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Hôtellerie Côte-Nord : une destination motoneige

Par Johannie Gaudreault 6:00 AM - 6 décembre 2025
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Julie Tremblay et Stéphane Laprise, copropriétaires d’Hôtellerie Côte-Nord, ont acquis le Motel La Croisière des Bergeronnes en avril 2025. Photo courtoisie

Avec l’acquisition du Motel La Croisière aux Bergeronnes et sa première ouverture hivernale, Hôtellerie Côte-Nord veut capter la clientèle de motoneigistes et prolonger la saison touristique. 

L’entreprise mise sur un modèle d’hébergement flexible, adapté aux besoins de cette clientèle fidèle, pour renforcer l’économie régionale en hiver.

Hôtellerie Côte-Nord élargit son offre en quatre saisons avec l’ouverture hivernale du Motel La Croisière, acquis en avril dernier aux Bergeronnes. Situé à proximité directe d’un sentier de motoneige, l’établissement entend devenir un point de chute stratégique pour les amateurs de plein air motorisé.

« L’emplacement est un atout, la piste passe à proximité de l’hôtel », explique la copropriétaire Julie Tremblay, qui souligne que l’ouverture hivernale constitue une première dans l’histoire récente du motel, jusqu’ici exploité uniquement l’été.

Pour soutenir cette décision, l’entreprise a installé des bornes libre-service permettant aux clients de s’enregistrer sans personnel à la réception, en continu. « Ça enlève un poids de devoir garder quelqu’un 7 jours sur 7 et ça nous permet d’opérer efficacement, même hors saison », ajoute Mme Tremblay, à la tête d’Hôtellerie Côte-Nord, avec son conjoint Stéphane Laprise.

L’attrait de la clientèle motoneigiste a été déterminant. Déjà bien connue dans les secteurs des Escoumins et de Forestville, cette clientèle représente, selon l’entreprise, une valeur économique sûre, mais flexible. 

« Contrairement aux vacanciers d’été qui réservent six mois d’avance, les motoneigistes ajustent leurs séjours en fonction de la météo. Le calendrier peut se remplir, ou se vider rapidement. Il faut s’adapter », remarque Julie Tremblay, qui le vit depuis 2022 au Complexe Hôtelier Escoumins.

L’expérience de Hôtellerie Côte-Nord montre toutefois que ces visiteurs sont fidèles et générateurs de bouche à oreille. « Ce sont des clients qui reviennent souvent, qui créent des groupes et qui invitent leurs amis. Ça devient un véritable point de rencontre », illustre la dirigeante, qui ajoute que des liens d’amitié se sont créés sur place.

Le développement hivernal s’appuie aussi sur la qualité des infrastructures locales. Les clubs de motoneige et les relais jouent un rôle clé dans l’attrait de la Côte-Nord comme destination. « On ne développe pas une saison seule. Les sentiers bien entretenus et les relais sont essentiels pour que les gens choisissent notre région », insiste l’entrepreneuse.

Former un réseau 

Sur le plan des investissements, le Motel La Croisière sera modernisé dès l’automne. Les unités, composées principalement de studios avec cuisine, seront équipées de lits escamotables, en remplacement des divans-lits, et de nouveaux équipements de cuisine, afin de rehausser le confort.

Avec trois établissements — le Motel Quatre Saisons (2012), le Complexe Hôtelier des Escoumins (2022) et maintenant le Motel La Croisière (2025) — Hôtellerie Côte-Nord entend créer un réseau intégré. Les clients peuvent réserver dans n’importe quel établissement par un seul appel, ce qui facilite la gestion et fidélise la clientèle.

Malgré les défis liés à la main-d’œuvre, notamment la dépendance à des travailleurs étrangers temporaires, l’entreprise continue de voir des opportunités dans l’hôtellerie régionale. « On n’a pas de plan précis d’acquisition pour le moment, mais on demeure ouvert aux opportunités », conclut Julie Tremblay, précisant qu’aucun projet n’est sur la table, présentement.

Stéphane Laprise, copropriétaire, tient entre ses mains des panneaux d’affichage à installer dans les sentiers de motoneige. Photo courtoisie

Une industrie en croissance

Selon le bilan de fin de saison de Tourisme Côte-Nord, publié à l’été 2024, malgré le faible enneigement observé dans l’ensemble de la province québécoise, la Côte-Nord en a reçu suffisamment pour que des activités hivernales soient pratiquées. « Cette situation a favorisé une hausse de la fréquentation des activités liées à l’industrie de la motoneige et confirme qu’il faut prioriser des actions dans le développement, la structuration et la promotion du tourisme hivernal dans la région », confirme-t-on. Une étude de 2024 sur l’impact économique global de la motoneige au Québec a révélé des retombées de 3,27 milliards de dollars et la création de 14 440 emplois. Des chiffres précis ne sont pas disponibles pour la Côte-Nord.

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