Baie-Comeau : les Noëls d’antan de Marielle et Yvon

Par Charlotte Paquet 8:00 AM - 25 décembre 2025
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Yvon Gagnon et Marielle Lechasseur, de Baie-Comeau, racontent leur temps des fêtes d'antan. Photo Charlotte Paquet

Temps des fêtes et nostalgie vont souvent de pair. Nostalgie des moments heureux de notre jeunesse, de nos proches aujourd’hui disparus ou encore d’une époque aujourd’hui révolue. À 82 ans, Marielle Lechasseur et Yvon Gagnon ont accepté l’invitation du journal Le Manic de plonger dans leurs souvenirs pour nous raconter comment ça se passait dans leur temps.

« Dans l’bon vieux temps, ça s’passait d’même. Ça s’passait même dans le bon vieux temps ». Ces paroles tirées d’une chanson du folklore québécois, Mme Lechasseur pourrait certainement les faire siennes à l’écouter se dévoiler avec verve et émotion.

La Baie-Comoise, originaire de Saint-Gabriel-de-Rimouski et mère de trois enfants, devient mélancolique lorsqu’elle évoque les Noëls de son enfance. « Ça a été les plus belles fêtes de notre vie. C’est plus pareil aujourd’hui. C’est commercial au boutte. Puis, c’est à qui serait le mieux habillé. C’est le paraître aujourd’hui », déplore la charmante dame.

De belles fêtes pour elle, bien qu’elle fasse pourtant partie d’une génération où pour la plupart des enfants (pas son mari, toutefois), les cadeaux de Noël se résumaient en une pomme et une orange glissées dans un bas de laine. 

« Mon père, c’était un bûcheron. On n’était pas une famille argentée, puis on était huit enfants. Mais on était une famille recevante. On recevait de la visite. Ils aimaient ça venir chez nous, nos cousins, nos cousines. Papa et maman étaient recevants. (…) Ça jouait de la musique et ça dansait », insiste Mme Lechasseur les yeux rêveurs.

Parmi ses plus beaux souvenirs, le fait d’avoir chanté avec sa sœur dans la chorale à la messe de minuit de son village arrive dans le haut de la liste. « C’était beau pour nous autres. On aimait ça le temps des fêtes. C’était des Noëls chrétiens dans ce temps-là. Ils (ses parents) essayaient de nous donner le meilleur qu’ils pouvaient. On était heureuses, parce que l’on ne connaissait pas mieux », reconnaît-elle.

Bien des années plus tard, Marielle Lechasseur et quatre de ses frères et sœurs se sont retrouvés à habiter Baie-Comeau. Les partys des fêtes étaient quelque chose, selon la dame. Leurs parents faisaient alors le voyage vers la Côte-Nord pour venir festoyer avec leurs enfants et leurs petits-enfants.

Enfant unique et gâté

Contrairement à son épouse des 65 dernières années, Yvon Gagnon, natif de Portneuf-sur-Mer, n’a pas connu de Noël avec une pomme et une orange dans un bas de laine. Oh que non ! Car, lui, il recevait des jouets de qualité. Même qu’à 12 ans, ses parents lui avaient offert un scooter et à 16 ans, un accordéon dont il vient d’ailleurs tout juste de se départir. 

L’octogénaire n’a pas connu non plus la frénésie d’une grande famille avec tantes, oncles, cousines et cousines qui débarquaient pour fêter. Il n’a pas vécu ça, car il est enfant unique.

Le Baie-Comois a passé ses sept premières années dans son village natal avant de déménager dans l’ex-ville de Hauterive en août 1950. « Je suis fils unique, donc, les rassemblements, ce n’était pas très grand », note celui qui a été adopté. Son père avait fondé Les liqueurs douces de Hauterive, dont les Baie-Comois plus âgés se souviendront sûrement.

De son enfance, M. Gagnon se souvient de voyages à bord d’un snowmobile, quand la météo le permettait, précise-t-il, pour aller visiter la famille de sa mère dans Charlevoix ou encore pour se rendre à Chute-aux-Outardes ou à Baie-Comeau chez des membres de la famille de son père. Là, il y avait ses cousins et cousines avec lesquels il pouvait avoir du plaisir. 

M. Gagnon se rappelle aussi des messes de minuit dans ce qu’il identifie comme la hutte, qui servait d’église dans la jeune ville de Hauterive à l’époque. Il rigole un peu en se souvenant de l’année au cours de laquelle son chien avait suivi la famille sur son trajet pour assister à la messe et s’était faufilé à l’intérieur du bâtiment. 

Soulignons que le retraité du ministère des Transports du Québec a des liens familiaux avec Mgr Napoléon-Alexandre Labrie, par l’entremise de la mère de son père qui était la sœur du fondateur de Hauterive.

De bons petits plats

Malgré des temps des fêtes différents à bien des égards pendant l’enfance et l’adolescence, un aspect réunit tout de même le couple : la popote traditionnelle.

Eh oui, que ce soit à Saint-Gabriel-de-Rimouski dans une famille nombreuse et pas très riche ou encore à Portneuf-sur-Mer et à Hauterive avec des parents aisés financièrement, les mêmes mets étaient servis sur les tables à Noël ou au jour de l’An.

Les fameux cipâtes, les pâtés à la viande et les beignes avaient la cote à l’époque, tout comme ils l’ont toujours aujourd’hui dans plusieurs familles.

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