Présence de terres rares à Longue-Rive
Murray Nye participant à la prospection d'une veine de pegmatite à Longue-Rive. Photo courtoisie
La compagnie minière North American Niobium a terminé une première phase de prospection à Longue-Rive et les résultats sont encourageants. L’existence de filons rocheux contenant des terres rares a été confirmée, ceux-ci contiendraient une concentration particulièrement importante de niobium.
La compagnie a mené plusieurs activités de prospection au Québec lors des mois d’octobre et de novembre, dont des sorties particulièrement intéressantes dans la zone qu’elle appelle « seigneurie » située au nord de Longue-Rive.
Cette zone comporte six corridors totalisant 27 kilomètres qui suivent des pegmatites, des filons rocheux qui côtoient les formations rocheuses de granite où peuvent se trouver différentes terres rares.
Clyde McMillan, géoscientifique et conseiller technique pour le compte de la compagnie, précise que les terres rares forment un groupe de plusieurs éléments qui peuvent être utilisés pour la fabrication de composants industriels très raffinés.
« Il y avait de bonnes indications dans ce que nous avons prélevé, avec un taux très intéressant de ces terres rares lors de l’analyse des échantillons », mentionne-t-il en entrevue avec Le Haute-Côte-Nord.
Il révèle que la présence d’une poignée d’éléments suffit pour exploiter un site, et que ces potentiels gisements pourraient renfermer des quantités appréciables de différents minéraux comme le niobium, un métal présent au Québec à une échelle de 7 % par rapport à ses réserves mondiales.
Un métal essentiel
Il est temps de ressortir son tableau périodique et de s’arrêter sur le numéro 41, Nb pour les intimes, qui est un métal utilisé dans la fabrication industrielle moderne.
En entrevue avec le Journal, le PDG de l’entreprise minière, Murray Nye, indique le niobium est utilisé « dans une grande variété » d’applications, notamment dans des moteurs à réaction, des systèmes de protection thermique pour l’aérospatial et pour les technologies modernes de défense, entre autres.
« D’une perspective du domaine de la défense, le niobium est un minéral critique pour tous ces composants », fait-il savoir. « Dans la plupart des cas, il n’y a pas de substitut, donc il faut en avoir si l’on veut produire ces technologies », ajoute-t-il.
Le PDG se dit « bien excité » de participer à ce projet qui est intéressant d’un point de vue géologique, mais aussi stratégique en évitant les arrêts sur les chaînes de production.
Ce dernier réfère à la pénurie de semi-conducteurs utilisés pour les véhicules qui a sévi après la pandémie de COVID-19, particulièrement chez le fabricant Ford.
« Pouvez-vous imaginer que la totalité de votre ligne de production soit à l’arrêt dans l’attente d’un élément ? », questionne-t-il.
« Il y a beaucoup de situations intéressantes qui ont cours dans le monde en ce moment quand vient le temps de parler de ces minéraux critiques. Le fait de pouvoir développer le potentiel minier est important pour le Québec et le Canada, mais aussi pour l’Amérique du Nord dans son ensemble », évoque M. Nye.

Phase 2
La phase de prospection est terminée et, maintenant, North American Niobium est dans la phase d’attente de permis et d’autorisations.
Comme le rapporte Clyde McMillan, les dernières semaines ont été ponctuées de prises de contact avec les municipalités, la Première Nation des Innus Essipit et toutes les autres instances gouvernementales.
« Nous avons été à la rencontre de tous ces gens et pour le moment, il y a une réponse positive qui résulte de notre présence », assure-t-il.
Ce dernier révèle qu’au courant de l’année 2026, la compagnie procédera à des travaux de forage sur certains sites afin de produire un modèle en trois dimensions des gisements souterrains qui pourraient être exploitées.
Pas besoin de bouchons, le processus n’impliquera pas de dynamite. « Nous allons forer avec des modules de petite taille que nous allons apporter avec nous, qui peuvent passer dans les buissons », divulgue le géoscientifique.
Un emplacement stratégique
La présence de ces terres rares à Longue-Rive est due à un système géologique qui occupe toute la rive nord du fleuve Saint-Laurent, de l’Outaouais jusqu’à Terre-Neuve, la province géologique de Grenville.
Aux dires de Clyde McMillan, cette ceinture géologique serait l’une des plus importantes au monde, et facilement exploitable puisque le site de Longue-Rive serait près des lignes électriques et des routes.
“ À notre avis, ces claims sont le meilleur pari que l’on puisse faire pour trouver des terres rares ou des gisements de niobium ”, souligne-t-il, en spécifiant que d’autres forages auront lieu dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de La Tuque en plus de la Haute-Côte-Nord.
De son côté, Murray Nye ne nie pas l’importance qu’une telle exploitation pourrait avoir moyennant que le tonnage projeté soit intéressant. Il cite le cas de la mine de niobium Niobec de Saguenay dont les réserves actuelles dépassent encore les millions de tonnes.
“ Son espérance de vie est encore de 40 ou 50 ans. Si nous trouvons le quart ou même le cinquième de cette quantité, ce sera une découverte assez significative ”, croit le PDG.
“ Cette découverte pourrait créer beaucoup d’emplois. Habituellement, un emploi dans le secteur minier va donner naissance à cinq autres dans le milieu ”, poursuit-il.
Mais ce dernier fait savoir que dans le monde minier, on va au rythme d’une pioche. “ Habituellement, le moment entre les premiers forages et l’exploitation à proprement parler est d’environ 10 ans. Si on est chanceux ”, laisse-t-il tomber.

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