La Côte-Nord n’échappe pas à l’insécurité alimentaire. En pleine période de confection et de distribution de paniers de Noël et de Grande guignolée des médias, la faim se confirme plus que jamais. Mais il y a aussi les conclusions d’une toute récente étude de l’Observatoire québécois des inégalités qui en ajoutent une couche sur la triste réalité en révélant que 10 000 personnes sont concernées chez nous, soit 13,7 %.
« C’est près d’une personne sur six, sur la Côte-Nord, qui souffre d’insécurité alimentaire. C’est particulièrement préoccupant », assure l’auteur de l’étude, l’économiste Geoffroy Boucher.
Ce dernier reconnaît que la proportion de Nord-Côtiers est légèrement en deçà de la moyenne québécoise, qui se situe à près d’une personne sur cinq. Les revenus qui y sont plus élevés que dans d’autres régions du Québec expliqueraient la situation.
Les résultats de l’étude, rendus publics le 1er décembre, sont basés sur des fichiers de microdonnées de l’Enquête canadienne de revenu de Statistique Canada pour l’année 2023. Ils révèlent que l’insécurité alimentaire au Québec gagne du terrain inexorablement.
En l’espace de cinq ans, le nombre de personnes touchées a pratiquement doublé. Ce qui est encore plus alarmant, selon M. Boucher, c’est que la hausse concerne davantage les cas d’insécurité alimentaire sévère que les niveaux léger ou modéré.
« Sévère, c’est lorsqu’il y a de sérieuses perturbations des habitudes alimentaires. On parle de repas sautés, voire toute une journée, souvent associés à une perte de poids. C’est cette catégorie-là qui a connu la progression la plus marquée », se désole-t-il.
Aliments et logement
Sur la Côte-Nord, tout comme dans le reste du Québec, l’augmentation faramineuse du prix des aliments est pointée du doigt. On parle d’un bond de 25 % entre 2019 et 2023.
Il y a aussi un lien très clair à faire entre la crise de l’insécurité alimentaire au Québec et la crise du logement, fait aussi remarquer l’économiste.
La hausse du coût des logements est telle que pour réussir à payer leur loyer, des personnes coupent là où elles peuvent et l’épicerie fait partie des quelques dépenses compressibles. C’est ce qui fait qu’une personne locataire sur trois vit de l’insécurité alimentaire.
Tout en rappelant que les données les plus récentes datent de 2023, Geoffroy Boucher dit s’attendre à ce que la situation de la faim au Québec ait continué de se détériorer en 2024 et en 2025.
« Notamment parce qu’on voit que depuis le début de 2025, les augmentations de prix des aliments repartent à la hausse. On avait réussi à contrôler l’inflation au niveau des prix des aliments avec des hausses successives du taux directeur par la Banque du Canada. »
Pistes de solutions
D’après l’économiste, des solutions pour renverser la vapeur, il y en a. Au-delà du travail des banques alimentaires qu’il qualifie de colossal, il considère que la meilleure façon de contrer l’insécurité alimentaire, c’est d’agir sur les revenus.
« On a plusieurs leviers pour le faire au Québec. On a la fixation du salaire minimum, les allocations familiales, le crédit d’impôt pour solidarité, notre régime de pensions public, la RRQ, et les prestations d’assistance sociale », conclut Geoffroy Boucher.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.