Le président du Groupement agroforestier Côte-Nord, Jean-Marie Bélisle, a insisté sur le rôle crucial de la collaboration entre les propriétaires forestiers, les municipalités et l’industrie. Selon lui, la mise en commun des efforts demeure la clé pour dynamiser la forêt privée nord-côtière.
Il a souligné que la région, largement dominée par la forêt publique, tarde encore à développer une véritable culture forestière axée sur la propriété privée. « La région est fortement dominée par la forêt publique. Je pense qu’une véritable culture forestière au Québec, ça reste à développer et c’est particulièrement vrai sur la Côte-Nord. »
Actuellement, moins de 20 % des propriétaires disposent d’un plan d’aménagement forestier, une situation que M. Bélisle juge « déplorable ». Il rappelle que la forêt privée pourrait produire beaucoup plus si elle était mieux encadrée. « C’est dommage parce qu’on pourrait faire vraiment mieux. »
Pour lui, la forêt privée représente non seulement une ressource économique, mais aussi un espace qui se développe et s’enrichit à mesure qu’on l’entretient. « La possibilité forestière, plus on la travaille, plus elle se développe », a-t-il soutenu.
Jean-Marie Bélisle a également appelé les municipalités et le gouvernement provincial à soutenir davantage les propriétaires, notamment par l’utilisation d’outils fiscaux existants, tels que le programme d’évaluation des immeubles forestiers.
Propriétaire boisé depuis son enfance, le président du Groupement a grandi dans ce milieu qui lui servait de refuge et de terrain d’apprentissage. Il a raconté avoir aménagé le lot familial au fil des ans avec des sentiers, plantations, jardins et récoltes.
« Ce sont toutes ces petites affaires-là qui font que les retombées économiques de la forêt privée sont beaucoup plus importantes que ce qu’on a en forêt publique, par rapport à la bûche récoltée. »
Le président a conclu son discours en rendant hommage aux artisans et partenaires qui ont contribué au développement du groupement depuis ses débuts.
Un début modeste pour une grande aventure
S’il y en a un qui est bien placé pour rappeler l’histoire du Groupement agroforestier Côte-Nord, c’est bien Marc Poissonnet, qui en a été le directeur pendant 35 ans, de sa fondation en 1985 à 2020.
À sa première année d’opération, le budget d’aménagement alloué au groupement n’était que de 54 000 $. Une somme qui, selon lui, illustre l’ampleur du chemin parcouru. Au fil des années, le Groupement agroforestier a pris de l’ampleur. “ En 2000, le Groupement atteignait un chiffre d’affaires de 2,204 millions avec 57 emplois créés annuellement et 21 900 mètres cubes de bois récoltés sur forêt privée. ”
M. Poissonnet s’est toutefois remémoré la chute importante survenue après 2008. “ C’est sûr que ceux qui étaient là à l’assemblée générale ont vu la décroissance parce qu’il y a eu la grande crise que le monde a connue qui a évolué en crise forestière. ”
Il a aussi souligné la fidélité de certains membres du personnel. Avec satisfaction, il constate aujourd’hui la relève en place. “ Je suis heureux aujourd’hui de constater qu’avec une bonne relève dynamique à la direction, sous Samuel, et une équipe impliquée d’employés, le groupement est un organisme bien implanté, reconnu et indispensable. ”
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