhaiter plaider coupable, après en avoir discuté avec sa famille. Il a précisé que six mois plus tard, il aurait possiblement pu être libéré en maison de transition, s’il n’avait pas commis cet acte.
« Il a fait 49 victimes, peut-être plus, des victimes qui avaient des pères, des mères, des frères ou des sœurs ou des enfants. Je ne pouvais pas laisser continuer ça », a-t-il dit. « Il disait que s’il était libéré, qu’il continuerait à faire des victimes. J’ai perdu le contrôle, monsieur le juge », a-t-il dit, ajoutant malgré tout « ne pas avoir de remords de conscience ».
Martin Charest a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.
« Il est de connaissance judiciaire que la victime a commis les pires atrocités qu’une personne peut commettre envers l’autre personne. Cependant, celle-ci, la victime, avait le droit de purger sa peine dans un centre de détention en toute sécurité », a affirmé le juge.
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