Un chemin de fer de 140 pieds au Cégep de Sept-Îles
L'installation du rail facilitera les formations techniques. Photo courtoisie CEF RAIL
Le nouveau Pavillon de la recherche et de l’innovation Rio Tinto – IOC accueille une infrastructure surprenante : un rail de chemin de fer intérieur ! Long de 80 pieds, il se poursuit sur 60 pieds supplémentaires à l’extérieur où on prévoit déjà d’ajouter un aiguillage d’ici 2 ans. Il sera un outil pratique pour les formations dispensées par le Centre d’expertise ferroviaire RAIL, un des futurs occupants du nouveau bâtiment.
Affilié au Cégep de Sept-Îles, le Centre d’expertise ferroviaire RAIL (CEFRAIL) a été officiellement créé en 2020, bien que les activités de formation aient débuté en 2007 avec l’attestation d’études collégiales Chef de train.
Formations sur mesure destinées aux employés des entreprises de la région, recherche et aide technique sont les trois pôles d’activités développés par le centre qui déménagera bientôt ses pénates dans le tout nouveau pavillon Rio Tinto-IOC.

« En 2019, notre carnet était d’une vingtaine de formations spécialisées adaptées aux besoins de l’industrie, mais aujourd’hui en 2025, il est d’une trentaine. Avec les nouvelles infrastructures, on pourra faire encore plus », explique Luc Faucher, directeur du CEFRAIL.
En 2024-2025, le CEFRAIL a dispensé 28 formations, mené 11 projets de recherche et 15 projets d’aide technique, peut-on lire dans le rapport annuel publié le 10 décembre.
L’ajout du rail-école est un énorme plus, car jusqu’ici, la partie technique des cours impliquait que les activités sur la voie ferrée soit à l’arrêt.
À ce jour, la voie ferrée extérieure est d’une longueur de 60 pieds « mais on vise d’ajouter un aiguillage d’ici 2 ans », indique M. Faucher.
Un wagon de minerai de 34 pieds trouvera également sa place dans le bâtiment, gracieuseté de Rio Tinto-IOC.
Les milieux politique et industriel appuient sans ambages le CEFRAIL.
À preuve, le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie y a investi 15,6 M$, Développement économique Canada 10 M$, le Cégep de Sept-Îles 3,1 M$, la Société du Plan Nord 1,2 M$, le Mouvement Desjardins 1 M$ et Rio Tinto – IOC, 4 M$.

« Et ça, c’est avant tous les dons. Le rail a été donné par l’association formée de Rio Tinto-IOC, ArcelorMittal et de la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire. La SFPPN est venue l’installer pendant sept jours. Le rail a été installé par des compagnies privées, à leurs frais. On attend le wagon qui va être donné et transporté aux frais de la compagnie Rio Tinto-IOC. C’est un gros projet très communautaire. Ces compagnies y voient un intérêt », indique M. Faucher.
Le contexte est favorable aux différentes missions du Centre d’expertise et pas qu’en lien avec les industries.
« C’est un moyen très prisé pour transporter des commodités, parce qu’il est moins cher que les autres. Si on fait la comparaison, le rail, ça prend trois à quatre fois moins d’essence pour le transport des biens, que le camionnage. Et c’est pertinent dans le domaine du transport des personnes. Si on enlève des voitures sur les routes au profit du transport en commun sur le rail, c’est aussi très intéressant. Autant pour l’économie que pour l’environnement, le ferroviaire est très versatile », affirme M. Faucher.
Pour un statut d’école ferroviaire publique
L’obtention d’un statut d’école ferroviaire publique est convoitée et pourrait accélérer le développement du centre, mais, quoi qu’il advienne, le train est bel et bien en marche, selon Luc Faucher qui confie que la période est particulièrement fébrile.
« Quand le centre a été lancé en 2020, on était quatre employés. Aujourd’hui, on est 14 à temps plein plus dix profs à temps partiel. 25 organisations font affaire avec nous, que ce soit pour des formations, des projets d’aide technique ou de la recherche. C’est très dynamique comme communauté. »
Les démarches sont en cours pour faire reconnaître le CEFRAIL à titre d’école publique, à l’instar de certains centres de formation dans des domaines comme le maritime, par exemple.
« Pour le moment, il n’y a pas rien d’officiel. On est encore en discussion pour avoir une accréditation et oui, le but ultime, c’est d’en arriver à ça. On monte notre dossier, brique par brique, pour créer ça, parce que le milieu en a besoin », commente Luc Faucher.
Mais pas question d’attendre après le statut.
« On croît à la vitesse de la demande. On n’aura pas nécessairement besoin de ça pour continuer à vivre, on a du financement pour ce qu’on veut faire, mais la seule nuance, c’est à quelle vitesse on peut le faire. Si on a cette accréditation, on va peut-être monter un AEC, trois programmes de DEC, des formations plus publiques que ce qu’elles sont maintenant. On pourrait faire plus de choses encore et ce serait bon pour tous ! », conclut le directeur.
L’inauguration du pavillon, que le CEFRAIL partagera avec le Centre de recherche et d’innovation en intelligence énergétique CR2ie et l’Institut technologique de maintenance industrielle, est prévue pour janvier.
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