Haute-Côte-Nord : deux mini-usines en guise d’école

Par Johannie Gaudreault 12:00 PM - 3 décembre 2025
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Des copeaux de bois et du papier recyclé seront utilisés pour fabriquer les bûches d'allumage. Photo Pixabay

Deux conteneurs seront transformés en mini-usines où les adultes pourront apprendre un métier semi-spécialisé et recycler le papier en bûches d’allumage.

Il s’agit d’un projet lancé par le Centre d’éducation des adultes (CÉA) de l’Estuaire qui vise à former des élèves à des métiers semi-spécialisés tout en luttant contre le décrochage scolaire. Les installations produiront des bûches d’allumage à partir de papier recyclé et de copeaux de bois.

Ces nouvelles installations, financées grâce à une enveloppe de 225 000 $ obtenue dans le cadre de la Mesure de soutien à la formation, permettront de créer deux programmes menant à un diplôme de formation à un métier semi-spécialisé (FMS).

Pensées pour être installées dans des conteneurs industriels, les mini-usines prendront place à Forestville, près du Pavillon des Rivières du CFP de l’Estuaire, et aux Bergeronnes, à proximité de la polyvalente des Berges.

Initialement, une implantation était envisagée à Baie-Comeau, mais l’organisation a finalement opté pour Forestville et Les Bergeronnes afin de « bonifier l’offre de service dans ces secteurs », mentionne la régisseuse aux communications du Centre de services scolaire de l’Estuaire, Patricia Lavoie.

Le CÉA de l’Estuaire a lancé un appel d’offres la semaine dernière afin d’acquérir les deux mini-usines.

Former dans l’action

Les mini-usines serviront de terrains d’apprentissage pour deux formations : Aide opérateur à la presse et Manœuvre de fabrication mécanique.

Les élèves y réutiliseront notamment le papier déchiqueté provenant des plateaux de travail actuels du CÉA afin de le transformer en bûches d’allumage. Des palettes récupérées auprès d’entreprises régionales seront également transformées en copeaux de bois et intégrées au mélange.

Ce projet vise explicitement à soutenir la persévérance scolaire. « Il s’agit d’une excellente façon pour les élèves impliqués d’aller chercher les préalables nécessaires pour par la suite accéder à la formation professionnelle », souligne Mme Lavoie.

Les jeunes pourront effectuer directement sur place des heures reconnues par le ministère de l’Éducation, tout en développant des compétences concrètes et transférables sur le marché du travail.

Le CÉA prévoit aussi reconnaître des attestations locales pour les élèves ayant certaines limitations, ce qui pourrait faciliter leur intégration en emploi avec des partenaires tels que le SÉMO. Des maillages avec le secteur des jeunes sont également envisagés pour soutenir le maintien en formation.

Voici une esquisse de ce à quoi pourrait ressembler une mini-usine pour la fabrication de bûches de papier. Photo CSS de l’Estuaire

Début des formations en 2026

Les travaux d’aménagement débuteront dès l’acquisition des équipements. L’objectif est de lancer les premières cohortes à l’automne 2026.

Selon la porte-parole, ce projet représente un outil supplémentaire dans la lutte au décrochage scolaire et s’arrime parfaitement aux plateaux de travail déjà en place, notamment la récupération et le déchiquetage du papier.

« C’est vraiment un outil supplémentaire dans la lutte au décrochage scolaire et un projet pédagogique innovant axé sur le marché de l’emploi », dit-elle.

Bien que lié aux installations du CFP de l’Estuaire, le projet relève entièrement du Centre d’éducation des adultes. Il vient toutefois enrichir l’écosystème éducatif régional en ajoutant une passerelle supplémentaire vers la formation professionnelle.

Le CSS de l’Estuaire n’est pas en mesure de dévoiler si un projet semblable existe ailleurs au Québec.

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