À 100 ans, elle habite encore sa maison
Mme Simone Caron Dubé lors de la célébration de ses 100 ans le 20 novembre 2025. Photo Nadia Dorval
À 100 ans, Mme Simone Caron Dubé habite non seulement encore sa maison de Sept-Îles, mais elle gère également les logements de sa propriété. “ Je suis propriétaire de tout le bloc ici ”, lance-t-elle fièrement, lors d’une rencontre avec le Journal.
Le 20 novembre dernier, la Septilienne Simone Caron Dubé a célébré son 100e anniversaire. Par un bel après-midi enneigé de décembre, Mme Simone est assise paisiblement dans le petit salon chaleureux de sa maison. Au centre du salon, la télévision est ouverte sur les nouvelles en continu. Sur les murs, des photos de ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants. Deux de ses trois enfants sont présents dans le salon, André et Suzanne. Tasses fumantes de café à la main, une ambiance de nostalgie et de souvenirs flotte dans l’air.
«Quand on a acheté ici, il n’y avait même pas d’église, pas de presbytère, pas rien. Il n’y avait pas aucune maison en avant », explique-t-elle.
Encore à son âge vénérable, elle s’occupe de la paperasse locative, elle signe les chèques, paye ses taxes et collecte les loyers. Certains de ses locataires habitent son immeuble depuis environ 40 ans.
C’est grâce au soutien de ses proches que Mme Caron Dubé peut encore rester dans le confort de sa maison.
«Si c’était pas de la famille, elle serait en installation comme d’autres », explique sa fille Suzanne Dubé, qui habite pratiquement à temps plein avec sa mère. « Tout le monde voudrait rester à domicile, mais veux, veux pas, ça prend du support. C’est beau avoir du support du CLSC qui viennent, les infirmières et tout. Mais ça prend vraiment la contribution de la famille. »
André Dubé s’occupe des menus travaux de l’immeuble de sa mère, ce qui contribue à pouvoir le garder. Or, pour lui, sa sœur est un ange.
« Elle a mis sa vie sur pause, ou presque. Parce qu’elle a une belle maison à Saint-Jean-sur-Richelieu, un bon mari, des petits-enfants. Et elle vient ici depuis 4 ans. Elle passe de grandes parties ici, puis elle prend des petits congés », explique-t-il.
« Tout le monde ferait ça, c’est normal », lui répond Suzanne Dubé. « On est là-dedans, puis on passe au travers, comme dit maman. »

Une vie à travailler dur
Mme Simone Caron Dubé est arrivée à Sept-Îles à 32 ans, en 1957, avec son mari Georges ou « papi », comme elle l’appelle affectueusement.
« Il n’y avait pas grand ouvrage, à Sainte-Anne-de-Portneuf, parce que mon mari n’était pas cultivateur, il ne savait pas ramasser une patate. Ce n’était pas sa vie », raconte-t-elle.
Lorsqu’elle parle de son époux, décédé il y a 25 ans, la voix de Mme Simone se casse et les larmes lui montent aux yeux. Elle se rappelle les nombreux voyages qu’ils ont faits ensemble.
« On a été se promener en masse. On a fait de gros voyages. Papi, il aimait ça courailler, je l’appelais le courailleux », dit-elle. Courailleux, dans le sens d’explorateur. Ils ont entre autres visité la Martinique, plusieurs pays du sud et même Haïti.
Lorsque Mme Simone et sa famille sont arrivées à Sept-Îles, ils ont fait l’acquisition d’un restaurant, Le Bella.
« C’était la seule façon de se loger. Il n’y avait aucun logement disponible. Donc, ils ont acheté un restaurant. Nous, la famille, on habitait au sous-sol, puis ma mère gérait le restaurant », explique André Dubé.
Jusqu’en 1963, Mme Simone s’est occupée du restaurant, de la maison et de la famille. Son mari étant camionneur, il était souvent absent. Puis, ils ont acheté l’immeuble à logement dans lequel Mme Caron Dubé habite encore. Ils y hébergeaient des travailleurs.
« Les chambres étaient pleines. C’était le lavage. Je te dis que, le lavage des chambres, c’était beaucoup de travail. En tout cas, on a brassé notre vie. Puis ça a bien marché », dit Mme Simone Caron Dubé.
Interrogée sur le temps qui passe rapidement et sur sa vision de ses 100 années de vie, Mme Simone répond que « ça a bien été ».
« On a fait une belle vie, tranquille », dit-elle.
« Tranquille, mais ils n’ont jamais arrêté de travailler », ajoute sa fille Suzanne.
Elle a toujours été active.
« À 96 ans, elle faisait encore des sauces à spaghettis. Puis elle mettait ça en pot et stérilisait et tout, là. Tu sais, elle travaillait longtemps, tout le temps », explique Suzanne Dubé.

Le secret de sa longévité?
Quel est le secret pour vivre jusqu’à 100 ans ? Mme Simone ne sait pas trop quoi répondre à cette question.
« On continue qu’est-ce que tu veux. C’est le mieux qu’on puisse faire. Je n’ai pas de secret. », dit-elle.
Sa fille ajoute que depuis qu’elle a célébré ses 100 ans, Mme Simone dit souvent qu’elle n’aurait jamais pensé se rendre là. Son fils André croit que la longévité de sa mère est une question de génétique. Elle a deux sœurs qui sont âgées de 93 et 95 ans.
« Elles se parlent au téléphone tous les soirs », dit Suzanne. « Elles ont une opinion politique. Elles ont une opinion sur tout. Elles ne sont pas radoteuses. »
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