Métaux Torngat: la vision d’un géant

Par Emelie Bernier 5:00 AM - 2 décembre 2025 Initiative de journalisme local
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Modélisation de l'usine de Métaux Torngat à Pointe-Noire. Source Métaux Torngat

Québec, Congrès Québec Mines+Énergie, 19 novembre, dans le grand salon d’exposition. Les fournisseurs de services côtoient les industries, les ministères, les Sociétés, les centres de formation… Gravitant autour du kiosque de Métaux Torngat, Aline Vandermeer, directrice des communications, multiplie les échanges. 

Le projet de Métaux Torngat, « les pionniers des terres rares au Canada », doit-on le rappeler, est un des grands projets miniers qui tentent présentement d’émerger au Canada.

La minière souhaite exploiter les terres rares de la fosse du Labrador et devra pour cela développer un chemin d’accès hivernal qui reliera la fosse à la côte du Labrador et d’importantes infrastructures de transformation et de transbordement dans le secteur de Sept-Îles.

À ce jour, le projet n’a pas été mis sur la voie rapide par le gouvernement Carney, mais la conjoncture politique actuelle pourrait jouer en sa faveur.

« C’est un projet qui est considéré d’intérêt stratégique par le Canada et le Québec. À ce stade-ci, il n’est pas nommé parmi les grands projets d’intérêt national, mais on pourrait en faire partie lors d’une prochaine vague d’annonce », résume Aline Vandermeer.

Cette annonce et d’éventuels allégements inhérents seraient bienvenus. 

« Il y a beaucoup d’étapes et ce n’est pas un chemin facile de faire arriver un projet comme le nôtre. S’il peut y avoir certaines révisions gouvernementales, certains processus qui peuvent être faits plus rapidement ou de façon un peu moins lourde d’un côté administration, ça va beaucoup aider, mais on ne peut pas brûler d’étapes, tant au niveau environnemental qu’au niveau engagement communautaire et acceptabilité sociale », estime la porte-parole.

Nouveau lieu, préoccupations similaires

En tout, Métaux Torngat veut déplacer quelque 200 000 tonnes de concentré de terres rares vers une usine qui serait construite sur les terres de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire, à Sept-Îles. Rappelons qu’une première mouture envoyait l’usine dans le secteur du parc Armand-Vigneault, mais celle-ci n’a pas passé la rampe de l’accessibilité sociale. 

L’emplacement des pôles du projet. Source : Métaux Torngat

Une nouvelle consultation publique de 30 jours a fait suite au changement de site. Une compilation des enjeux soumis est disponibles sur le site du ministère.

Le maintien de la santé publique, la préservation des zones de villégiature, le maintien de la qualité des habitats floristiques et fauniques, la conservation et la protection des ressources en eau de surface et souterraine, notamment les effets des déchets radioactifs persistants sur les écosystèmes (voir autre texte), sont au nombre des préoccupations compilées dans le rapport.

« Les résultats de la consultation nourrissent l’étude d’impact en cours. Oui, il reste des questions, des enjeux. L’acceptabilité sociale ne se fait pas en claquant des doigts. C’est un processus de consultation, d’écoute et on est engagé là-dedans », affirme Aline Vandermeer.

Des séances d’information et de consultation avec la population de Sept-Îles et, plus récemment, avec les communautés d’Uashat Mak-Mani-Utenam ont eu lieu.

« On s’est engagé à revenir devant la population de Sept-Îles pour présenter l’étude d’impact d’AtkinsRéalis, les résultats et les mesures de mitigation », indique Mme Vandermeer. Le dépôt est prévu « début 2026 ».

Les préoccupations sont entendues, mais la volonté de Métaux Torngat ne fléchit pas. 

« Des terres rares, on ne s’en rend pas compte, mais il y en a dans toutes les technologies qu’on utilise : téléphone, ordi, télé… Si vous avez une voiture électrique, c’est un très gros marché. Il y a des besoins dans beaucoup de secteurs névralgiques et c’est pour ça qu’on en parle autant. Présentement, la Chine a le monopole. On voit ça comme stratégique d’amener ce type d’industrie au Québec, au Canada et être capable non seulement d’extraire, mais mener le procédé pour arriver au produit final », ajoute Aline Vandermeer.

Une mise en opération pour 2029 ou 2030 serait souhaitée par l’entreprise.

« Il y a des étapes qu’on contrôle et des étapes qu’on ne contrôle pas », conclut la porte-parole.

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